Étranger

Le match Manchester United-Manchester City

D’un côté, MU, la famille Glazer, des Amerlocks, « Red Devils », et l’un des plus grands clubs du monde. De l’autre, City, le Cheikh Mansour, les chèques en blanc et, financièrement, le club le plus puissant du monde. Welcome in Manchester !

LE POIDS DES PROPRIETAIRES

• Manchester United : 7/10
La famille Glazer s’est offert Manchester United en 2005. Prix de la coquetterie : 928 millions d’euros. Les Américains n’ont pas que des amis dans le Nord de l’Angleterre, c’est peu de le dire. L’armée rouge des supporters manifeste régulièrement à la fois sa colère et ses inquiétudes. Entre une dette estimée à une époque à 850 millions d’euros et les démentis officiels, pas facile d’y voir clair, isn’t it ? Sir Alex Ferguson est monté au créneau pour défendre ses proprios. « La dette s’est creusée parce que le club a été racheté. C’est souvent le cas quand une entreprise est reprise. Quand Manchester est entré en bourse, il était inévitable qu’il soit racheté un jour. C’est injuste de critiquer les frères Glazer. Ils font bien leur travail, ils m’ont toujours soutenu et ont toujours soutenu les joueurs. Quand je demande de l’argent pour un transfert, ils ne refusent jamais. Je ne peux pas me plaindre. » On parlait à une époque d’une offre de rachat de 1,75 milliard (!) d’euros de la famille royale du Qatar, via le fonds d’investissement Qatar Holding. Offre… rejetée. La Glazer family réclamerait le double…

• Manchester City : 10/10
A City, on ne manifeste plus. En 2008, c’est une autre famille royale, celle d’Abu Dhabi, qui a fait main basse sur le club. Le Cheikh Mansour Bin Zayed Al Nahyan, ministre des affaires présidentielles d’Abu Dhabi et accessoirement frère du prince héritier de l’émirat, a fait le chèque. 247 millions d’euros pour racheter Manchester City à Thaksin Shinawatra, l’ancien Premier ministre thaïlandais. Un fonds souverain proprio d’un club de foot anglais, c’est une première qui bouscule tous les repères en matière de budget, de marge financière et qui renvoie Roman Abramovitch, le patron russe des Blues de Chelsea au fond de la classe des milliardaires. Les Citizens n’ont pas regardé à la dépense. Recrutement haut de gamme, de Robinho, le premier arrivé (parti depuis au Milan AC), à Samir Nasri en passant par Carlos Tevez, fer de lance venu tout droit de la maison United. En pleine crise financière et après avoir déjà lâché plus de 150 millions d’euros sur le marché des transferts, le cheikh a injecté plus de 600 millions afin d’éponger la dette du club. De quoi voir l’avenir plus… souverainement. Comme les fonds.

LE POIDS DES STARS

• Wayne Rooney : 8/10
Oubliée, l’année 2010. Blessé en Ligue des champions contre le Milan AC, Wayne a vécu un printemps stressant. Puis un été pourri. Sans préparation, il est passé à côté de la Coupe du monde 2010. Plongé dans une nauséabonde affaire de mœurs, son mariage a sérieusement tangué aussi. La totale. Et sur le terrain, ce n’était pas son frère mais son ombre. Des mois sans marquer un seul but. Le devant de la scène abandonné à Dimitar Berbatov. Et puis Rooney est revenu, à force de courage, d’abnégation et de travail. Tout ce qu’il aime. Ses 27 buts marqués en 66 matches de Ligue des champions – dont un lors de la dernière finale face à Barcelone – attestent de son poids et de son influence dans la Maison Rouge.

• Carlos Tevez : 8,5/10
Au cours de ses deux saisons à United (de 2007 à 2009), il avait inscrit 19 buts en 63 matches de Premier League et 6 en 21 rencontres de Ligue des champions. Il fait mieux à City avec une moyenne de 0,66 but par match de championnat (43 buts en 65 rencontres). Il n’a pas marqué en revanche en Ligue des champions. Sa rage de vaincre et son sens du jeu sont pour beaucoup dans sa réussite. Sa technique en mouvement aussi. Tevez, c’est un peu la tête et les jambes, le mental en plus. Il devait partir, ne pouvait plus rester, disait-il il y a peu. Il est encore là et tire irrésistiblement son équipe vers le haut. Un cador et un pilier, malgré ses prises de bec avec Roberto Mancini et ses demandes de transfert répétées.

