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Les 50 stars de la Coupe du monde (27) : Andres Iniesta (ESPAGNE), le patron des patrons

Au sein de la Roja, parmi les joueurs de poche, le plus petit des petits est aussi celui qui prend le plus de place, sur comme en dehors du terrain. Andres Iniesta ? Taille de guêpe, stature de géant.

Le boss des champions du monde, c’est lui. Un champion chez les champions. Xavi Hernandez et ses 34 ans commencent à traîner la jambe. Aussi, Andres Iniesta (30 ans) s’impose de plus en plus – et de plus en plus naturellement – comme le véritable cerveau (« El cerebro », l’un de ses surnoms) du milieu espagnol. Bien sûr, son compère du Barça n’a pas encore rendu les armes et sa simple présence à ses côtés sur un terrain de football justifie qu’on les associe, en club comme en sélection. Mais le temps fait son œuvre (voir ce qui se passe sur la scène européenne) et le cador de Fuentealbilla attire de plus en plus la lumière. Avec les habits du matador sur les épaules.
La vie de « Don Andres » (il a plusieurs surnoms) n’est plus la même depuis le 11 juillet 2010 et ce but – pas en or mais hors de prix – qui offrit une première Coupe du monde à l’Espagne. Il fit définitivement basculer le destin d’« El Ilusionista » (il a beaucoup de surnoms). Quand il marqua face aux Pays-Bas, Iniesta enleva son maillot – tant pis pour le carton jaune – et bomba le torse face aux caméras pour dévoiler un T-shirt vintage avec une dédicace spéciale. « Je dédie ce but à Dani Jarque, confirmera-t-il après le match, le visage fermé un court instant, malgré la liesse. Il y a des instants comme ce soir où tous les souvenirs refont surface. Je ressens tellement d’émotions… »
Dani Jarque est décédé le 8 août 2009. C’était le capitaine de l’Espanyol Barcelone. Le grand rival du Barça. Quand les Blaugrana vinrent disputer le premier derby catalan après la Coupe du monde, le stade d’El Prat se leva comme un seul homme pour applaudir Iniesta. L’anti-star par excellence. Mais un véritable héros national. Le lutin de Fuentealbilla est l’homme qui a donné la Coupe du monde à l’Espagne. Partout dans le pays, on le fête. Alors imaginez chez lui, dans son bled au cœur de la Mancha…
Une rue porte son nom depuis le 18 juillet 2008, date du premier titre de champion d’Europe de l’Espagne. Une pétition a été lancée pour que l’on rebaptise le stade Carlos Belmonte à Albacete. On vous laisse deviner le nom plébiscité. Quelques jours après son retour d’Afrique du Sud, plusieurs milliers de personnes s’étaient rassemblés sur la place centrale de Fuentealbilla pour découvrir la statue de la Coupe du monde, énorme, avec le nom Andres Iniesta gravé sur le socle.
L’homme de la Mancha est devenu le héros de la Mancha. Et maintenant ? Jeune trentenaire, « Sweet Iniesta » (il a vraiment beaucoup de surnoms) a encore plusieurs projets dans le short. Mais c’est encore et toujours sur le pré qu’il est le plus à l’aise. Son ancien coach Pep Guardiola, qui lui avait remis l’un de ses tout premiers trophées (meilleur joueur de la Nike Premier Cup en 1999), dit de lui qu’il est « merveilleux et unique ». Patron de la Roja, Vicente del Bosque ne dit rien d’autre. Depuis qu’il a pris les rênes de la sélection, au lendemain de l’Euro 2008, le sage à la moustache a dirigé l’Espagne 83 fois et fait appel à 59 joueurs. Avec Sergio Ramos, Iker Casillas et Xavi, Iniesta faisait partie des éléments les plus utilisés (64 matches joués). Ce n’était pas l’un des moins efficaces (6 buts, 17 passes décisives). Et comme Xavi lève le pied…

Le saviez-vous ?
Le 11 mai est un jour particulier pour Iniesta D’abord, parce que c’est son anniversaire. Andres est né le 11 mai 1984 à Fuentealbilla. C’est aussi un 11 mai (en 2004) qu’il a connu sa première convocation en sélection. Un drôle de cadeau pour ses 20 ans. Il dut attendre près de deux ans encore pour connaître ses vrais débuts avec la Roja (Espagne-Russie, 0-0, le 27 mai 2006). Ça valait le coup d’attendre. Le match s’était joué à Albacete, à une trentaine de kilomètres de son bled, là même où il avait démarré le foot et s’était fait repérer par le Real Madrid et le Barça.

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