Étranger

Le livre d’or de la saison 2011-12 (4) : Un Real vraiment royal

Après trois ans de domination catalane, le Real Madrid est revenu sur le trône d’Espagne. Couronnement royal au bout d’une saison faramineuse.

Le Real Madrid devra encore patienter pour décrocher la « Decima », cette dixième Ligue des champions qu’il attend depuis… 10 ans (dernier succès en 2002, 2-1 contre le Bayer Leverkusen). Même topo pour José Mourinho qui rêve de devenir le premier entraîneur à remporter l’épreuve dans trois clubs et trois pays différents. Au moins, cette année, les Castillans ont mis fin à la domination nationale assez humiliante du Barça. Cela durait depuis trois ans. Champions, les Merengue, et avec la manière s’il vous plaît.
C’est un Real royal qui a fait tomber les records. Il est devenu – en retenant la victoire à 3 points toutes périodes confondues – le premier club de l’un des cinq championnats européens majeurs à atteindre la barre mythique des 100 points. Il a piqué, au passage, le record au… Barça de Pep Guardiola (99 points en 2009-10) qui avait lui-même dépoussiéré la vieille marque de Liverpool (98 points en 1978-79). Soit 32 victoires, 4 nuls et seulement 2 défaites, contre l’éternel rival catalan (1-3) et à Levante (1-0). Des chiffres, encore ? Les chevaliers de la Maison Blanche ont pulvérisé, avec leurs 121 pions, le record de buts sur une saison en Liga : il datait de 1989-90 et appartenait au Real d’Emilio Butragueno and co avec 107 buts. Des chiffres, toujours ? Eh bien, pour la première fois en Espagne, une équipe possédait un trident à plus de 20 buts en championnat : Cristiano Ronaldo (45 et même pas Pichichi !), Gonzalo Higuain (22) et Karim Benzema (21), soit le 2e, le 4e et le 5e au classement final des tireurs d’élite. De quoi filer le vertige, non ?

Mourinho : « Le titre le plus difficile à remporter »
La lutte pour le titre aura ressemblé à un long mano a mano entre Madrilènes et Barcelonais avant la victoire décisive des hommes du « Mou » au Camp Nou, lors de la 35e journée (2-1). Elle ne donne évidemment que plus de saveur à ce sacre, dans la capitale. Le coach portugais appréciait, forcément, après tant de désillusions face à l’armada blaugrana. « Honnêtement, cela a été mon titre (ndlr : il en compte sept !) le plus difficile à remporter. En Italie, ce fut dur pour l’un d’entre eux mais pas comme ici. En Espagne, jusqu’à la fin, personne ne lâche rien. Non, on ne nous a rien offert. Pour en arriver là, il a fallu nous battre du premier au dernier jour. »
Le « Special One » en profite aussi pour devenir le troisième entraîneur, après l’Autrichien Ernst Happel et l’Italien Giovanni Trapattoni, à être couronné dans quatre pays différents : par ordre chronologique, Portugal (FC Porto), Angleterre (Chelsea), Italie (Inter Milan) et donc Espagne. Un record qu’il ne battra pas l’an prochain, aucun déménagement n’étant prévu à son programme. Au contraire. A avec le Real, où ses pouvoirs ont encore été élargis, Mourinho a déjà clairement défini ses objectifs : confirmer le titre au niveau national et surtout rafler la fameuse « Decima ».

Le chiffre : 50
En inscrivant 50 buts en Liga (soit une moyenne ahurissante de 1,35 but par match), l’extraterrestre Lionel Messi s’est approprié un nouveau record. Il a effacé des tablettes l’attaquant du Dinamo Bucarest Dudu Georgescu, auteur de 47 buts lors de la saison 1976-77 dans le championnat roumain.

Le flop : Le sous-marin coule
Villarreal a commencé la saison dans le groupe de la mort de la Ligue des champions, avec le Bayern Munich, Naples et Manchester City. Il l’a terminée en Segunda Liga (deuxième division espagnole). Voilà pour le froid résumé de la plongée vertigineuse du « Sous-marin jaune ». C’est dans les toutes dernières minutes de la dernière journée de championnat que le sort du 3e de Liga en 2005, 2e en 2008 et 4e en 2011, ex-demi-finaliste de la Ligue des champions (2006) et de la Ligue Europa (2004 et 2011), a été scellé. Comment en est-il arrivé là ? La faute, d’abord, à un mercato raté. Julian De Guzman, arrivé de Majorque l’été dernier, n’a jamais remplacé le brillant meneur Santiago Cazorla, cédé à Malaga contre 20 millions d’euros. En défense, le départ de l’expérimenté Joan Capdevila n’a pas davantage été compensé. La scoumoune s’en est aussi mêlée avec la blessure (rupture des ligaments croisés), fin octobre, du buteur Giuseppe Rossi qui a mis un terme très prématurément à sa saison. L’autre pointe, Nilmar, n’a pas été épargné non plus par les pépins physiques. Quant au défilé des entraîneurs (trois au cours de la saison, Juan Carlos Garrido, José Molina et Miguel Angel Lotina), on ne peut pas dire qu’il ait eu un quelconque effet. Au contraire… Beau début, drôle de fin.

Classement final
1. Real Madrid, 100 pts (+89)*
2. FC Barcelone, 91 pts (+85)*
3. FC Valence, 61 pts (+15)*
4. Malaga, 58 pts (+1)**
5. Atletico Madrid, 56 pts (+7)***
6. Levante, 55 pts (+4)***
7. Osasuna, 54 pts (-17)
8. Majorque, 52 pts (-4)
9. FC Séville, 50 pts (+1)
10. Athletic Bilbao, 49 pts (-3)****
11. Real Sociedad, 47 pts (-6)
12. Betis Séville, 47 pts (-9)
13. Getafe, 47 pts (-11)
14. Espanyol Barcelone, 46 pts (-10)
15. Rayo Vallecano, 43 pts (-20)
16. Saragosse, 43 pts (-25)
17. Grenade, 42 pts (-21)
18. Villarreal, 41 pts (-14)*****
19. Gijon, 37 pts (-27)*****
20. Racing Santander, 27 pts (-35)*****

* Qualifié en Ligue des champions
** Tour préliminaire Ligue des champions
*** Ligue Europa
**** Tour préliminaire Ligue Europa
***** Relégué

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