Étranger

Les 50 stars de la Coupe du monde (17) : Per Mertesacker (ALLEMAGNE), le grand blond

Derrière les airs de grand échalas mal bâti, lent et pataud de Per Mertesacker se cache l’un des défenseurs de la planète foot les plus redoutés. Explications.

Per Mertesacker aurait pu jouer dans le « Grand blond » à la place de Pierre Richard. Vu de chez nous, bien calé dans le canapé, on imagine les rires moqueurs, devant les matches de Premier League qui filent à 2 000 à l’heure, quand il se retrouve face aux flèches Eden Hazard, Sergio Agüero, Luis Suarez and co. On aurait presque envie de lui tendre une petite bière, histoire de lui permettre de récupérer un peu.
Pendant les week-ends de foot des abonnés de Canal – beIN Sport n’ayant toujours pas obtenu le championnat anglais -, il y a les invités du dimanche soir, pour le plateau repas et le grand match de Ligue 1 (c’est ce qu’ils disent), et les raillés du samedi après-midi, en short et en anglais dans le texte, Premier League oblige. Per joue souvent le samedi. Il fait assurément partie de la seconde catégorie. Grand escogriffe, long comme un fil de fer rouillé et tordu par l’humidité. Les mauvaises langues prétendent que le géant allemand est plus gauche que droitier.
Mais quand on se rapproche du bonhomme, il ne faut pas longtemps pour comprendre pourquoi, dans la presse britannique notamment, le grand blond est surnommé « Per-Fect ». Au premier rang de ses défenseurs, on trouve Arsène Wenger, son coach, qui l’a fait venir à Arsenal en 2011. « C’est quelqu’un de très intelligent et qui a toujours une super attitude. Il a très vite gagné le respect de tous les autres joueurs et membres du club. C’est quelqu’un de très pro. Tactiquement et techniquement, il ne fait quasiment jamais d’erreur. Pour moi, c’est l’un des meilleurs défenseurs du monde aujourd’hui. »

Il approche des 100 sélections
Ça, c’est pour les mauvaises langues pleines de houblon le samedi après-midi. Les autres savent qu’avant le calvaire contre Liverpool (1-5) en février, la paire Per Mertesacker-Laurent Koscielny était invaincue depuis janvier 2012. En clair, avec ses deux défenseurs centraux ensemble pendant 90 minutes, Arsenal ne perdait quasiment jamais. Mertesacker a été promu capitaine après la blessure de Thomas Vermaelen et on ne voit pas trop comment l’international belge pourrait se refaire la cerise. Et là, on ne parle pas de bière. Mertesacker s’est imposé comme un véritable leader, sur et en dehors du terrain. « Avec Laurent, nous avons appris à nous connaître, expliquait-il. Je n’ai jamais joué avec un stoppeur aussi rapide que lui. Mais nous sommes trois avec Thomas et nous avons besoin de tout le monde. »
Et la Coupe du monde dans tout ça ? Per s’apprête à franchir la barre des 100 sélections. « En 2006, l’Allemagne avait 12 ou 13 joueurs capables de former une équipe de top niveau. Aujourd’hui, nous en avons 25 ou 30. Il y a l’embarras du choix pour le sélectionneur et c’est très bien. Nous sommes nombreux avec 90, 100 sélections. Si nous avons le bonheur d’aller au bout, ce sera une consécration pour toute une génération qui travaille depuis de longues années. Nous sommes cités parmi les favoris, je pense que c’est légitime. »
Comme son statut. Immense et incontesté en Angleterre, Per l’est aussi en sélection. Après avoir essuyé nombre de critiques (les médias allemands l’avaient quelque peu pris en grippe après l’Euro 2008), il est écouté de tous. D’un autre côté, on n’a pas forcément envie de se fâcher avec lui…

Le saviez-vous ?
Per siffleur. Après une claque (3-6) sur la pelouse de Manchester City en décembre, Mesut Özil rentre au vestiaire tête basse. Cap’tain Per vient lui intimer l’ordre d’aller saluer les supporters des Gunners. Une soufflante mémorable. Mesut, tout penaud, se confond en excuses : « Je suis désolé de ne pas avoir remercié nos supporters à la fin du match. Je sais que c’est une tradition à Arsenal, même en cas de défaite ou de nul. » Explications du capitaine : « On doit faire front tous ensemble, quoi qu’il arrive. C’est ça, Arsenal ! »

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