Équipe de France

Les 50 stars de la Coupe du monde (10) : Karim Benzema (FRANCE), un autre homme, un autre joueur

Depuis l’incroyable dénouement du barrage contre l’Ukraine, c’est un nouveau Karim Benzema qui flingue en Liga. Il a hâte d’en découdre au Brésil. Et c’est une sacrée bonne nouvelle.

Il ne parle pas beaucoup, il n’aime pas ça. Taiseux malgré lui ou taiseux volontaire. Peu adroit devant les micros, mal à l’aise face aux caméras, il se force quand il n’a pas d’autre choix. Juste avant l’Euro 2012, au moment de signer une prolongation de contrat avec son équipementier fétiche, celui à trois bandes, Karim Benzema disait : « Je sais qu’on attend beaucoup de moi. Je sais ce que je suis capable de faire. Je suis prêt. » Deux passes décisives et zéro but plus tard, il s’en était allé tête basse, éliminé (2-0) en quarts de finale par ses coéquipiers du Real Madrid.
Avant le barrage contre l’Ukraine (0-2, 0-3), après avoir traversé une période de 1 222 minutes sans marquer en équipe de France – plus d’une vie à son niveau – et alors que Didier Deschamps lui avait préféré Olivier Giroud pour quatre matches, le reléguant, lui et son n°10, sur le banc, il s’était longuement confié dans les colonnes du « Parisien ». « Je ne suis la doublure de personne. Ni d’Olivier, ni d’un autre. Je suis un joueur de l’équipe de France. Chacun possède son propre style. On forme un collectif. On gagne tous ensemble. Ma période sans but ? Je savais que j’allais en mettre à nouveau. Tu imagines le gars qui reste six ans sans mettre le moindre but ? Et quand il y a un penalty, il le loupe. » Le tout conclu dans un large sourire, signe d’une confiance en marbre qui peut irriter ceux qui ne le connaissent pas mais qui est tout sauf de l’arrogance. Et puis il y a eu l’Ukraine. Son but, le deuxième de la soirée, le plus important de sa carrière en bleu. Et sa joie, cette course folle sur la pelouse d’un Stade de France en transe, scandant son nom. « Il paraît qu’il faut que je sourie davantage… », glissait-il encore. Là, il a hurlé. Et c’était bien aussi.
Voilà le finaliste de la Ligue des champions (rendez-vous contre l’Atletico Madrid le 24 mai à Lisbonne) face à une inconnue. Karim n’a jamais disputé de Coupe du monde. Et non, il n’était pas dans le bus à Knysna. Sur les premiers mois de l’année 2014, il a enquillé les buts comme jamais depuis son arrivée au Real Madrid. Il a dépasser Ronaldo (Ronnie, le Brésilien, et ses 105 buts) dans le classement des meilleurs buteurs de l’histoire du club. Contre Schalke, que le Real n’avait jamais affronté en Coupe d’Europe, il illumina la soirée avec un doublé (victoire 6-1 à l’extérieur en 8es de finale aller de la C1). « C’est un buteur important, explique Ronnie. S’il réalise la même chose en Bleu qu’au Real, il deviendra quelqu’un d’important pour le football français. C’est un honneur qu’il dise que j’ai été son modèle. Il a déjà dépassé mon total de buts à Madrid, c’est une bonne nouvelle pour lui. Je lui souhaite beaucoup de succès dans sa carrière. »
Couvé par Zinédine Zidane (qui a démissionné il y a peu de son poste d’assistant de Carlo Ancelotti), Benzema paraissait comme libéré par la qualification des Bleus. « Il y a un talent énorme chez lui. Mais le talent ne suffit pas. Le travail seul non plus. En revanche, les deux vont bien ensemble et lui a les deux. Il fait des choses extraordinaires », affirmait « Zizou » qui ne le lâchait pas à l’entraînement. Du pain béni pour Karim ? « C’est peut-être une grande année pour moi. Je n’y pense pas trop, j’espère simplement que tout se passera bien. Je veux tout gagner. Au Real, c’est normal. Avec les Bleus, je préfère qu’on reste au second plan, comme actuellement. Qu’on ne parle pas trop de nous. La pression est sur l’Allemagne, l’Espagne, le Brésil. Mais on a un surplus de confiance depuis notre barrage contre l’Ukraine. »
Le concernant, ça se voit. Et c’est une sacrée promesse.

Le saviez-vous ?
Hasard ou coïncidence ? L’année 2014 semble partie sur des bases autrement plus élevées que 2013 (perte du titre en Liga comme l’an passé mais finale de Ligue des champions). Karim a aussi connu les joies de la paternité, début février. Le dimanche 2 à Madrid, sa compagne Chloé a donné le jour à Mélia, 3,1 kg à la première pesée. Carnet rose mais livret de famille blanc merengue.

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