Étranger

Les 50 stars de la Coupe du monde (7) : Diego Godin (URUGUAY), la tornade bleue

Le défenseur uruguayen Diego Godin ne pratique pas le football, il le vit au plus profond de lui. Cette passion et sa régularité au plus haut niveau en ont fait un élément indispensable, aussi bien à l’Atlético Madrid qu’au sein de la Celeste, quatrième de la dernière Coupe du monde. Rencontre avec un joueur d’un autre type.

Diego Godin n’est assurément pas le joueur de football le plus réputé ni celui qui parle le plus. Pourtant, le défenseur uruguayen épate les spécialistes par sa régularité, sa précision et sa lecture du jeu. Il a empilé les trophées depuis son arrivée à l’Atlético Madrid en 2010 et sort d’une saison complète. Ce que confirme l’intéressé : « Oui, ce fut sans aucun doute la meilleure de ma carrière. » A 28 ans et sans faire beaucoup de bruit, Godin est en train de s’installer parmi les tout meilleurs défenseurs centraux du monde.
Le natif de Rosario n’était pas vraiment destiné à une telle percée sur la scène du football mondial. Cette ascension, il la doit à son travail et à son implication sans limite. Car Diego est un fou de foot. Et cela peut lui jouer des tours sur le terrain. « C’est vrai, je suis assez impulsif et quelquefois, je m’emporte. Diego Simeone, mon coach à l’Atlético, travaille beaucoup pour me calmer. » Sûr de ce qu’il veut, ce caractère fort a refusé la sélection espagnole, double championne d’Europe et championne du monde en titre, au profit de la Celeste. Vous aurez compris que Godin possède la double nationalité.
Par le passé, il évoluait un peu plus haut sur le terrain. Depuis son passage à Villarreal, il ne quitte plus la charnière centrale. Le poste est exigeant mais il se donne les moyens de réussir. Et garde la tête sur les épaules. Evidemment, il a moins de liberté désormais en défense et il doit souvent essayer de se canaliser, lui le bouillant Uruguayen. « C’est difficile d’entrer sur le terrain et de faire en sorte que tout aille bien. Il faut beaucoup courir, c’est un poste qui demande énormément de sacrifices et d’efforts. Nous sommes souvent à la limite. En tout cas, il y a beaucoup de stress. » Le poste requiert de la personnalité. Ça tombe bien, il n’en manque pas…
Enorme défi à l’horizon pour Godin et les siens. Les Uruguayens, champions d’Amérique du Sud en 2011, vont tenter de faire mieux qu’il y a quatre ans en Afrique du Sud. Ou au moins aussi bien. Ils avaient terminé à une belle et inattendue 4e place qui relevait presque du miracle à l’époque. Au Brésil, l’équipe dirigée par Oscar Tabarez entrera tout de suite dans le vif du sujet dans un groupe particulièrement relevé. Il y aura fort à faire face aux vice-champions d’Europe (l’Italie) et à l’Angleterre. Le Costa Rica, dernier membre de la poule, paraît un ton en-dessous.
Le défenseur central sait que son pays a un rôle à tenir. Il se sent prêt pour cette mission. « Mais beaucoup de joueurs seront dans le même cas. Lorsqu’ils affrontent des adversaires de prestige, sont favoris sur le papier comme l’Uruguay, ils donnent tout pour déjouer les pronostics. »
Cette passion qui habite Godin lui vient de ses racines. En Uruguay comme dans la plupart des pays d’Amérique du Sud, le football est le sport n°1 de la nation. Et une vraie religion. La ferveur est totale à chaque match. « L’Uruguay est un pays qui rit et qui pleure grâce ou à cause du football. Les gens vivent à fond tout ce qui a trait au ballon rond », déclare joliment Diego.
Pour une bonne dose d’émotion saupoudrée de talent, rendez-vous le 14 juin face au Costa Rica.

Camille LEDUN

Le saviez-vous ?
Godin est dur sur l’homme sur un terrain. Il n’a pas non plus sa langue dans sa poche. Juste avant d’affronter le Brésil avec la Celeste en juin dernier, en demi-finales de la Coupe des Confédérations, il avait un peu tancé Neymar. « Il est imprévisible, c’est l’un des meilleurs joueurs au monde. Il est très rapide, très bon dribbleur et marque beaucoup de buts. J’espère simplement qu’il ne plongera pas autant qu’il l’a fait depuis le début de la compétition. Il exagère trop les moindres contacts. » Ce jour-là, la Seleçao s’était imposée (2-1) mais Neymar n’avait pas marqué. Ni obtenu de penalty. Leurs routes se sont à nouveau croisées puisque le Brésilien a rejoint la Liga l’été dernier.

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