Équipe de France

Les 50 stars de la Coupe du monde (39) : Raphaël Varane (FRANCE), l’enfant prodige

A 21 ans, le surdoué de la Gaillette s’apprête à vivre sa première Coupe du monde. Fulgurante ascension que celle de Raphaël Varane, fraîchement couronné champion d’Europe dans les rangs du Real Madrid.

Didier Deschamps, le patron des Bleus, l’avait dit : « La grande majorité de ceux qui étaient présents lors du barrage contre l’Ukraine, sur le terrain ou en dehors, ont de sérieuses chances de figurer dans la liste des 23. » Raphaël Varane faisait partie des plus grosses certitudes… et des plus gros points d’interrogation. Le défenseur du Real Madrid n’avait presque pas de concurrence à son poste, malgré son jeune âge (21 piges depuis le 25 avril). L’ancien Lensois a tout : anticipation, placement, jeu aérien, capacité à se projeter sur les coups de pied arrêtés. Et puis bien sûr cette justesse technique et cette faculté à ne jamais paniquer. Une sorte de clone de Thiago Silva en plus jeune. Ou, pour les plus anciens (ou les plus franchouillards), un Laurent Blanc 2.0. Mais il n’est pas toujours nécessaire d’être vieux pour avoir l’impression de l’être…
Cette saison, le natif de Lille a plus souvent vu les kinés que les entraîneurs du Real Madrid (23 matches en tout en club). En cause, ce satané genou droit, opéré en mai 2013. Les examens effectués après sa sortie du terrain contre l’Espanyol Barcelone aient révélé une lésion du ménisque. Une fracture, quoi. Depuis cette soirée-là, le Real Madrid avait décrété le blackout total sur son cas.
Extraits. « Varane a été opéré avec succès d’une lésion méniscale du genou droit. L’arthroscopie a été réalisée par le docteur Hervé Silbert, chirurgien orthopédique spécialiste du genou à la polyclinique Saint-Privat, à Béziers. » On prévoyait un à deux mois d’indisponibilité. Et puis plus rien. L’absence, l’attente. Contre l’Ukraine en novembre, Raphaël a joué l’intégralité du match retour, celui des héros (3-0). Sous infiltration.
Retour à Madrid et puis, à nouveau, plus rien. Franck Le Gall, le toubib de l’équipe de France, explique qu’un « véritable traitement (a été) mis en place par le staff médical du Real, avec un repos complet de six semaines, pour éteindre le phénomène inflammatoire. Suivra un travail de réathlétisation de quatre semaines. »

Le nouveau Sergio Ramos ?
L’entraîneur de Madrid, Carlo Ancelotti, situe le Français parmi les plus grands espoirs mondiaux à son poste. L’ancien patron technique du PSG navigue entre deux eaux. Il y a la volonté de ne pas précipiter son retour et la frustration de devoir se passer d’un tel talent. « Varane a des problèmes tout à fait normaux pour un joueur qui a subi ce genre d’opération, explique l’Italien. Nous devons le ménager car nous voulons un garçon à 100%. Nous surveillons l’état de son genou avec lui et le chirurgien qui l’a opéré. »
Depuis l’opération, les cartilages du fémur (au-dessus) et du tibia (en dessous) frottaient les uns sur les autres et provoquaient une inflammation. Le genou gonflait. Et le joueur souffrait. « « Inquiet » n’est pas le mot, ajoutait encore « Carletto ». Nous suivons cela de près. Plusieurs joueurs ont connu ce type de blessure. Je pense à Didier Drogba, notamment. »
Aujourd’hui, avec un titre de champion d’Europe (et une Coupe du roi), tout cela semble bien loin. Mais un petit doute, réel, plane au sujet du futur de « Raph ». Ses genoux ne sont pas le cadet de ses soucis. Alain Delory, adjoint au Pôle Espoirs de Liévin quand Varane était encore au collège (en 4e et 3e), se souvient : « Pendant sa croissance, son genou gauche – puis le droit – l’a éloigné des terrains pendant huit mois. Quand il revenait de l’école, il voyait ses potes partir à l’entraînement sans lui. Il ne pouvait rien faire. Mentalement, il fallait être sacrément costaud pour accepter ça, surtout à cet âge. »
Ça commence à faire beaucoup. Mais ça n’enlève rien au joueur qu’il est. Ancelotti encore : « Il a toutes les qualités pour marcher dans les pas d’un Thiago Silva ou d’un Sergio Ramos. » On le croit. On aimerait que ça se vérifie au Brésil où il va disputer sa toute première Coupe du monde.

Le saviez-vous ?
En juin 2011, alors qu’il est convoité par Manchester United, le Paris SG et le Real Madrid, où Zinédine Zidane fait pression pour obtenir son arrivée, Raphaël ne part pas directement en vacances une fois la saison terminée. Il passe en effet son bac économique. Et l’obtient sans passer par la case « Rattrapage » !

Populaires

To Top