LE POIDS DES COACHES

• Alex Ferguson : 10/10
Nommé manager de Man U. le 6 novembre 1986, Sir Alex dispute sa 26e saison à la tête des « Red Devils ». Une longévité rare et un palmarès éloquent : 12 championnats, 5 Cups, 4 Coupes de la Ligue, 10 Community Shield, 2 Ligues des champions, 1 Coupe des vainqueurs de Coupe, 1 Supercoupe d’Europe, 1 Coupe Intercontinentale et 1 Mondial des clubs. Ça pèse lourd… Sans compter 1 Coupe des vainqueurs de Coupe et 1 Supercoupe d’Europe, déjà, avec Aberdeen en 1983. Une longévité et un palmarès uniques qui forcent évidemment le respect.

• Roberto Mancini : 8,5/10
Jeune entraîneur (47 ans), l’ancien compère de Gianluca Vialli à la Sampdoria de Gênes (quel duo !) a épousé très vite la carrière de coach. Il n’a pas eu tort puisque il a remporté la Coupe d’Italie avec les trois équipes qu’il a entraînées dans la Botte (Fiorentina, Lazio, Inter). Trois fois champion avec les Nerazzurri, il est reparti de zéro à Manchester City où les pétrodollars ne faisaient pas les résultats… avant cette année. Leaders de Premier League avec 5 points d’avance sur leur dauphin Manchester United, puni à Old Trafford (1-6) en octobre, les Citizens luttent (enfin) pour le titre. Il ne doit pas y être étranger.

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LE POIDS DES STADES

• Old Trafford : 10/10
Avec Wembley et l’Emirates, Old Trafford est le troisième stade « 5 étoiles » de l’UEFA. En clair, c’est ce qui se fait de mieux en termes d’organisation et de capacité d’accueil. Il peut abriter les finales européennes. Après Wembley et Twickenham, c’est aussi la troisième plus grosse enceinte d’Angleterre avec ses 76 212 places. La première fois qu’il y a posé ses crampons en 2003, Gabriel Heinze a dit : « Je comprends pourquoi on l’appelle le Théâtre des rêves ». Un temple du foot mondial qui vit avec son temps.

• City of Manchester Stadium : 8,5/10
L’héritier de Maine Road fait le bonheur des fans et des joueurs. Ecrin ouvert vers le ciel, construit au Nord-Est de la ville, à l’opposé d’Old Trafford, le City of Manchester Stadium abrite 47 726 sièges bleus ciel, aux couleurs du club. Très chic et très smart, il n’entre pourtant pas dans le top de l’UEFA puisqu’il fait partie des stades « 4 étoiles ». Il n’en reste pas moins un petit bijou architectural et un vrai stade de foot à l’anglaise. Sa forme ogivale n’altère pas la proximité entre joueurs et spectateurs. Une vraie réussite.

LE POIDS DES PALMARÈS

• Manchester United : 9,5/10
Le plus grand palmarès du monde ! C’est écrit sur la page d’accueil du site officiel. Bon, c’est subjectif, pas forcément vrai mais loin d’être faux ! Allez, ils n’ont pas encore 5 Ligues des champions dans la vitrine, alors on enlève un demi-point. Na !
1 Coupe Intercontinentale, 1 Mondial des clubs, 1 Supercoupe d’Europe, 3 Ligues des champions, 1 Coupe des vainqueurs de Coupe, 19 championnats, 11 Cups, 4 Coupes de la Ligue, 19 Community Shield

• Manchester City : 4/10
Pas la panacée, loin des plus grandes vitrines du pays, à des années-lumière du voisin honni. Deux titres nationaux et une Coupe d’Europe, ce n’est pas assez pour obtenir la moyenne.
1 Coupe des vainqueurs de Coupe, 2 championnats d’Angleterre, 5 Cups, 2 Coupes de la Ligue

VERDICT
• Manchester United : 44,5/50
• Manchester City : 39,5/50

United l’emporte, évidemment, mais pas de manière si évidente. Surtout, les incertitudes qui planent sur la dette du club plombent un peu le ciel mancunien côté Red Devils. Chez les Citizens, les moyens mis à la disposition de Roberto Mancini et le fait que le club se renforce été après été tout en conservant son ossature appelle des lendemains qui chantent, comme l’a souligné Patrick Vieira. « Ça fait plusieurs saisons maintenant que l’équipe est en grande partie la même. Je ressens un peu la même sensation que lorsque j’évoluais à l’Inter. Les joueurs se connaissent bien et ça compte énormément. »

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