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Les 50 stars de la Coupe du monde (30) : Philipp Lahm (ALLEMAGNE), le cœur et l’âme

Le très polyvalent capitaine de la sélection allemande Philipp Lahm a tout gagné en club, avec le Bayern Munich. Il rêve de toucher le Graal avec la Mannschaft. Et quand il veut quelque chose…

Philipp Lahm fait encore plus fort que les fameuses piles. Même quand on s’en sert, il ne s’use pas. Inépuisable, c’est une vraie force de la nature, malgré son petit mètre soixante-dix pour 65 kilos. Sa technique, sa vitesse, son sens du jeu, sa qualité de passe et la puissance de ses frappes en font l’un des joueurs les plus complets de la planète foot. Polyvalent, aussi, sans que son rendement s’en ressente.
Il est tantôt latéral droit, tantôt latéral gauche et même, depuis cette saison, milieu défensif, dans la nouvelle organisation mise en place par Pep Guardiola au Bayern Munich. Un peu partout. Et toujours au top. « C’est le joueur le plus intelligent que j’aie dirigé dans ma carrière », dit de lui le coach bavarois qui a tout de même eu de sacrés clients au Barça. « Vous savez, répond modestement l’intéressé, après dix ans de professionnalisme, je sais quoi faire en fonction de la situation et je réagis rapidement. Prendre rapidement des décisions justes est quelque chose de plus en plus important dans le football moderne. Quant au fait d’évoluer au milieu en club, je trouve l’expérience excitante. Cela me permet de sortir de la routine et de toucher davantage de ballons. Je le prends comme un challenge intellectuel. »

Capitanat : de l’intérim au CDI
Joachim Löw, le sélectionneur national, apprécie lui aussi la palette large de ce passe-partout. « Philipp est probablement le seul joueur en Allemagne capable d’évoluer à n’importe quel poste. Vous pouvez le coller où vous voulez, il ne vous laissera jamais tomber. » Justement, le capitaine de la Mannschaft (30 ans, 103 capes) aurait une petite revendication dans l’optique de la Coupe du monde au pays du foot. « J’aimerais savoir à quel poste il compte m’utiliser au Brésil. J’évoluerai là où il le décidera, sans rien demander, mais je voudrais savoir. Il s’agit de quelque chose d’important pour moi, dans ma préparation mentale. »
Cette fine lame a souvent approché le Graal (3e aux Coupes du monde 2006 et 2010, finaliste à l’Euro 2008, demi-finaliste en 2012). Elle espère enfin sabrer le champagne. Philipp y croit dur comme fer. « Nous avons de grandes chances de réaliser quelque chose d’énorme dans ce tournoi, j’en suis intimement convaincu. On ne veut pas manquer cette opportunité. » Il est comme ça, le Munichois de naissance : franc du collier. Lahm s’était emparé du brassard de capitaine juste avant le Mondial 2010, suite au forfait sur blessure de Michael Ballack. A peine avait-il passé le précieux tissu autour de son avant-bras qu’il annonçait la couleur : pas question de le rendre de lui-même à son prédécesseur. Ce qui avait eu le don d’irriter l’intéressé : « Je suis le capitaine de l’équipe nationale… Philipp a eu des revendications à un moment que je juge inopportun. »
Mais voilà, Ballack n’est jamais revenu en sélection et l’intérim Lahm s’est transformé en CDI ! Il faut dire que ce « little big man » incarne parfaitement les valeurs de cette équipe d’Allemagne joueuse et pleine d’allant, souvent brillante et pétillante. Une formation pour laquelle il se donne cœur et âme. Inépuisable.

Le saviez-vous ?
En septembre 2008, Philipp Lahm a été récompensé d’un prix pour avoir été le premier joueur de la Mannschaft à se prononcer publiquement pour la tolérance à l’égard des footballeurs homosexuels. « Si l’un de mes partenaires est homosexuel, il restera mon coéquipier. Rien ne changera dans mes rapports avec lui », avait-il déclaré quelques mois auparavant dans une interview.

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