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Les 50 stars de la Coupe du monde (36) : Yaya Touré (COTE D’IVOIRE), objectif Lune

Dans la forme de sa vie, Yaya Touré fonce sur sa troisième Coupe du monde avec un féroce appétit. « Le Tigre » a de vraies ambitions aussi.

Il a 31 ans et il n’a probablement jamais été aussi fort. Yaya Touré, joueur de « box to box », comme on dit du côté de Manchester City et en Angleterre d’une manière générale, s’amuse à faire sauter tous les compteurs. Lui le généreux, dont l’incroyable débauche d’énergie n’a d’égale que sa formidable clairvoyance, capable d’accélérer comme de temporiser, d’organiser comme d’orienter, lui le maître du jeu s’est transformé en un dangereux serial buteur. Un nouveau costume dans sa garde-robe déjà bien pleine.
Avec les Citizens cette saison, il a atteint les 24 réalisations, dont 20 dans le cadre de la Premier League. Jusque-là, il n’avait jamais dépassé la barre des 6 buts sur tout un championnat. « Le Tigre », comme on le surnomme parfois, en a mis un nouveau dans son moteur. Et il carbure au super !
Le natif de Bouaké a été élu pour la troisième fois consécutive Meilleur joueur africain de l’année. Assez nettement, devant John Obi Mikel (Chelsea) et Didier Drogba (Galatasaray). L’ancien Monégasque se rapproche du record de Samuel Eto’o qui s’était adjugé le trophée à quatre reprises (2003, 2004, 2005 et 2010). Il est aussi, sans faire de bruit, en train de rejoindre le club très fermé des footballeurs légendaires du Continent noir.
Il faut dire que « la Pieuvre » – un autre de ses surnoms -, a toujours tout mis en œuvre pour réussir. Depuis tout petit. « Parce que la vie n’était pas rose pour mes parents. J’ai compris très jeune que je devais faire carrière pour aider ma famille. » Des années plus tard, celui qui avait pour modèle Patrick Vieira n’a pas changé. Pro jusqu’au bout des crampons, perfectionniste, soucieux de comprendre et d’apprendre, il fut une merveille de joueur pour le plus exigeant des entraîneurs.
Rien ne fait peur au milieu de terrain de la Côte d’Ivoire. Pas même la multiplication des rencontres avec City, club avec lequel il a été sacré pour la deuxième fois champion d’Angleterre (ajoutez la Coupe de la Ligue 2014 pour faire bonne figure). Touré a déjà disputé 49 matches cette saison. Compte tenu de son jeu, on pouvait craindre de le voir arriver sur les rotules au moment d’aborder la Coupe du monde, sa troisième à titre personnel. Blessé aux ischio-jambiers, il a bien pris part à l’entraînement collectif du 11 juin, à trois jours du premier match contre le Japon (invaincu face aux équipes africaines en Coupe du monde). « Je ne vais pas m’économiser, je suis fait comme ça. Au fond de moi, j’ai tellement de choses à prouver que je souhaite toujours aller le plus loin possible. C’est compliqué mais j’ai constamment envie de me fixer de nouveaux challenges. J’aime la difficulté. Là, mon souhait était de disputer tous les matches de championnat et d’arriver en forme au Brésil. » Sabri Lamouchi, sélectionneur des Eléphants, refusait d’indiquer si Yaya serait titulaire face aux Samouraïs bleus. Pour l’anecdote, le Japon est entraîné par l’Italien Alberto Zaccheroni qui fut le coach de Lamouchi à l’Inter Milan.
Lors des deux précédentes éditions du Mondial – les deux premières participations de la Côte d’Ivoire au rendez-vous planétaire du ballon rond -, Yaya Touré et ses frères n’avaient pas spécialement été gâtés par le tirage au sort. En 2006, il étaient tombés dans le groupe de la mort avec l’Argentine, les Pays-Bas et la Serbie. En 2010, c’est le Brésil et le Portugal qu’ils avaient dû se coltiner. Si à chaque fois, ils s’en étaient tirés plus qu’honorablement, cela n’avait pas été suffisant pour franchir le cut. Ce coup-ci, la main a été moins lourde. La Colombie, la Grèce et le Japon sont au menu. Il y aura sûrement quelque chose à faire pour ces Eléphants.
Yaya est de cet avis. « On veut montrer à tout le monde qu’on a passé un cap. C’est le moment de prouver que nous sommes capables de répondre présent dans les grands rendez-vous. Franchir le 1er tour est notre objectif n°1. On a acquis plus d’expérience et puis, sans sous-estimer nos adversaires, on est tombé dans un groupe à notre portée. On va tâcher de bien représenter notre pays. »
L’appétit venant en mangeant, ce « Tigre » prêt à fondre sur sa proie voit plus loin. « J’espère que la chance nous sourira et nous permettra d’aller jusqu’en quarts de finale ou en demi-finales », annonce-t-il carrément. Ce garçon n’est pas vraiment le genre à faire patte de velours.

Le saviez-vous ?
En s’imposant 2-0 avec le Barça face à Manchester United en finale de la Ligue des champions 2009 – il avait disputé la rencontre au poste d’arrière central ! -, Yaya était devenu le premier Ivoirien à remporter la Coupe aux grandes oreilles. Pour fêter l’événement, il s’était rendu à Abidjan avec le trophée. Cela permettait d’en faire profiter ses compatriotes. « C’était très important pour moi de montrer cette Coupe à la Côte d’Ivoire et à son président. Je remercie vivement les dirigeants de Barcelone qui m’ont autorisé à aller présenter le trophée. »

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