Étranger

Les 50 stars de la Coupe du monde (38) : Mesut Özil (ALLEMAGNE), entre Jekyll et Hyde

Le meneur d’Arsenal et de la Mannschaft Mesut Özil régale autant qu’il divise. Le rendez-vous au Brésil est une excellente occasion de mettre tout le monde d’accord. Ou pas…

Son transfert surprise du Real Madrid à Arsenal, aux dernières heures du mercato estival 2013, en avait surpris plus d’un. Son sélectionneur en premier lieu. « Il est incompréhensible que le Real vende l’un de ses meilleurs joueurs, commenta Joachim Löw. Je ne comprends pas… Je sais que des gars comme Sami Khedira ou Cristiano Ronaldo sont tristes de le voir partir. »
Dire que Löw ne s’attendait pas à ce que son meneur de jeu quitte la Maison Blanche, surtout de cette façon, est une litote. Mais à quelques mois de la Coupe du monde, le patron de la Mannschaft n’avait pas l’air de s’inquiéter non plus pour son poulain. « C’est le business du foot… Le Real venait d’acheter Gareth Bale, peut-être qu’ils étaient dans l’obligation de vendre. Mesut est quelqu’un de sensible. Il a besoin de la confiance de son club et de son entraîneur, ce qui n’était visiblement plus le cas en Espagne. Il trouve un super coach en la personne d’Arsène Wenger et évoluera dans une équipe possédant un excellent niveau technique. Tout ce qui lui convient ! »
Drôle de départ, effectivement, pour un joueur qui avait signé, deux ans auparavant, une nouvelle clause dans son contrat prévoyant une hausse de salaire astronomique en cas d’obtention du Ballon d’or. Un avenant qui offre deux niveaux de lecture aujourd’hui. Soit les Madrilènes y croyaient vraiment, soit ils se sont bien moqués de lui ! Depuis cinq ans, Özil a enchaîné les saisons à un niveau que l’on peut qualifier de mondial. Mais il a aussi généré pléthore de critiques et d’interrogations.
Adoubé par José Mourinho, à l’origine de sa venue en Espagne, Özil n’avait jamais été lâché par le coach portugais. Celui-ci n’a d’ailleurs « toujours pas compris pourquoi et comment le club a pu le laisser partir ». Mais l’Allemand, parfois sifflé à Santiago Bernabeu, était l’un des souffre-douleurs préférés de la presse madrilène, rarement tendre il est vrai. On reprochait à Mesut, grosso modo, de ne pas avoir emmené le Real dans la quatrième dimension.
Il n’a pas que des amis non plus en Angleterre… Après trois premiers mois très bons, on pointait régulièrement ses trous, ses longs moments d’absence pendant les matches, et son manque d’impact, dans le pressing défensif notamment. En résumé, Özil ne serait pas fait pour la Premier League. Les critiques n’énervent même plus Arsène Wenger, qui avait quand même mis 50 millions d’euros sur la table pour s’attacher ses services. Elles auraient plutôt tendance à le faire sourire.
« C’est déjà un grand joueur, explique Arsène, mais il peut encore s’améliorer. Il peut et doit devenir dominant. Il est arrivé à un âge, 25 ans, où il doit confirmer son statut de top player. » Lui se dit très heureux à Londres et surtout dans la Gunner Family. « Je suis vraiment fier, oui, de faire partie de ce club. J’ai tout de suite senti un véritable état d’esprit. Arsenal est une vraie famille. Je me dis que je ne me suis pas trompé. » Mais le kid de Gelsenkirchen – il y avait joué ses premiers matches sur des cailloux (« On se faisait sacrément mal quand on tombait ») – donne encore le bâton pour se faire battre. Voire tailler en pièces. Déjà pris en défaut face à Steve Mandanda lors de la phase de poules, Mesut a manqué un penalty, face à son compatriote Manuel Neuer, lors du 8e de finale aller de la Ligue des champions face au Bayern Munich. Le premier couac fut sans conséquence, pas le deuxième (0-2, 1-1 au retour en Bavière).
Capable de déstabiliser n’importe quelle défense grâce à sa qualité de passe et sa vision du jeu, ce pur technicien très à l’aise dans les petits périmètres et adroit devant le but continue de souffler le chaud et le froid. Mesut n’a pas encore mis tout le monde dans sa poche, loin s’en faut. Le Mondial au Brésil tombe peut-être à pic pour celui qu’on dit de plus en plus surcoté…

Le saviez-vous ?
Très vite considéré comme le successeur du Brésilien Diego à son arrivée au Werder Brême, Mesut n’a eu qu’un modèle dans le foot. Un 10, comme lui. « Mon idole était Zinédine Zidane. J’essayais de l’imiter après l’avoir vu à la télé. Ç’a toujours été assez facile pour moi mais Zidane était un joueur complet. Ambidextre, techniquement très au-dessus, bon de la tête, buteur… Il ne réalisait que des beaux gestes et il était très efficace pour son équipe. » Y’a encore du boulot pour l’Allemand !

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