Étranger

Les 50 stars de la Coupe du monde (23) : Keisuke Honda (JAPON), un tigre dans le moteur

Inconnu du grand public il y a quatre ans, Keisuke Honda s’est révélé sur la planète foot lors de la dernière Coupe du monde. Le Milanais apparaît encore plus fort aujourd’hui. Attention, gaucher dangereux !

Il paraît qu’en football, comme dans pas mal de sports collectifs, la tranche 27-30 ans est la meilleure période. La maturité vient dans la force de l’âge. Il y a quatre ans, pour le Mondial sud-africain, Keisuke Honda en avait 24. Il les avait fêtés la veille de l’entrée en lice des « Samouraïs bleus » dans la compétition. C’était un 14 juin et c’était contre le Cameroun de Samuel Eto’o, des « Lions Indomptables » bourrés d’ambitions et coachés à l’époque par Paul Le Guen. Il y avait, Eto’o, donc mais aussi Joël Matip, Stéphane Mbia, Nicolas Nkoulou ou Jean II Makoun, une meute de lions rompue aux joutes du foot international et qui se présentait, bien évidemment, dans la peau du favori à l’heure des hymnes.
Avec le Cameroun mais aussi le Danemark et les Pays-Bas en voisins de chambrée, on voyait mal comment les Japonais allaient se sortir de ce 1er tour très haut perché. Surtout sans attaquant. Quand sonnent les trois coups de la Coupe du monde sud-africaine, la meilleure nation d’Asie replonge très vite dans le tiers-monde de la planète foot. Takeshi Okada, le sélectionneur de l’époque, installe Keisuke Honda seul en pointe. Isolé dans la fosse. Pas apeuré pour autant. « Le joueur le plus détesté de la défense adverse, voilà ce que je veux être ! », annonce-t-il.
Keisuke est arrivé depuis quelques mois au CSKA Moscou (il évoluait depuis trois saisons à Venlo, aux Pays-Bas) et il est alors considéré comme le meilleur joueur japonais. Le prodige nippon a découvert la Ligue des champions en même temps que la capitale russe. Le CSKA élimine le FC Séville en 8es de finale avant de céder (deux fois 1-0) contre l’Inter Milan de José Mourinho, futur vainqueur, en quarts. Au cours de ces quatre matches, déjà, le talent du gaucher est évident.
En juin, il se voit encore plus. Le Cameroun ? Après l’entrée dans la fosse aux lions, on se pose une seule question : en combien de temps les Japs’ vont-ils se faire dévorer ? Il faut attendre la 30e minute. Mais ce sont les Lions qui se font becqueter. Honda reprend comme un boulet un centre au cordeau de Daisuke Matsui et ouvre le score. Une occasion, un but. Le seul du match. Un but à 3 points.

Le Milan AC, un rêve de gosse
A nouveau seul en pointe contre les Pays-Bas, il ne peut empêcher la victoire étriquée mais capitale des Orange (1-0, but de Wesley Sneijder). Tout se jouera donc contre le Danemark. L’heure des comptes. Honda mue en attaquant chef d’orchestre. Aux avant-postes, il décroche, crée de la profondeur, trouve les espaces. Mieux : il ouvre le score sur un coup franc en forme de missile, chronométré à plus de 100 km/h, et réussit une passe décisive. Victoire 3-1 du Japon et qualification pour les huitièmes. Là, le Paraguay mettra fin à l’aventure du pays du Soleil Levant au cours de la séance de tirs au but. Elimination pas vraiment méritée mais tournoi plein pour Keisuke : sur les quatre rencontres qu’il a disputées, il a été désigné trois fois « Man of the match ».
Quatre ans plus tard, il a de nouveau changé de crémerie. Toujours pour disputer la Ligue de champions. En janvier, Honda a quitté Moscou pour le Milan AC. « Un rêve de gosse. Le cœur a parlé. » Premier Japonais à revêtir le maillot rouge et noir, il savait qu’on l’attendait mais ne s’alarmait pas. « Je n’ai jamais rencontré de samouraï mais les guerriers japonais sont connus pour ne jamais abandonner. Beaucoup d’internationaux évoluent désormais en Europe, certains dans de grands clubs. Nous avons beaucoup appris. Nos résultats le prouvent. » Dit autrement, le Japon n’ira pas au Brésil pour faire du tourisme.
Le Rossonero fêtera ses 28 ans le 13 juin, la veille de l’entrée en lice contre la Côte d’Ivoire. Tiens, ça nous rappelle quelque chose… On connaît des Eléphants qui feraient bien de ne pas se tromper.

Le saviez-vous ?
Honda porte le n°10 à Milan. Un maillot un peu plus lourd que les autres puisque porté précédemment, dans le désordre, par Dejan Savicevic, Zvonimir Boban, Ruud Gullit, Clarence Seedorf ou encore Zlatan Ibrahimovic. Mais Keisuke n’avait pas peur. « Le Milan est un club de légende et pour moi, c’est un rêve qui devient réalité. Je sais que tout le monde attend beaucoup de moi et je pense pouvoir réussir quelque chose de spécial. J’ai confiance. »

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