Étranger

Les 50 stars de la Coupe du monde (3) : André Ayew (GHANA), le flibustier

Le milieu de terrain de l’OM n’est pas qu’un pilier en Provence. A 24 ans, le gaucher avance vers sa seconde Coupe du monde. Dans la peau d’un leader au caractère bien trempé.

« C’est un groupe compliqué mais j’y crois. Il faudra bien aborder le premier match contre les Etats-Unis. » André Ayew va retrouver la Coupe du monde là où il l’avait laissée il y a quatre ans. Pas sur le même continent mais contre le même adversaire. Même maillot, même couleur, même hymne. « On connaît bien les Américains, on les avait éliminés en 8es de finale il y a quatre ans. » Les « Black Stars » avaient gagné leur billet pour le grand huit au bout du suspense, après avoir repoussé les derniers raids des GI. Et rejoint dans l’histoire le Cameroun et le Sénégal en devenant la troisième nation africaine à inscrire son nom parmi les quarts de finaliste d’une Coupe du monde. « Je n’oublie pas non plus que nous étions sortis de notre groupe avec une victoire, un nul et une défaite. Là, l’Allemagne et le Portugal sont les favoris logiques. Cela ne nous empêche pas de vouloir aller le plus loin possible. »
Formé à l’OM, le grand frère de Jordan et le petit de Rahim (son demi-frère, qui a joué au Zamalek du Caire puis à Lierse, en Belgique) n’est plus seulement un symbole pour le club phocéen. Il est devenu un pilier de la sélection ghanéenne. A 20 ans déjà, il avait pris possession du couloir gauche, à l’occasion de la Coupe du monde en Afrique du Sud. Suspendu, il ne participa pas au quart de finale contre l’Uruguay mais il fut tout de même retenu parmi les trois meilleurs espoirs du tournoi (le titre revint finalement à l’Allemand Thomas Müller). André avance vers sa deuxième phase finale avec quelques certitudes. Et plusieurs cicatrices en plus. Pas des blessures de guerre, juste les traces de son jeu. Longtemps embêté par son épaule, il vit avec des vis dedans. Les blessures l’escortent et lui jouent parfois de sales tours.

Le clan Ayew boycotte la sélection
En janvier 2013, il est victime d’un décollement de l’aponévrose à l’entraînement. Appelé à disputer la Coupe d’Afrique des Nations, il se rend trop tard au rendez-vous fixé par le staff de Kwesi Appiah. Le sélectionneur décide de l’exclure du groupe ! « André n’a pas rejoint le groupe à temps pour que l’équipe médicale puisse évaluer sa blessure, j’ai donc décidé de travailler uniquement avec les joueurs sur place. » Pan, retour à la case OM. Et boycott officiel de la sélection décrété par le clan Ayew (André et Jordan). Une véritable affaire d’Etat au Ghana. Elle divisera la population plusieurs mois, jusqu’à une rencontre entre les deux intéressés et… le président de la République. « Tout est OK, expliquait André à son retour, et j’espère que les choses iront mieux avec la Fédération parce qu’on ne peut pas jouer sous conditions. On vient en sélection avec notre cœur. Nous sommes de retour et nous allons tout faire pour aider l’équipe à se qualifier pour la Coupe du monde. »
Elle est désormais qualifiée. Avec Appiah, la hache de guerre semble bel et bien enterrée. Il suffit d’écouter les mots que le sélectionneur a prononcé en marge du tirage au sort de la Coupe du monde. « Dédé est un joueur de classe mondiale. Lorsque le groupe est en difficulté, il pousse tous ses coéquipiers à se battre et à ne pas baisser les bras. C’est quelque chose que tous les Ghanéens aiment en lui. » Un truc que le peuple marseillais apprécie tout particulièrement aussi.
Quand il fut absent des terrains pendant plus de deux mois au cœur de l’hiver, sa grinta et son expérience au milieu du terrain manquèrent à l’OM. La paire formée d’André et de Kevin-Prince Boateng, le mastodonte de Schalke 04, a de quoi faire peur. Même quand on s’appelle l’Allemagne ou le Portugal.

Le saviez-vous ?
Le 19 octobre 2011, André se trouvait sur la pelouse du Stade Vélodrome face à Arsenal pour la 3e journée de la phase de groupe de Ligue des champions. A l’arrivée, une défaite cruelle avec un but de Aaron Ramsey dans le temps additionnel. Soirée historique quand même puisque dans le même temps, sa femme Yvonne donnait le jour à une petite Inaya. André est devenu papa sur le terrain.

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