Étranger

Les 50 stars de la Coupe du monde (34) : Arturo Vidal (CHILI), un guerrier en campagne

Le milieu de terrain de la Juventus et du Chili n’entend pas faire de la figuration dans cette Coupe du monde disputée en Amérique du Sud. Il a des ambitions et s’est donné les moyens de les atteindre.

« Quand on l’a pris, on savait que c’était un grand joueur. Mais peut être pas à ce point. Quand il n’est pas là, ça se ressent vraiment ! » Les mots sortent de la bouche du Tchèque Pavel Nedved, ancien Ballon d’or, et disent toute l’importance du milieu de terrain Arturo Vidal (27 ans) dans le jeu de la Juventus. En Italie, le Chilien jouit d’une belle réputation, celle d’un élément polyvalent et complet qui s’adapte en toutes circonstances. Triple champion d’Italie (2012, 13, 14), meilleur joueur de Série A la saison passée, ce garçon arrivé dans le football sur le tard n’a pas perdu son temps. Et Arturo ne compte pas s’arrêter là.
L’objectif personnel n°1 de Vidal ? Le Ballon d’or ! L’ancien milieu de Colo-Colo et Leverkusen l’a clairement indiqué dans les médias. En l’état, la récompense paraît hors de portée mais le sélectionneur argentin du Chili, Jorge Sampaoli, veut croire aux chances du natif de Santiago d’approcher un jour le Graal. Difficile, tout de même, d’imaginer le trophée aller à un milieu défensif. « Le Ballon d’or est généralement attribué à des attaquants, à des buteurs… » Pas le profil d’Arturo, oublié dans les nominations 2013. Mais il n’y a pas que le Ballon d’or dans la vie ! Cette étoile montante brillera autrement.

Le Messi des milieux de terrain défensifs
Avec la sélection, « El Guerrero » (le guerrier), comme le surnomment ses coéquipiers, voit grand. Tout le monde au pays attend de voir le n°23 turinois peser par sa force physique et sa technique aboutie. Surtout son sélectionneur. « Il y a peu de garçons comme lui. Il possède un bagage bien rempli, c’est un expert dans la récupération du ballon et c’est un tueur. » Premier rempart dans la forteresse qu’est la Juventus, Vidal récupère, analyse et relance avec une facilité et une rapidité d’action assez sidérantes. Demandez à Jorge Sampaoli quel joueur pourrait être comparé à Arturo, que ce soit d’un point de vue technique ou au niveau du physique… La réponse, pleine d’admiration, fait dans le dithyrambique : « Il n’y a qu’un Lionel Messi, il est unique. Mais on peut dire que Vidal est le Messi des milieux de terrain défensifs. »
Au Brésil, Arturo ne risque pas de s’ennuyer. L’Espagne (le 18 juin) et les Pays-Bas (le 23) affronteront le Chili au 1er tour. Un Everest à escalader. Mais Vidal n’a pas peur. Issu des quartiers difficiles de Santiago, il a su gravir tous les échelons et se rendre indispensable dans l’un des plus grands clubs du monde. Son principal atout : une force mentale extraordinaire, sur laquelle il continue de s’appuyer. Arturo connaît la valeur des choses et ne considère jamais rien pour acquis. Tout se construit en partant de zéro. Voilà le défi que lui offre la sélection chilienne dans ce Mondial. A la veille du coup d’envoi de la compétition, les nouvelles sont plutôt bonnes. Opéré du genou droit début mai, Vidal s’entraînait à part, avec un bandage. A deux jours du premier rendez-vous, contre l’Australie, il a enfin participé à son premier entraînement collectif. Arturo a couru à petites foulées et participé à l’intégralité de la séance.
Détenteur de la double nationalité hispano-chilienne, le Turinois aurait pu évoluer avec la Roja. Il a fait le choix du cœur. Jusqu’à présent, tout lui a réussi en club. Il est l’heure de partir à la conquête du football mondial. Vidal espère au moins chahuter deux des favoris de la compétition dans la phase de poules.

Camille LEDUN

Le saviez-vous ?
Phase de poules de la Ligue des champions 2013-14. La Juventus domine le FC Copenhague 3-1. Un homme survole le match : Arturo Vidal, auteur d’un hat-trick. Les Bianconeri seront finalement éliminés. C’est le premier triplé d’un joueur turinois dans cette compétition depuis celui réussi par Pippo Inzaghi en 2000.

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