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Les 50 stars de la Coupe du monde (9) : Shinji Kagawa (JAPON), le Brésil et ça repart ?

Adulée à Dortmund, la star du Japon vit une aventure compliquée depuis son arrivée à Manchester. Pour Shinji Kagawa, la Coupe du monde est une bonne occasion de remettre les choses au point.

« Shinji Kagawa est l’un des meilleurs joueurs de la planète. Aujourd’hui, il joue quelques minutes par-ci, par-là à Manchester United, et sur l’aile gauche en plus. Ça me fait mal au cœur, vraiment. Son poste, c’est meneur de jeu. Il possède l’un des meilleurs flairs que j’aie jamais vus. J’en ai les larmes aux yeux… » On veut bien croire Jürgen Klopp, l’entraîneur du Borussia Dortmund. Lorsque Shinji avait quitté le club de la Ruhr (Manchester avait déboursé 16 millions d’euros il y a deux ans), les deux hommes étaient restés en larmes, dans les bras l’un de l’autre, vingt minutes ! « C’est vrai… », atteste le coach aux grosses lunettes.
Star parmi les stars au Borussia, le Japonais n’est pas parvenu à s’imposer chez les Red Devils. Une blessure qui arrive au mauvais moment, une équipe qui commence à tourner, un effectif pléthorique et hop, c’est l’impasse. Le bord du chemin comme seule perspective. Kagawa a été tenu éloigné des terrains par son genou plus de deux mois. Au plus mauvais moment : lors de son intégration. Et c’est un peu comme si Shinji courait après le temps perdu depuis. Cantonné au rôle de doublure. Et pas à son poste de prédilection.

Le blues du samouraï bleu
Alors forcément, quand le parfum de la sélection arrive à nouveau à ses narines, le sourire n’est jamais très loin. Comme lors de la victoire nippone face au Ghana à l’automne dernier, un match au cours duquel il y était allé de son petit but. « Je ne sais pas pourquoi je suis mis de côté. Il faut demander à David Moyes, expliquait-il avant le limogeage de ce dernier. C’est frustrant de ne pas jouer, certains jours sont plus durs à vivre que d’autres… » Le blues du samouraï bleu chez les Red Devils. Il fallait l’inventer.
Kagawa a fait quelques appels du pied à Dortmund, son ancienne crèche. En attendant de voir sa situation évoluer, il y a une belle échéance à honorer. Sélectionné pour la première fois en 2008, par Takeshi Okada, à l’occasion de la Kirin Cup (il était entré en cours de jeu contre la Côte d’Ivoire le 24 mai 2008, victoire 1-0 du Japon), Shinji n’était pas du voyage en Afrique du Sud il y a quatre ans. Le Mondial brésilien constituera donc une grande première pour celui qui est, avec Keisuke Honda, la mégastar de l’équipe nippone.
Alberto Zaccheroni, le sélectionneur italien des samouraïs bleus, est conscient de la tâche qui attend ses joueurs. Mais il connaît aussi le talent de sa pépite. « A Manchester, Shinji n’a pas eu de réussite, il s’est blessé au plus mauvais moment. Mais je ne doute absolument pas de sa capacité à s’imposer là-bas. Le fait qu’il fasse partie d’un tel club est important pour lui mais aussi pour toute l’équipe, pour tout le football japonais. Même chose pour Honda au Milan AC. Depuis que je suis arrivé, Yuto Nagatomo a signé à l’Inter Milan et Shinji à MU. Ça signifie que nous allons dans la bonne direction. »
A présent, il faut mettre le cap sur le Brésil où Kagawa, avec ses 54 sélections (16 buts), aura une belle carte à jouer. Un tournoi réussi peut lui ouvrir de nouvelles portes. Celle d’un come-back à Dortmund, où il est toujours considéré comme un top joueur. Celle d’un retour à Manchester avec un autre statut sur son passeport. Ou celle d’un nouveau départ. Car en dépit de son bon contrat chez les Mancuniens, pas mal de grosses écuries sont aux aguets.

Le saviez-vous ?
En début d’année, Shinji et son pote de la sélection Hiroshi Kiyotake (qui joue à Nuremberg) ont refait les codes du football. Eux deux face à… cinq gardiens, 22 défenseurs, 18 milieux de terrain et 10 attaquants. Et à deux contre cinquante-cinq, donc, les tortues Ninja ont réussi à marquer !

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