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Les 50 stars de la Coupe du monde (29) : Didier Drogba (COTE D’IVOIRE), l’ombre d’un doute

A 36 ans, le buteur ivoirien Didier Drogba a franchi la barre symbolique des 100 sélections. Il va aborder sa troisième phase finale de Coupe du monde. Au plus haut niveau, le temps ne joue pas toujours pour les attaquants. Surtout ceux qui sont plus panthères qu’éléphants…

C’était le 8 septembre 2002. Didier Drogba jouait à Guingamp. Robert Nouzaret, alors sélectionneur de la Côte d’Ivoire, l’avait appelé en équipe nationale. Et c’était une première. Le contexte : un match éliminatoire de la Coupe d’Afrique des Nations 2004. Les Ivoiriens recevaient l’Afrique du Sud à Abidjan. Match nul et vierge. Mais drôle de saut dans le passé.
Cela fera bientôt 14 ans que Didier est devenu un Eléphant. Il totalise désormais 101 sélections. L’attaquant de Galatasaray (arrivé en fin de contrat) porte encore et toujours l’équipe, brassard autour du bras. C’est la voix dominante dans le vestiaire. « Nous sommes entrés dans l’histoire de la Côte d’Ivoire en nous qualifiant pour la première fois pour la Coupe du monde en 2006, commente le champion d’Europe 2012 (avec Chelsea bien sûr). Aller au Brésil est une grande réussite et une fierté pour nous tous. Nous tombons dans un groupe difficile avec la Colombie, qui a été très bonne lors de la phase de qualification, la Grèce et le Japon. Mais le tirage est quand même meilleur que pour nos deux précédentes participations. A chaque fois, nous avions retrouvé de grandes équipes, le Brésil, le Portugal, les Pays-Bas ou l’Argentine. » C’est vrai que les Eléphants n’ont vraiment pas été vernis. Pour leur troisième Coupe du monde, ils ont une équipe armée pour franchir le seuil de ce satané 1er tour.

Un exil pas vraiment doré en Chine
En s’exilant en Chine l’an passé, Didier Drogba a perdu son temps. C’est du moins le sentiment de Sabri Lamouchi, son sélectionneur : « Didier a apporté énormément à l’équipe nationale et à tout le pays. C’est une figure importante du football africain. L’entraîneur que je suis compte à la fois sur l’homme et le grand joueur qu’il est. Mais il a besoin, vu son âge, de bien se reposer et de bien se préparer, chose qu’il n’a pas pu faire la saison dernière. Il n’était pas placé dans les meilleures conditions en Chine. Il s’est retrouvé dans un championnat dont le niveau de jeu n’était pas du tout celui qu’il imaginait. Maintenant, c’est de l’histoire ancienne. Quand je parle avec lui, je m’adresse à une personne intelligente, à un compétiteur. Je compte sur lui. La Côte d’Ivoire a encore besoin de Didier. Inévitablement. » C’est dit.
Il est évident que le Didier de 2014 n’a plus l’énergie du Drogba stratosphérique de Marseille ou Chelsea. Or, l’essentiel de son jeu repose sur ses aptitudes physiques et ses capacités athlétiques, aussi bien dans les déplacements que dans les prises de balle. On parle de lui à Turin mais il se murmure à Londres que Roman Abramovitch veut le faire revenir à Chelsea comme membre du staff technique. Outre-Manche, le joueur se sent toujours chez lui (il possède une somptueuse propriété à Londres). Le propriétaire russe des Blues aimerait que « son » Didier participe activement au développement de l’académie, le centre de formation. Une proposition alléchante, surtout avec la présence de José Mourinho, son père spirituel, sur le banc de l’équipe première. Mais qui donne aussi des maux de tête car l’intéressé n’a pas encore l’intention de raccrocher les crampons. Dégagé de toute obligation à Istanbul, il est à la croisée des chemins.

Le saviez-vous ?
Didier Drogba est un dur. Il confiait avoir été très longtemps handicapé par une hernie. « Une douleur qui me faisait terriblement souffrir. Pendant plus de six ans, j’ai dû lutter contre. C’était difficile de jouer certains matches. J’ai aussi manqué pas mal d’entraînements. » Cela donne encore plus d’éclat à ses stats londoniennes : 134 buts en 295 matches, Premier League et Ligue des champions confondues !

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