Étranger

Les 50 stars de la Coupe du monde (12) : Pepe (PORTUGAL), un molosse en quête de revanche

Le vigile du Real Madrid est aussi la tour de contrôle de la Selecçao, où il impose, depuis l’Euro 2012, ses centimètres autant que son autorité. Parce qu’en Afrique du Sud, il y a quatre ans, ce ne fut pas trop ça…

Pepe aborde le rendez-vous brésilien avec un appétit décuplé, quelque part entre le poupon bienheureux qui vient d’avaler son biberon cul sec et la hyène affamée. Il y a quatre ans, le défenseur portugais s’était « fait » le ligament croisé antérieur du genou droit tout seul, un 13 décembre à Valence, en retombant mal, après un duel aérien avec David Villa. Tout de suite, le doute avait plané quant à sa participation au Mondial sud-africain. Une absence de six mois était évoquée, personne ne savait comment son corps répondrait à l’opération et au processus de rééducation.
A l’époque, Pepe a 26 ans. Il s’affirme comme un cadre de la Selecçao, surtout depuis que le Real Madrid a déboursé 30 millions d’euros pour l’arracher au FC Porto. Au Real, sa blessure laisse un grand vide. Jorge Valdano est toujours le directeur sportif de la Maison Blanche à l’époque. Il lâche une phrase sans équivoque : « Pepe est irremplaçable. Il n’y en a pas deux comme lui. » C’est décidé, le gaillard réussira son contre-la-montre personnel.
En juin, il fait partie de la liste des 23 de Carlos Queiroz pour l’Afrique du Sud. Oui mais voilà, le Portugal a intégré le groupe de la mort en compagnie de la Côte-d’Ivoire, du Brésil et de la Corée du Nord. Il ne trouvera jamais le chemin de l’unité. En son absence, c’est la charnière centrale Bruno Alves-Ricardo Carvalho qui a fait le boulot. Et Képler Laveran Lima Ferreira, alors (son nom complet) ? Réduit au rôle de doublure et même pas à son poste ! Queiroz a voulu en faire sa sentinelle devant la défense. Sur le papier, le choix était judicieux. Le vigile est capable de couper les lignes de passe en déployant ses grands compas. Et puis il y a ses aptitudes dans les airs, domaine où il est très difficile de gagner un duel face à lui. L’idée était donc intelligente. Mais elle ne fut concrètement jamais intelligible.
Pepe a regardé les deux premiers matches du banc de touche (0-0 contre les Eléphants de Didier Drogba, carton 7-0 contre les pochettes-surprises de Pyongyang). Il débute son tournoi face au Brésil. Le Brésil, ses racines, toute son enfance : il est né à Maceio, dans l’Alagoas, l’un des plus petits Etats du pays, au nord-est, face à l’Atlantique, juste au-dessus de l’Etat de Bahia. Le monde qu’il a arpenté jusqu’à ses 18 ans et le grand départ pour l’île de Madère (direction le CS Maritimo).
Ce Brésil-Portugal est un match fermé (0-0). Suit un 8e de finale perdu contre l’Espagne (0-1). En phase de reprise, Pepe ne joue qu’une grosse heure à chaque fois, avant de laisser sa place à Pedro Mendes, beaucoup moins connu que lui mais vrai milieu de terrain de métier. Contre le voisin espagnol, c’est le coup de grâce. Juste avant de sortir, David Villa marque le but de la délivrance pour la Roja. Villa, son nouvel ami, celui-là même avec lequel il était monté au duel, le 13 décembre à Valence, avant d’entendre un tout petit clac, abrupt et sec, au moment de retoucher le sol…
Quatre ans plus tard, le Portugal s’avance vers le Brésil avec un Ballon d’or en tête de gondole et un Pepe nouveau en défense centrale. Car même si la concurrence de Raphaël Varane bouscule ses certitudes au Real, Pepe a pris le leadership du vestiaire et de la défense. A 31 ans, c’est un chien de garde plein d’expérience. Son comportement n’a pas toujours été d’un vert écolo mais son implication et son rôle au sein de la sélection en font aujourd’hui un élément incontournable du onze portugais. Il a réussi un Euro 2012 de très haut niveau. L’heure de sa petite revanche a sonné. Vu son nom complet, c’est plus simple de dire que c’est la petite revanche de Pepe.

Le saviez-vous ?
En avril 2009 contre Getafe, Pepe pète les plombs en plein match. Javier Casquero, l’attaquant de Getafe, est au sol, dans la surface de réparation. Le Madrilène, furieux contre ce qu’il croit être une simulation, démonte les mollets puis lacère le dos de son adversaire. Iker Casillas arrive à temps pour arrêter le massacre. Pepe écopera de 10 matches de suspension.

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