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Les 50 stars de la Coupe du monde (31) : Luka Modric (CROATIE), quelque chose en lui de Cruyff

Le fils naturel du meilleur joueur néerlandais de tous les temps sera l’arme fatale de la Croatie à la Coupe du monde. Avec le virtuose Luka Modric, qui a retrouvé des couleurs cette saison sous le maillot du Real Madrid, les joueurs au damier espèrent s’extirper d’un groupe plutôt relevé. Jouez donc, maestro !

Pour les plus anciens, ceux qui ont connu les seventies ou ceux qui s’intéressent à l’histoire du foot et de ses plus grands joueurs, c’est une évidence. Et une ressemblance. Qui s’apparenterait presque à du mimétisme. Luka Modric est-il le clone du roi Johan Cruyff, le fabuleux Hollandais volant, entré au panthéon des joueurs les plus monstrueux de la planète foot ? A moins qu’il ne s’agisse d’un fils non reconnu de la mégastar néerlandaise ?
Il y a d’abord l’apparence physique. Même silhouette frêle, même visage effilé. Le nez, le sourire aussi. Et jusqu’aux cheveux longs (comme dans les seventies) et clairs qui claquent sur le maillot. Il y aussi et surtout cette gestuelle qui rapproche tant Luka et Johan. Cette manière si subtile de caresser la balle. Cette adresse des deux pieds dans les passes, courtes ou longues. Cette vision évidemment panoramique du jeu. Sans parler d’une vitesse d’exécution incomparable. Oui, il y a quelque chose – et même bien plus – du roi Cruyff chez le maître croate. Et comme pour accentuer la gémellité, il y a ce célébrissime n°14 que Modric a longtemps porté en équipe nationale (avant d’opter pour le 10). A l’instar de son illustre aîné, Luka est le « playmaker » qui rend ses partenaires meilleurs. Sa polyvalence lui permet de s’installer à n’importe quelle poste du milieu. Tantôt vrai meneur, tantôt relayeur. Sur le côté gauche ou à la récupération, dans un rôle à la Andrea Pirlo.
Se battre, le Croate a toujours su faire. Dès ses débuts, à 18 ans, dans le championnat bosniaque, il fallait envoyer du lourd. « C’était une compétition de malades… Il fallait s’arracher pour éviter les sales coups. » Lui s’en tire avec le titre de meilleur joueur du championnat. Avant d’aller faire les beaux jours du Dinamo Zagreb grâce à son jeu high-tech. Il file en Angleterre et les fans de Tottenham succombent à leur tour. Avec son abnégation et ses coups de patte géniaux, Luka met souvent le stade White Hart Lane en transe. Mais les Spurs plafonnent. Pour évoluer au plus haut niveau, Modric doit changer d’air. Direction Madrid. Sa première année au Real sera délicate. Au sein d’un groupe plein d’egos et pas forcément tendre avec les nouveaux, Luka se noie quelque peu.
Cette année, avec le départ de Mesut Özil à Arsenal, la blessure longue durée de Sami Khedira et l’arrivée de Carlo Ancelotti, qui rêvait déjà de lui quand il entraînait le Paris SG, la donne a changé. De remplaçant de luxe, le Croate s’est transformé en sauveur de la Maison Blanche. Au bout de la route, il y avait un titre de champion d’Europe. « Pour moi, explique l’ami Carlo, Luka est un joueur incroyable, l’un des meilleurs milieux de terrain au monde. Je suis surpris que certains ne l’aient pas remarqué avant… » Pan sur le bec !
On attend maintenant de voir le fils spirituel du roi Johan étaler son talent sur les pelouses brésiliennes. Ce sera l’atout majeur de l’équipe au damier pour sortir d’un groupe plutôt relevé avec le Brésil en tête de gondole. Ce genre de rencontre au sommet a le don d’inspirer l’esthète croate.

Le saviez-vous ?
Si Luka Modric fait aujourd’hui l’unanimité en Espagne, cela n’a pas toujours été le cas. Le grand journal madrilène « Marca » en faisait, l’année dernière, le pire transfert de la saison 2012-13 en Liga. Les temps changent !

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