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Les 50 stars de la Coupe du monde (26) : Nicolas Nkoulou (CAMEROUN), le Lion imperturbable

Au sein d’une sélection de Lions pas toujours faciles à dompter, le défenseur marseillais Nicolas Nkoulou fait figure, à 25 ans, de vieux sage. Taille patron.

Nicolas Nkoulou n’est pas du genre à fuir ses responsabilités. Jamais. Propulsé capitaine de la sélection camerounaise alors qu’il n’avait pas encore 22 ans (le 29 février 2012, à l’occasion d’un match éliminatoire de la Coupe d’Afrique des Nations contre la Guinée-Bissau, victoire 1-0), il assume. Et il s’assume. Après deux premières années haut de gamme qui lui ont valu de figurer dans l’équipe-type de la Ligue 1 (en 2012 et 2013), le Marseillais a connu un coup de moins bien. Mais il n’a pas essayé de s’échapper par une porte dérobée. « Je ne suis pas un lâche, déclarait-il à la trêve hivernale. Je ne suis pas content de ce que je montre actuellement et je ne partirai pas dans ces conditions (ndlr : au mercato de janvier). Je dois beaucoup à l’OM, qui m’a permis de me révéler, et je veux lui renvoyer l’ascenseur. Je suis le premier déçu par mes prestations et je désire montrer une autre image. Je ne quitterai pas le club sur cette impression. »
Ça, c’est tout lui. Mieux : Nicolas est passé aux actes. Après une parenthèse pour soigner un pépin au genou, on a retrouvé le roc, chef de la défense olympienne. Nkoulou a même ajouté une corde à son arc en devenant buteur – son premier but en championnat depuis ses débuts à 18 ans, en 2008 à Monaco – à l’occasion d’un déplacement à Saint-Etienne à la mi-février.

Fan de Laurent Blanc, surnommé « Lolo » au Cameroun
Didier Deschamps, l’actuel sélectionneur de l’équipe de France, l’avait fait venir à Marseille quand il y était en poste. Son avis ? « Chaque entraîneur rêve d’avoir un joueur comme lui. Il est impressionnant de maturité et de qualités morales. » Le président Vincent Labrune, qui affirme avoir repoussé une offre de 12 millions d’euros de Naples cet hiver, confirme. « C’est encore un gamin mais lorsque tu parles avec lui, tu as l’impression d’être face à un homme de 35 ans. »
Il faut dire que Nicolas a dû apprendre très vite à se débrouiller seul. A 12 ans, il quitte Yaoundé, sa mère, ses frères et ses sœurs pour rejoindre la Kadji Sports Academy, d’où sont notamment sortis Samuel Eto’o, Stéphane Mbia ou Aurélien Chedjou, dans la banlieue de Douala. A 17 ans, ce grand fan de Laurent Blanc (on le surnommait « Lolo » au Cameroun) effectue un plus grand saut encore en rejoignant la France et l’AS Monaco. A 18 ans, après une campagne olympique stoppée en quarts de finale à Pékin (défaite 0-2 face au Brésil), il fête sa première sélection avec les Lions Indomptables. A même pas 22 piges, Nico enfilera le brassard.
Au sein d’une équipe de Lions pas toujours faciles à dompter (les portes claquent, les mots peuvent voler très haut et la crise n’est jamais loin), Nkoulou fait figure de vieux sage. C’est une sorte de Lion imperturbable. Taille patron. Calme et posé dans la vie, il donne tout sur le terrain. Véritable moteur. Si son club, son pain quotidien, a monopolisé son attention ces derniers mois, il avait tout de même dans un coin de la tête cette Coupe du monde au pays du foot. Au menu du 1er tour : le Brésil, la Croatie et le Mexique. Un hors-d’œuvre pas forcément très digeste… « Disons qu’on est le plus petit du groupe, avance le défenseur. Maintenant, on n’ira pas là-bas en balade. »
Avec un gaillard de sa trempe, on n’a guère de doutes là-dessus.

Le saviez-vous ?
Aux J.O. de Pékin, en 2008, Nicolas s’était fait tatouer une date de naissance sur le bras gauche et des initiales sur la main. Celles de sa mère Yvette, qui a élevé seule ses enfants. Quand celle-ci est décédée, alors qu’il disputait la Coupe du monde en Afrique du Sud, il a rajouté la date de sa mort sur son bras. C’est encore pour rendre hommage à sa maman qu’il a prénommé sa fille Yvette.

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