Étranger

Les 50 stars de l’Euro 2012 (12) : Giorgio Chiellini, l’héritier

Le stoppeur de la Squadra Azzurra a repris le flambeau des grands défenseurs à l’italienne. Sans la moindre faute de goût.

Dans la grande tradition des défenseurs transalpins, le Giorgio Chiellini 2012 n’a rien à envier à ses illustres prédécesseurs. Le défenseur central de la Juventus a mis du temps avant de s’imposer pour de bon. Mais la place est faite, la place est prise et il semble assis sur son trône pour longtemps. Considéré comme le meilleur défenseur transalpin actuel, le natif de Pise (27 ans) est à la hauteur des glorieux anciens. Avec lui, l’héritage est entre de bonnes mains.
Chiellini débuta arrière gauche. C’est Didier Deschamps qui le replaça dans l’axe de la défense turinoise lors de la saison 2006-07. Fraîchement reléguée en Série B suite à l’affaire Moggi, la Juve se trouva un nouveau patron sur le chemin sinueux et tortueux de la remontée. Giorgio fit ses armes puis s’installa parmi les top défenseurs de la Botte. Roberto Donadoni le retient dans sa liste des 23 pour l’Euro 2008. Lors d’une séance d’entraînement au cours de la préparation, Chiellini blesse Fabio Cannavaro, obligeant le capitaine des champions du monde 2006 à déclarer forfait. D’abord dévasté par son forfait, Giorgio finit par se libérer durant la compétition aux côtés de Christian Panucci. Il n’a plus quitté, depuis, l’axe de la défense de la Squadra.

Le joueur le plus utilisé par Cesare Prandelli
Devant Gianluigi Buffon, vieux complice de la Juve, il gère, replace, s’occupe des petites retouches qui font la différence. C’est un vrai défenseur central à l’italienne, façon Franco Baresi. Ce n’est pas une flèche – il va légèrement plus vite qu’un Fabio Cannavaro ou un Alessandro Nesta – mais c’est un chien galeux qui ne lâche rien. Terriblement intelligent sur un terrain, Giorgio compense son manque de vitesse (relatif, on l’a dit) par une excellente lecture du jeu et un sens inné du placement. Il coupe les trajectoires sur les balles longues, gicle quand et là où il faut sur les ballons plus courts. C’est un monstre au marquage, qui aime le duel et adore le vice. Face à lui, il ne faut pas fuir, ne pas se cacher et surtout, surtout, ne pas tomber dans le panneau de la provocation…
Chiellini aime la communication en courant continu avec les arbitres. Il sait se faire oublier et aussi… jouer des coudes. Remarquez, il peut. Après s’être fracturé le nez contre le Benfica Lisbonne en 2005, il avait longtemps joué avec un masque de protection. Il a remis ça en mars 2009 contre Bologne quand Gaby Mudingayi, le cave, s’est pris pour Jean Gabin. « Tiens, v’là pour ton pif ! » Nouvelle fracture, deuxième masque. Cesare Prandelli, qui a pris les commandes de la Squadra au lendemain du fiasco du Mondial 2010, a eu, lui, le nez creux. Chiellini a disputé tous les matches de qualification pour l’Euro. C’est lui le vrai patron de la défense. Avec ses 816 minutes passées sur le terrain, il était en tête des joueurs utilisés par l’ancien coach de la Fiorentina, loin devant Andrea Pirlo (9 matches, 726 minutes). L’héritier assume. L’héritier, tout juste sacré champion d’Italie 2012, est un taulier.

Le saviez-vous ?
En juillet 2010, Chiellini a obtenu une licence en économie et commerce à l’université de Turin avec la note assez ahurissante de 109 sur 110. C’était Luciano Moggi, l’examinateur ? Plus sérieusement, celui ou celle qui voudrait devenir son agent peut renoncer, le poste est déjà occupé. Et pas par n’importe qui : c’est Claudio, son frère jumeau avec lequel il a grandi à Livourne, qui gère ses intérêts.

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