Équipe de France

Le match Hugo Lloris-Brad Friedel

A gauche, Hugo Lloris, considéré comme l’un des cinq meilleurs gardiens du monde. A droite, Brad Friedel, G.I. quarantenaire, immortel et le cœur Spur. Alors, c’est qui le plus fort ?

■ JEU SUR LA LIGNE

– Hugo Lloris
Hugo rend 5 cm à son concurrent (1,88 m pour le Français) mais il lui rend également la pareille sur sa ligne de but. C’est en fait là qu’il s’est, dès ses premiers matches, illustré. C’est encore là qu’il est le plus impressionnant, quand il décoince sa carcasse aussi rapide que l’éclair, aussi bien à l’horizontale qu’à la verticale. Mieux que Brad, plus dans le réflexe pur et moins rapide quand il s’agit d’aller chercher un ballon sur une reprise d’appuis. Normal avec 16 années de plus dans les cannes !
Note : 9/10

– Brad Friedel
Avec son 1,93 m, le vieux Brad s’est fait une spécialité des arrêts réflexes et des sauvetages in extremis sur la ligne. Très longiligne, il est aussi très explosif et n’a peur de rien. Ce n’est pas toujours une référence en matière d’esthétique mais il s’en moque comme de ses premières Rangers. Lui opte pour l’efficacité les deux poings serrés. Il préfère voir le ballon rebondir loin de ses cages plutôt que de tenter une prise de balle propre et sûre. Un vrai gardien de hand. Le métier du vieux briscard. Tout pour plaire au royaume de la Premier League.
Note : 8/10

■ JEU AU PIED

– Hugo Lloris
Hugo n’est pas le meilleur du monde dans ce domaine. Mais primo, il est largement supérieur à l’Américain. Surtout, il s’améliore d’année en année, trouvant à la fois de l’assurance, de la précision et de la puissance, ce qui lui manquait le plus à ses débuts. Là – et ce n’est pas faire injure à l’ami Brad -, c’est un peu le jour et la nuit entre les deux. Hugo n’est jamais très à l’aise avec son pied droit mais il sait au moins mettre la balle là où il veut avec le gauche. Friedel, lui, est gauche des deux pieds.
Note : 9/10

– Brad Friedel
Un peu maladroit, Brad. Pas franchement le dernier des Mohicans de la technique en mouvement. Coup de bol, en Angleterre, on adore son style « art déco » dans la surface. Objectivement, le jeu au pied de l’Américain se résume à frapper fort dans la gonfle, éloigner le danger, même quand il n’y en a pas. Rechercher un partenaire démarqué, un côté, quelque chose comme une première relance ? Faut pas pousser non plus ! Cela ne doit pas être la première consigne d’André Villas-Boas. Ou alors le coach portugais n’est pas franchement raccord avec lui-même.
Note : 4/10

■ MENTAL

– Hugo Lloris
Promu capitaine de l’équipe de France sous l’ère Laurent Blanc, Hugo est resté le boss sous le haut patronage de Didier Deschamps. En Bleu comme à Lyon, il a toujours affiché le même état d’esprit, irréprochable. A Tottenham, il a pris son mal en patience, en attendant des jours meilleurs. Pour Joël Bats, son ancien coach à l’OL, tranche dans le vif : « Hugo est l’un des trois meilleurs gardiens du monde. Il peut jouer contre n’importe quel joueur, dans n’importe quel championnat. »
Note : 9/10

– Brad Friedel
Brad est un monstre physique mais aussi une bête de mental. Modèle de longévité, adulé outre-Manche et moqué en France. La dernière fois qu’il a manqué une rencontre de Premier League, Hugo n’avait pas débuté en Ligue 1 ! Pour la victoire à Old Trafford (3-2), il livrait son 310e match consécutif dans le championnat d’Angleterre. Un record évidemment. « Il se connaît très bien », résume Robert Pires qui l’a côtoyé à Aston Villa. Brad s’offre une heure de yoga quotidienne depuis le 15 mai 2004. Une douleur l’avait empêché de disputer la dernière journée. Même pas une gastro depuis !
Note : 10/10

■ DANS LES AIRS

– Hugo Lloris
Hugo impose son style. C’est là qu’il a le plus progressé. Bats encore : « Les bousculades dans les airs en Angleterre, ça fait partie de la légende. Il y en a aussi en L1. Il est peut-être moins costaud mais il arrive au bon endroit plus vite que les autres. Pour moi, c’est clair, soit il aide Tottenham à franchir un palier, soit ce club sera un tremplin pour lui. Pour aller plus haut encore. » Les batailles de Premier League se jouent souvent à 250 centimètres d’altitude ? Hugo believes he can fly.
Note : 9/10

– Brad Friedel
Friedel casse des buttes. Il en impose et impose sa loi dans les airs. Là, sa masse cisaille à peu près tout ce qu’elle trouve en chemin. Mais le papy des Spurs souffre d’une petite lacune qui le pénalise par rapport à Lloris : il a parfois du mal à lire les trajectoires des ballons, fuyants ou pas d’ailleurs. Il lui arrive de se trouer et comme il ne fait jamais le déplacement pour rien, il arrive que ça se voit…
Note : 8/10

■ COTE

– Hugo Lloris
Inrockuptible, Lloris. La note maximale en France. Pas la peine de lui chercher des faiblesses, on n’en trouvera pas. Hugo le gentil trimballe sa bonne éducation partout. Pareil en Angleterre, où il ne l’a pas ramené quand il jouait les doublures de luxe. Pas la peine d’en rajouter, c’est le terrain et ce qu’il montre dessus qui parlent pour lui. Sa cote en Angleterre ? Longtemps, ce fut « Rendez-vous en terre inconnue » pour le gardien des Bleus. Le décalage est énorme entre ce qu’il représente en France et ce qu’il représente à Londres, où les images de Ligue 1 sont un peu l’équivalent football de « Tournez manège ». Coincées entre les archives et l’inexistant.
Note : 9/10

– Brad Friedel
Irréprochable, Friedel. La note maximale en Angleterre. Le cousin US jouit d’une cote de popularité énorme outre-Manche depuis 15 ans. Sincère (?), il replace à l’envi le « Plus beau jour de ma vie » dans les conversations. Ce jour de 1997 où il reçut son permis de travail pour l’Angleterre, après trois années d’attente à Bröndby et Galatasaray. « Il fait attention à tout, explique Robert Pires. Il est très vigilant dans tout ce qu’il entreprend. A Villa, il était toujours le premier arrivé à l’entraînement et le dernier parti. » Une image qui vaut plus que tout en Angleterre.
Note : 10/10

LE VERDICT
Hugo Lloris, 44/50
Brad Friedel, 40/50

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