Étranger

Les 50 stars de la Coupe du monde (14) : Arjen Robben (PAYS-BAS), la salsa du démon

Arjen Robben est un bouffeur de balle génial. Parfois agaçant car trop personnel, il reste l’un des meilleurs dribbleurs de la planète foot. Techniquement vôtre !

C’est comme un film qui tourne en boucle. On connaît l’histoire par cœur, on l’a vue cent fois mais on ne peut s’empêcher de la regarder. Une de plus, avant la prochaine. Quand Arjen Robben déboule balle au pied face à son adversaire direct, le plus souvent l’arrière gauche – puisque son plateau de cinéma à lui se trouve à droite, côté ligne de touche -, tout le monde sait ce qui va suivre. Aux premières loges, à la fois acteur et spectateur, le défenseur le sait aussi. Le Batave, pur gaucher, accélère balle au pied. A ce moment, ça va vite puisque nous avons là l’un des joueurs les plus rapides du monde, déjà chronométré à 32,5 km/h en vitesse de pointe.
C’est dans ce scénario dont on ne se lasse pas qu’Arjen entre en jeu. En pleine vitesse, il déclenche un crochet extérieur, toujours le même, celui que le défenseur connaît sur le bout de ses crampons. Et celui qui, à chaque fois, fait mouche. Un seul crochet donc, du pied gauche, comme la conduite de balle (il fait tout du pied gauche). En face, le chien de garde aboie, essaie de s’accrocher mais il est éliminé. Parce qu’à cette vitesse d’exécution, impossible d’anticiper. C’est la technique du faux pied. Le gaucher qui évolue à droite rentre vers l’axe, grâce à ce dribble unique, répétitif et prévisible, pour s’ouvrir le chemin du but. Nous arrivons à la dernière phase du pitch. Quand Robben décoche sa frappe enroulée, intérieur pied gauche, côté opposé, pour trouver le petit filet ou la lucarne. Ou sa frappe du cou du pied, premier poteau, pour surprendre le gardien qui a anticipé.
A 30 ans, l’ailier fou des Pays-Bas est comme son alter ego du couloir gauche au Bayern Munich, Franck Ribéry : au sommet de son art. Dire que le duo, rebaptisé « Robbery » par la presse allemande, n’a pas d’équivalent aujourd’hui sur la scène internationale n’est pas mentir. Crucifié lors de la dernière finale du Mondial, au Soccer City de Johannesburg, par un but d’Andres Iniesta en prolongation, Arjen avait manqué un terrible face-à-face face à Iker Casillas. Alors, forcément à l’heure de se projeter vers le Brésil, plusieurs idées remuent son crâne déplumé. « Je suis optimiste. Nos supporters attendent de nous que nous allions le plus loin possible et que nous soyons champions du monde. Mais il faut garder les pieds sur terre. Il me semble qu’actuellement, certaines équipes nous sont supérieures. Je pense au Brésil, bien entendu, mais aussi à l’Allemagne et à l’Espagne. Nous pouvons encore progresser. Il faut avancer pas à pas. »
Au moins, Arjen n’aura pas besoin de round d’observation pour se plonger dans son tournoi. Pour l’acte 1, il a rendez-vous avec la Roja. « C’est incroyable de se dire que nous aurons l’Espagne face à nous lors du premier match alors que c’était la finale il y a quatre ans. Cela prouve, une nouvelle fois, la qualité et la force qu’il faut avoir pour aller au bout. Il n’y a pas plus beau qu’une Coupe du monde. » Au Bayern, son coach, Pep Guardiola, pointait ses qualités. « C’est une pièce importante de notre jeu et il marque des buts qui comptent. » S’il n’est pas embêté par une blessure (son talon d’Achille) et qu’il arrive frais en Amérique du Sud, Robben sera un poison. Il faudra faire attention au faux pied orange. Démoniaque.

Le saviez-vous ?
Arjen a débuté en Coupe du monde en 2006 en Allemagne. Placés dans le groupe de la mort avec l’Argentine, la Serbie et la Côte-d’Ivoire, les Pays-Bas avaient démarré la compétition par deux victoires, contre les Serbes (1-0, but de Robben) et les Eléphants. Les deux fois, Arjen fut élu « Homme du match ». Pas mal pour ses deux premières rencontres à ce niveau !

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