Étranger

Le match Andres Iniesta-Wesley Sneijder

A gauche, Andres Iniesta, 1,69 m, ADN du Barça. A droite, Wesley Sneijder, 1,70 m, batave touch. Deux gueules, deux monstres du jeu. Front dégarni contre front dégarni, c’est qui le plus fort ?

■ MENTAL

Wesley Sneijder, 9/10
Sa façon de rebondir à l’Inter, où il a convaincu José Mourinho en un seul match après avoir été bouté hors du Real Madrid, vaut tous les plaidoyers. Il avait dit à l’époque : « Je pense mériter mieux que le banc de touche, même au Real ». Question ego, pas la peine de le chercher. Les quartiers ouvriers d’Utrecht ont forgé son caractère. « Beaucoup pensaient qu’il était trop petit, rappelle David Endt à l’Ajax Amsterdam. Mais il avait tellement d’ambition et de confiance en lui… Il a toujours eu la rage au ventre. »

Andres Iniesta, 9/10
Il ne fallait pas trembler pour marquer le but du sacre en finale de la Coupe du monde. Pas le genre du gamin de la Mancha qui a grandi au foot sous les yeux de son conseiller de père, ancien joueur de Troisième division. Très tôt, Andres apprit à se servir de ses deux pieds. Plus petit que les autres mais meneur d’hommes dans l’âme. « Discret, timide, très intelligent, se souviennent les profs de son collège. Il dominait les maths, les sciences et l’espagnol. Et au foot, il organisait déjà le jeu de son équipe. »

■ FRAPPE DE BALLE

Wesley Sneijder, 8,5/10
Très adroit sur coups de pied arrêtés, il est l’artilleur en chef de l’Inter et de la sélection des Pays-Bas. Il peut déposer un ballon tendu aussi bien au premier qu’au second poteau sur les coups francs excentrés. Extrêmement précis sur les coups francs directs aussi. Il n’hésite jamais à tenter sa chance, avec ou sans contrôle. Cela fait sa force. Trois buts et deux passes décisives sur neuf matches de Ligue des champions l’an passé. Dix-huit frappes, 13 cadrées, soit 72%. C’est propre.

Andres Iniesta, 8,5/10
L’Espagnol a cette faculté, innée et consolidée à la Masia, le centre de formation du Barça, d’utiliser toutes les surfaces du pied pour tirer. Ses reprises sans contrôle au ras du sol sur les obus de Daniel Alves, par exemple, sont toujours des bijoux. Et souvent, ça fait but ! Frapper du pointu ne le gêne pas non plus. Il est capable de trouver le petit filet des deux pieds. Un reproche ? Il pourrait tenter plus souvent sa chance aux abords des 20 m.

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■ ART DE LA PASSE

Wesley Sneijder, 9/10
Ils sont rares et Sneijder en fait partie. Le milieu de terrain néerlandais est de la caste des véritables n°10, ces meneurs à l’ancienne. Palette complète et art du don chez ce joueur à l’énorme ego. La preuve ? Quels que soient ses partenaires – Samuel Eto’o, Diego Milito ou Goran Pandev à l’Inter -, il trouve toujours la complémentarité. Comme un bon musicien se fond dans n’importe quel groupe sans heurter l’oreille. Même chose en sélection avec Arjen Robben, Dirk Kuyt et Robin Van Persie, pourtant pas des poètes du collectif.

Andres Iniesta, 9,5/10
La crème de la crème puisque nous avons là toutes les caractéristiques du meneur mais imprimées dans l’ADN du Barça, où Iniesta était arrivé à l’âge de 12 ans, en 1996. Avec Xavi, il est symbole de simplicité et de fluidité. « L’art du « Passe et suis » », répète souvent Raynald Denoueix. Iniesta impose sa vision du jeu tant dans les grandes largeurs que sur les périmètres plus petits. Pied droit, pied gauche, il peut orienter sans contrôle en appui-remise ou même déclencher une transversale. Et ça a toujours l’air tellement facile…

■ PALMARES

Wesley Sneijder, 9/10
Ligue des champions, Coupe, Supercoupe d’Italie, Calcio et Mondial des clubs : Wesley a tout raflé avec l’Inter – excepté la Supercoupe d’Europe – en 2010. Mais ses palmes ne sont pas que lombardes. Il cumule aussi un titre de champion d’Espagne (2008, Real Madrid), un de champion des Pays-Bas (2004, Ajax Amsterdam) et une Coupe des Pays-Bas (2006, Ajax). Co-meilleur buteur de la Coupe du monde 2010 (5 buts), il s’inclina face à Iniesta, son bourreau en finale.

Andres Iniesta, 10/10
Championnat d’Europe 2008, Coupe du monde 2010 : le doublé le fait définitivement basculer dans une autre dimension. Avec le Barça, il possédait déjà l’un des plus gros palmarès de son sport. Sextuple vainqueur en 2009 (Ligue des champions, Liga, Supercoupes d’Europe et d’Espagne, Coupe du Roi, Mondial des clubs). A 27 ans, il affiche 3 C1 (2006, 2009, 2011), 5 championnats d’Espagne (2005, 2006, 2009, 2010, 2011), 1 Coupe du Roi, 5 Supercoupes d’Espagne, 2 Supercoupes d’Europe et donc 1 Mondial des clubs. Avec ses collègues catalans (Xavi, Piqué, Puyol…), il est bien parti pour battre tous les records.

■ LE VERDICT

Wesley Sneijder : 35,5/40
Andres Iniesta : 37/40

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