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Les 50 stars de la Coupe du monde (15) : Edin Dzeko (BOSNIE-HERZEGOVINE), toute première fois

Avec l’emblématique sélectionneur Safet Susic, l’attaquant de pointe de la Bosnie-Herzégovine aura été l’acteur majeur d’une qualification historique pour la Coupe du monde. Edin Dzeko en veut plus…

Il fallait voir ce grand escogriffe d’un mètre quatre-vingt-treize au bord des larmes, comme un gamin, en octobre dernier. Nous étions à la dernière journée des qualifications pour le Mondial 2014. Une victoire 1-0 en Lituanie offrait définitivement la première place du groupe G à la Bosnie-Herzégovine et donc un billet direct pour la World Cup au Brésil. Pour la jeune République, c’était une grande première. Sa Fédération était née en 1992. Elle est affiliée à la FIFA et à l’UEFA depuis 1996.
Après deux échecs en barrage face au Portugal (Coupe du monde 2010 et Euro 2012), voilà donc les Bosniaques en phase finale d’un tournoi international grand format. C’était trop d’émotions pour Edin Dzeko, acteur majeur de ces éliminatoires. Ses 10 buts auront pesé lourd, très lourd. Et Edin a fini par craquer. Il a également donné rendez-vous à ses fans. « Nous avons montré la puissance de notre nation tout au long de cette campagne et nous allons continuer à le faire au Brésil. Là-bas, on va encore déployer notre force de frappe », martela-t-il ce soir d’allégresse.
L’esthète Safet Susic n’a pas renié ses principes en devenant sélectionneur. Son équipe, très joueuse, évolue le plus souvent en 4-4-2 avec, devant, Dzeko et Vedad Ibisevic. En soutien, on trouve des manieurs de ballon comme Miralem Pjanic, Senad Lulic ou Zvjedan Misimovic. Dans ce schéma, Edin, point de fixation principal, libère des espaces pour ses partenaires. Et il s’éclate. A Manchester City, une féroce concurrence règne aux avant-postes et sa situation paraît moins enviable. L’Inter, le Borussia Dortmund et quelques autres restent à l’affût, espérant l’attraper dans leurs filets.

Marqué à vie par la guerre
Mais pour l’heure, le « Diamant bosniaque », comme on le surnomme depuis un but monumental face à la Belgique, ne pense plus qu’au 1er tour de la Coupe du monde, entre Recife et Porto Alegre. Il faudra en découdre avec l’ogre argentin, le Nigeria et l’Iran. Objectif : la 2e place de la poule. Si Dzeko, meilleur buteur de l’histoire de cette jeune sélection (33 pions en 60 capes), a laissé perler un peu de pluie sur ses joues, ce soir festif d’octobre, c’est sans doute aussi en souvenir de ses terribles années de jeunesse dans une ville de Sarajevo en feu. Des images qui l’ont marqué à vie. « Ce fut une période vraiment difficile pour tout le monde. Nous avions faim, il n’y avait pas assez à manger tous les jours. Je n’étais qu’un enfant. J’étais apeuré, on devait toujours se cacher pour éviter les tirs ou se protéger des bombes. On pouvait être visé à n’importe quel moment. Je remercie Dieu, cette guerre appartient au passé. »
Aujourd’hui, pleurs séchés, Edin file vers le grand rencard d’une vie. Avec envie. Et sans peur. « Il est devenu un joueur de classe mondiale », tranche Miroslav Blazevic, ancien sélectionneur de la Bosnie-Herzégovine (2008-09). Celui qui avait mené les Croates en demi-finales du Mondial 1998 (1-2 contre la France). L’homme passé par le FC Nantes entre 1988 et 91. « Blaz’ » a toujours eu la réputation d’être un beau parleur mais aussi un fin connaisseur des choses du ballon. Alors, s’il le dit…

Le saviez-vous ?
Grand fan d’Andreï Shevchenko dans sa jeunesse, Edin Dzeko est aujourd’hui un serial buteur réputé et le meilleur réalisateur de la Bosnie-Herzégovine. C’est pourtant au milieu de terrain qu’il a débuté sa carrière professionnelle. En rejoignant la formation tchèque du FK Teplice, il fut replacé en attaque. Coup d’essai transformé en coup de maître : lors de sa première saison complète en pointe, il termina meilleur buteur du championnat. Il ne quitta évidemment plus le poste.

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