Étranger

Les 50 stars de la Coupe du monde (4) : Angel Di Maria (ARGENTINE), le faux ailier

S’il est réputé pour son sens du dribble et sa capacité à créer des brèches sur le côté droit, Angel Di Maria est une plaque tournante du milieu de terrain de l’Argentine. Peut-être parce qu’il sait tout faire.

Pas facile de l’imaginer à la pointe du combat quand on le toise. De profil comme de face, Angel Di Maria correspond en tout point au surnom qu’un jour de 2007, ce pitre d’Ever Banega avait eu la bonne idée de lui coller : « le Vermicelle ». Une paire de jambes comme deux cigarettes mal roulées, un tour de poitrine épais comme leurs feuilles (des cigarettes)… Il faut que les marques de fringues taillent vraiment petit pour qu’Angel se risque sur du Large. A moins que le Medium ne soit déjà trop grand.
Avec ses 75 kg tout mouillé (il mesure quand même 1,78 m), il ne s’est pas vexé. « Non, ça ne me dérange pas. Je suis habitué depuis le temps… Ever m’a donné ce surnom pendant la Coupe du monde des U20. J’étais encore plus maigre que maintenant ! Je suis devenu « le Vermicelle » dans le groupe. Quand la presse l’a appris, je le suis devenu pour tout le monde en Argentine ! » Mais le Gaucho gaucher prouve qu’il ne suffit pas de soulever de la fonte du soir au matin pour réussir au plus haut niveau. Au foot, la partition technique a toujours son importance.
Si le kid de Rosario (il avait débuté à Rosario Central et n’a jamais mis les pieds aux Newell’s Old Boys, l’autre géant du coin) a percé en Europe pendant ses trois saisons au Benfica Lisbonne, dans un vrai rôle d’ailier, et si c’est pour occuper ce poste-là que le Real Madrid l’a recruté, il se révèle depuis plusieurs mois maintenant dans une autre panoplie, plus complète, au cœur du jeu. L’arrivée de Gareth Bale lui promettait le banc de touche, voire un exil forcé ? Di Maria, dans le viseur de Monaco et du Paris SG depuis l’été dernier, joue un cran en dessous. Mais là, on parle de positionnement, pas de performance.
Carlo Ancelotti l’a placé aux côtés de Luka Modric, juste devant Xabi Alonso, exactement comme Alejandro Sabella l’a recentré aux côtés de Javier Mascherano (ou Fernando Gago) et Ever Banega avec l’Albiceleste. Dans un 4-3-3 modulable, il laisse Lionel Messi, Sergio Agüero et Ezequiel Lavezzi (ou Gonzalo Higuain) se partager les trois places de devant. Et se pose comme le remède aux maux d’une formation trop longtemps coupée en deux. Di Maria lui donne du liant et s’impose comme la clé du jeu. Il soulage Messi, qui peut ne pas défendre et se concentrer sur la profondeur. Et, cerise sur le gâteau, il fait parler sa qualité de frappe aux abords des 20 m adverses, notamment sur les deuxièmes ballons.
Alors Angel, cette Coupe du monde ? « Tout le monde dit que nous sommes tombés dans un groupe facile (ndlr : avec le Nigeria, la Bosnie-Herzégovine et l’Iran) mais il faut jouer les matches et ils se gagnent seulement sur le terrain. Nos adversaires vont tout faire pour se qualifier eux aussi. Il y a quatre ans, il y avait des joueurs d’expérience dans le groupe mais aussi beaucoup de jeunes comme Leo, Kün ou moi-même. Au Brésil, nous serons plusieurs à avoir déjà disputé une Coupe du monde. On a atteint le bel âge pour un footballeur. Et nous sommes plusieurs à jouer ensemble, en comptant les sélections de jeunes, depuis plus de sept ans maintenant. Ça compte. Pour moi, le favori reste le Brésil, qui a l’avantage d’évoluer chez lui, dans des stades où les joueurs ont leurs habitudes. Après, il y a l’Espagne, qui continue de proposer un jeu de très, très haut niveau, et l’Allemagne qui, pour moi, a les moyens d’atteindre la finale. »
Ne pas oublier l’Argentine, qui n’a pas dépassé les quarts de finale depuis 1990.

Le saviez-vous ?
En 2008, Angel évolue aux côtés de Messi, Agüero et Juan Riquelme notamment lors des Jeux Olympiques de Pékin. Il marque le but de l’or en finale. « Un super souvenir. A chaque fois que je me remémore ce match, je ressens une grande fierté. » Il retrouvera au Brésil ses victimes de la finale de Pékin : le Nigeria.

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