Étranger

Les 50 stars de la Coupe du monde (35) : Oscar (BRESIL), Prix du meilleur espoir

Le filiforme milieu de terrain Oscar n’en finit pas d’étonner son monde, à Chelsea comme sous le maillot « auriverde ». Le Brésil, qui entame sa compétition ce soir contre la Croatie, attend beaucoup de lui. Casting gagnant ?

Oscar ne paie pas de mine comme ça, avec son mètre soixante-dix-neuf (pour 66 kilos). Mais quand on affiche son palmarès à 22 ans, on cloue quelques becs. Dans l’ordre d’apparition à l’écran : un championnat du Brésil en 2008 avec Sao Paulo, même s’il se produisait surtout en réserve à cette époque-là, un championnat d’Amérique du Sud avec les U20 brésiliens en 2011, et une Coupe du monde, toujours en U20, la même année. Avec en prime les trois buts « auriverde » en finale !
On continue ? Une deuxième Copa Sudamericana en 2011, deux championnats de l’Etat du Rio Grande de Sul avec l’Internacional Porto Alegre en 2011 et 12. Ajoutez la médaille d’argent qui lui fut passée autour du cou lors des J.O. de Pékin, en 2008. Pour sa première année en Europe, il ne perdit pas son temps, remportant la Ligue Europa 2013 avec les Blues de Chelsea. Oscar conclut cette saison « hard labour » (voir « Le saviez-vous ? ») par une étincelante victoire en Coupe des Confédérations sous le maillot de la Seleçao. Vingt-deux ans seulement mais une carte de visite qui pèse déjà très lourd.
Oscar dos Santos Emboaba Junior – son nom complet – a le foot dans le sang. Talentueux, ce gros travailleur est capable d’évoluer à peu près partout au milieu du terrain, même si c’est en n°10 que ses qualités hors normes s’expriment le mieux. Il a en quelque sorte réinventé le poste. Créateur, inspirateur doté d’une vision du jeu exceptionnelle, passeur et buteur, grâce à une formidable force de frappe, Oscar a mille et un dons. L’artiste sait aussi défendre, tacler, couper les lignes et aller au pressing sur le n°6 adverse. Une espèce d’homme à tout bien faire.
Dorival Junior, qui l’a drivé à l’Internacional Porto Alegre, résume le personnage. « D’abord, c’est quelqu’un de très discipliné, sérieux, à l’écoute. C’est vraiment un gros bosseur. Ensuite, sur le terrain, il est vraiment complet. Il marque, il passe, il s’implique à fond, toujours dans le mouvement. Au Brésil, nous avons beaucoup de joueurs d’une grande habileté technique mais peu ont la mentalité nécessaire pour devenir des superstars. Lui, on pouvait tout de suite deviner qu’il ferait partie des top players. »
Il n’en était pas le seul convaincu. José Mourinho avait posé une condition, entre autres, à son retour à Chelsea : que le club n’accepte aucune offre de transfert pour Oscar. L’automne dernier, le technicien portugais avait été plus loin encore, lançant une véritable déclaration d’amour à son artiste préféré. « Je veux construire mon équipe avec Oscar comme n°10. Il faut que les autres joueurs s’adaptent à cette réalité et apprennent à faire des choses qu’ils n’auraient pas acceptées avant. Sinon… » Message reçu cinq sur cinq. Juan Mata, qui avait été élu meilleur joueur des Blues les deux saisons précédentes, a profité du mercato d’hiver pour prendre ses cliques et ses claques et filer à Manchester United.
L’intéressé, pour sa part, reste mesuré devant l’effervescence dont il fait l’objet. « Je ne me sens pas intouchable. J’essaie juste de donner le meilleur de moi-même et c’est pour cela, je pense, qu’on m’apprécie. » Ce grand fan de Kakà, côtoyé en sélection, a la farouche volonté de garnir un peu plus – et rapidement – sa carte de visite. « Faire ce que j’aime avec Chelsea et l’équipe nationale me donne de l’énergie. Je veux gagner des trophées avec mon club et remporter la Coupe du monde avec la Seleçao. Je peux « mourir » quelques semaines, le temps du Mondial, et récupérer ensuite. Ça en vaudra la peine. »
On appelle ça une profession de foi.

Le saviez-vous ?
Il ne faut pas se fier aux apparences. S’il paraît chétif au premier regard, Oscar possède un sacré coffre. Il est le joueur qui a disputé le plus de matches au monde lors de la saison 2012-13, atteignant le chiffre assez ahurissant de 80 rencontres. Dans le détail, 64 avec les Blues de Chelsea et 16 sous le maillot « auriverde ».

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