Étranger

Les 50 stars de la Coupe du monde (28) : David Silva (ESPAGNE), architecte et esthète

L’expat’ de Manchester City cultive aussi bien son goût de la victoire que celui de la passe réussie. Symbole de la réussite à l’espagnole. Un grand architecte du football.

Little big man. Avec ses 172 centimètres, David Silva n’est pas le plus petit de la Roja mais presque. « Ah non, je suis l’un des plus petits mais je ne suis pas le seul ! », rigolait-il après la finale du dernier Euro, remportée 4-0 contre l’Italie. Finale au cours de laquelle il avait marqué… de la tête. « J’ai bien senti l’action, je me suis trouvé au bon endroit, au bon moment. »
C’est un peu tout lui, ça. L’intelligence de jeu, le jeu de passes, le mouvement, le placement. Tout l’ADN du foot espagnol concentré dans un même corps. Sorte de modèle déposé. Silva, c’est le football total, à l’image de son parcours avec la Roja. Il n’est peut-être pas le plus connu des stars ibères mais il fait partie de ceux qui ont tout gagné : l’Euro 2008, la Coupe du monde 2010, l’Euro 2012. Il n’est pas du genre à trop en faire, comme montrer sa bouille ou faire entendre sa voix dans les médias. Lui préfère parler sur le terrain. Avec ses pieds. Archétype du créateur, une main à la place du pied gauche et toujours cette facilité technique qui donne un temps d’avance. C’est plus simple quand on peut jouer naturellement et plus précisément à une touche de balle.

Le plein de trophées à City
Archétype et architecte. Grand architecte même, du jeu, à City. David Silva était arrivé à Manchester en 2010, dans la peau d’un champion du monde. Il y a raflé une Coupe d’Angleterre (2011), une Coupe de la Ligue (2014) et deux titres de champion (2012, 14). « Je savais que je faisais le bon choix. L’envergure du projet ne laissait pas de place au doute. C’est un rêve de jouer aux côtés de tels joueurs. Il y a eu beaucoup de changements au départ comme la langue, la culture et le style de jeu. Mais je me suis tout de suite senti dans une grande famille. Tout le monde ne parle pas la même langue mais tout le monde croit en toi. Le jeu anglais est beaucoup plus rapide et ne laisse aucune place à l’erreur. Il faut aller très vite pour s’adapter. » L’occasion de rappeler que le petit gabarit venu d’Espagne peut très bien se débrouiller au milieu des athlètes et bûcherons de Premier League.
Et la Roja, alors ? Avec ses 79 sélections, David (28 ans) fait partie des cadres du groupe de Vicente Del Bosque, même si le temps de jeu est compté, concurrence et abondance de biens obligent. L’architecte explique : « En Espagne, chaque génération paraît meilleure que la précédente et si un joueur faiblit, il y en a tout de suite un pour le remplacer. Il faut constamment être au top. Avec cette philosophie, vous pouvez obtenir les meilleurs résultats. Notre faim de titres ne diminue jamais car les sensations apportées par le triomphe sont absolument inégalables. A chaque tournoi, nous voulons revivre ce que nous avons connu au précédent. »
Silva sait de quoi il parle. En Afrique du Sud, il avait passé 66 minutes sur le terrain : une heure contre la Suisse lors du premier match (la seule défaite des futurs champions du monde, 0-1) et cinq petites minutes, en remplacement de Pedro, contre l’Allemagne en demi-finales (1-0). En plus de revivre la douce euphorie de la victoire, David Silva avait sans doute d’autres plans en tête à l’heure de mettre le cap sur le Brésil.

Le saviez-vous ?
David a grandi à Arguineguin, sur la côte sud de l’archipel des Canaries. Est-ce pour cela que sa bouille apporte une touche d’exotisme au sein de la Roja, avec des cheveux tout raides et des yeux légèrement étirés ? Pas vraiment, sa mère est japonaise ! « J’ai du sang asiatique dans les veines et depuis que je suis tout petit, ma mère nous parle (ndlr : il est l’aîné d’une fratrie de trois) de la culture et de la façon de vivre au Japon. J’espère y passer un bon moment un jour, histoire de m’en imprégner et de voir la vie des gens là-bas. »

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