Étranger

Les 50 stars de la Coupe du monde (19) : Juan Mata (ESPAGNE), la renaissance du taureau

Délaissé par José Mourinho à Chelsea, l’Espagnol a retrouvé des couleurs plus au nord, à Manchester. En sélection, il rêve de réussir un doublé historique après le triomphe sud-africain de la Roja en 2010.

Ils étaient sans doute faits pour se rencontrer. L’un avait besoin de l’autre et réciproquement. Le 24 janvier, Juan Mata est devenu le transfert le plus cher de l’histoire de Manchester United : 45 millions d’euros. Quarante-cinq patates lâchées à Chelsea, où José Mourinho ne voulait plus de lui. Avec un contrat de 4 ans et le numéro 8 dans le dos, Mata a joué les pompiers de service dans une équipe en perdition suite au départ de la légende Sir Alex Ferguson. Juan, lui, avait besoin de relancer sa propre carrière.
Pendant deux saisons, il avait laissé éclater tout son talent sur les pelouses de Premier League avec les Blues. Ligue des champions 2012. Ligue Europa 2013. Il avait même été élu deux fois consécutivement « Joueur de l’année » du club. Sa vision du jeu et la précision parfaite de ses passes en faisaient un pilier de l’équipe. Avec un Didier Drogba, un Frank Lampard ou un Eden Hazard dans l’effectif londonien, il n’était pas évident de se mettre en valeur. Et pourtant… Mata boucla la saison 2012-13 avec 20 buts et 30 passes décisives toutes compétitions confondues.
Sous les ordres d’André Villas-Boas, Roberto Di Matteo et Rafael Benitez, le milieu de terrain de poche (1,74 m) a beaucoup grandi. Et appris. Avec le retour de José Mourinho au club l’été dernier, les choses se sont malheureusement compliquées. Mata n’entrait tout simplement pas dans les plans du « Special One » et il a passé la plupart de son temps sur le banc. Treize petits matches en six mois.

Dernier buteur durant la finale de l’Euro 2012
Au sortir de l’hiver, on le retrouvait donc chez l’ennemi mancunien. Son arrivée au nord de l’Angleterre a presque fait oublier à Ryan Giggs l’absence longue durée de Darren Fletcher et la retraite (définitive) de son ami Paul Scholes au milieu du terrain. « La signature de Juan prouve que nous sommes capables de recruter de grands joueurs », assura le quadra gallois, toujours aussi vert.
Ce transfert devait aussi permettre à l’intéressé de rebondir en vue de la Coupe du monde. Mata n’a pas gagné sa place de titulaire indiscutable au sein de l’armada qu’est la sélection espagnole. Mais l’Asturien a des ambitions très élevées. « Nos objectifs sont forcément élevés après ce qui s’est passé il y a quatre ans en Afrique du Sud. » Une traversée du désert de six mois n’a pas étanché la soif de victoires de celui qui avait inscrit le dernier but de la Roja en finale de l’Euro 2012 face à l’Italie (4-0).
De victoires, il sera sans doute question en juin. Dans le groupe C, l’Espagne fait à nouveau figure de favori face aux Pays-Bas, au Chili et à l’Australie. Mata aura un rôle à jouer. Pourquoi pas porte-bonheur. L’heure de la renaissance a sonné pour le meneur de jeu ibérique, malheureux en championnat (7e avec les « Red Devils »). « Ce Mondial au Brésil est un événement magnifique. Il peut rendre l’année 2014 bien meilleure pour moi », conclut-il.

Camille LEDUN

Le saviez-vous ?
Grand fan de l’écrivain japonais Haruki Murakami, Juan Mata poursuit des études parallèlement à sa carrière de footballeur. Il visait une double licence en marketing et éducation physique et sportive. Ses pieds sont bien faits, sa tête tout autant !

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