Étranger

Le face-à-face : Edin Dzeko VS Gonzalo Higuain, l’Académie des 9

A gauche, Monsieur Edin. Grand roseau de Bosnie, couvé par la Louve, référence sous-cotée des hauts plateaux du Neuf. A droite, « El Pipita » Gonzalo, chéri de la Vieille Dame, gaucho des hautes plaines, des buts plein la tête et la tête pleine de buts. Deux drôles de numéros. Mais alors, c’est qui le meilleur des 9 ?

Côté buteur
Sens du but et qualité de frappe

Edin Dzeko
Cinquante buts en 84 sélections, ça vous classe un buteur. Surtout quand il s’agit du buteur de la Bosnie-Herzégovine. Avec le brassard, il s’avance vers chaque rencontre internationale comme on entrerait sur le ring de l’honneur. Plutôt fier. En club, c’est une redoutable machine à marquer, une sorte d’assurance tous risques pour ses coaches à chaque début de saison, en forme de seuil de buts garanti. Mais c’est un poil en-dessous des statistiques diaboliques d’Higuain. Un petit point en moins.
8/10

Gonzalo Higuain
On peut ne pas tomber amoureux de son toucher de balle au premier contrôle mais on ne peut rien contre la véracité de ses chiffres. Higuain, c’est quand même 122 buts en 264 matches sous le maillot du Real Madrid et 91 en 146 rencontres avec le Napoli. Sans oublier ses 8 premiers sous le maillot de River Plate (en 17 matches), qui l’avaient popularisé en Europe alors qu’il n’avait pas encore 20 ans. Il ne fait pas dans la dentelle. Mais c’est du cousu main. 30 buts en 64 sélections, quand même.
9/10

Côté technique
Contrôle, dribbles et jeu en mouvement

Edin Dzeko
Il n’est pas le plus étonnant des techniciens, son mètre quatre-vingt-douze explique en grande partie cela. Mais il ne faut surtout pas le catégoriser grand échalas. Au contraire, ses contrôles de balle sont souvent sans fausse note et la qualité de ses premiers appuis est parfois bluffante, toujours par rapport à sa taille. Il est capable d’enchaîner un crochet court et une frappe sur un appui, par exemple. Surtout, il cadre, même en pleine course, même sans contrôle. Une menace permanente et une grande science des appels de balle.
9/10

Gonzalo Higuain
Il sait provoquer ou même enchaîner, sur plusieurs mètres, une course à haute intensité balle au pied. Mais ce n’est ni Lionel Messi, ni Sergio Agüero dans ce registre. Il reste pour autant un vrai bon joueur de ballon, capable d’évoluer en appuis-remises ou en « passe et suit », avec cette faculté de donner le ballon et de proposer une solution dans la foulée. Il reste par-dessus tout un vrai scientifique du poste, capable de se faire oublier comme personne mais aussi un expert du placement, du démarquage. C’est davantage un joueur de surface que Dzeko.
8/10

Côté mental
Hauts, bas et confiance en soi

Edin Dzeko
Ce n’est pas le cousin d’Emir Spahic, l’ancien Montpelliérain, tellement poète qu’il taclait en alexandrins quand il ne jouait pas des coudes, pour rien. Edin est un roc mais un mec bien. Le genre de joueur sur qui tout glisse. Jamais un mot plus haut que l’autre, un fair-play à toute épreuve et de la guimauve pour ses entraîneurs. Il n’a pas toujours rigolé à Manchester City ? 72 buts, quand même, sous le maillot bleu ciel. Il a trouvé refuge à Rome où il maintient ses standards affichés à Wolfsburg (85 buts et 35 passes décisives en 142 matches). Un mental d’acier.
10/10

Gonzalo Higuain
Bon, quand on claque un doublé dans un Superclasico et dans le monumental cratère du Monumental, à Buenos Aires, on ne craint pas grand-chose. Il l’a démontré depuis. Sous la pression permanente de Bernabeu, où il fut parfois chatouillé par une partie du public. Dans la fournaise de San Paolo, où il fut vénéré, avant de dire au revoir et merci droit dans les yeux des supporters, ou dans la remise en question permanente de la Juve aujourd’hui. Du 100% véritable. Quand il n’y a pas de point à enlever, il n’y a pas de point à enlever…
10/10

Côté expérience
A l’international, en club et en sélection

Edin Dzeko
Ils se sont croisés une fois, c’était au Brésil lors de la Coupe du monde 2014 et l’Argentine avait battu la Bosnie 2-1. Dzeko avait disputé l’intégralité de la rencontre, Higuain la seconde mi-temps. C’est une photographie en forme de symbole, qui traduit le manque de reconnaissance du grand Edin sur la scène internationale (3 matches de Coupe du monde, voilà pour ses seules rencontres de phase finale) mais aussi son impact au sein de sa sélection. Il est aujourd’hui capitaine, affichant 50 buts en 84 capes. Ça se pose là. Comme ses deux titres de champion d’Angleterre (avec City en 2012 et 2014), de champion d’Allemagne (avec Wolfsburg en 2009) et son titre de meilleur buteur de la Bundesliga en 2010.
8/10

Gonzalo Higuain
30 pions en 64 sélections pour « El Pipita », qui n’a jamais vraiment accroché un statut d’indéboulonnable dans la concurrence féroce des attaquants de l’Albiceleste. Entre Agüero et lui, c’est souvent un fauteuil pour deux aux côtés de Messi. Gonzalo cumule aussi trois titres de champion d’Espagne (en 2007, 2008 et 2012 avec le Real), 2 Supercoupes d’Espagne (2008 et 2012), une Supercoupe d’Italie (en 2014 avec Naples), une Coupe d’Italie (en 2014) et un titre de Capocannoniere en 2016 (toujours avec Naples). Une vitrine remplie par ses années Real, qui devrait gonfler encore à la Juventus. Et qui lui confère une légère domination sur Dzeko. Toute légère mais bien effective.
9/10

Côté physique
Jeu de corps, dos au but et à l’infirmerie

Edin Dzeko
Lui aussi est un beau bébé. Lui aussi est rarement blessé. On touche là, de toute façon, deux joueurs parmi les meilleurs spécialistes mondiaux du poste. Mais Dzeko est peut-être moins mobile qu’Higuain. Point de fixation central, c’est un attaquant qui permet à son bloc équipe de remonter quand il se trouve en position basse, un attaquant qui étire le pressing très haut en position haute. Un vrai harceleur, capable de toujours se situer, même dos au but. La palette complète, quoi, avec un ratio buts/matches plus élevé qu’Higuain cette saison dans le Calcio. Allez, pour l’ensemble de leur œuvre, on dit match nul !
8/10

Gonzalo Higuain
Son poids, ou plutôt cette sensation de surpoids, lui colle foncièrement à la peau. Lors de son arrivée à la Juve, Robert Prosinecki n’avait pas vraiment mis les formes pour parler des siennes : « La Juve a payé 90 millions pour un goret. Il est plus gros que moi. » Higuain, c’est un beau bébé qui tient sur ses appuis, un point de fixation sur lequel on peut s’adosser. Rarement blessé, il enchaîne les saisons à plus de trente matches en championnat. C’est aussi un indicateur de son hygiène de vie. Mais ce n’est pas le plus rapide, de loin, au royaume des numéros 9. Peut-être moins rapide que Dzeko, d’ailleurs.
8/10

Verdict
Edin Dzeko : 42/50
Gonzalo Higuain : 44/50

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