Équipe de France

Le débat : Didier Deschamps a-t-il raison d’incorporer autant de jeunes en bleu ?

L’arrivée de très jeunes talents chez les Bleus est-elle vraiment une bonne chose pour l’équipe de France ? Cela a constitué un dossier chaud au sein de la rédac’. Que l’on vous restitue !

OUI

C’est une évidence et il faudrait être complètement marteau pour ne pas l’admettre. La France d’aujourd’hui, c’est-à-dire de 2017, dispose de talents énormes. Ce serait un crime de s’en priver et on n’a surtout pas le droit de s’en passer. Désolé, messieurs les censeurs… C’est si fort, tellement joyeux et rafraîchissant, ces sortes de joyaux qui ne demandent qu’à éclore et briller, sous le soleil exactement. Dans ces conditions, il apparaîtrait comme une faute de ne pas les juger sur la valeur qu’ils affichent avec insolence au fil des semaines.
Dans ce concert sans faute note, il est facile – parmi la galerie de jeunes prodiges – de citer le jongleur-prestidigitateur Kylian Mbappé, qui rend le football si beau, qui propose toujours l’impossible, fatalement possible. Lui, évidemment, se situe ailleurs, dans une autre stratosphère. Mais dans ce tableau forcément idyllique, on pourrait également évoquer ses compagnons monégasques.
Au hasard mais pas par hasard, on annonce Thomas Lemar, l’aile tellement forte, flanc gauche du jeu de la Principauté, qui fluidifie tout ce qu’il approche, à son (si) jeune âge. Ou encore Tiémoué Bakayoko, avec son art de rendre simples les choses compliquées. Ils ne vous font pas rêver, ces jeunes-là ? Ils ne méritaient pas leur chance en équipe de France ? Franchement…
Des talents vivaces, pleins de vie, qui débordent d’une explosivité aussi démoniaque, ça ne vous interpelle pas ? D’ailleurs, le sélectionneur a fait son choix. Et c’est le bon. Et qu’on ne nous parle pas de leur manque d’expérience au plus haut niveau, avec des mômes (c’est vrai) qui, pour plusieurs d’entres eux, sont en train de recomposer l’Europe du foot. Avec leur envie, leur talent et ce qu’ils apportent en plus… Leur inexpérience ? Foutaise. Tous ceux-là ont montré qu’ils étaient au top niveau, dans les confrontations majeures, sur la grande échelle des compétitions européennes.
Bon, on aime aussi Ousmane Dembélé, le feu-follet de Dortmund, qui provoque des brûlures incandescentes dans toutes les défenses de Bundesliga. Et notre petit doigt devine quelques perles inconnues. On va encore vous confier que l’on suit, les yeux dans les yeux, Didier Deschamps dans sa quête d’un rajeunissement vivifiant. Le conservateur qu’il est n’a pas forcément opté pour ce schéma d’entrée. Mais le malin a fini par comprendre ce que les très jeunes pousses apportaient. Ce qu’elles étaient en mesure d’offrir en qualité et en valeur ajoutée.
C’est tout à l’honneur du boss de leur accorder sa confiance et c’est tellement prometteur pour la suite des événements. Que cette génération en or doit valoriser, pour nous amener jusqu’aux cimes. Vous ne croyez pas en eux ? Nous, si ! Et tant mieux s’ils bousculent la hiérarchie.

Roger Lewis / PLANETE FOOT

NON

OK, on ne va pas ici remettre en cause les racines basques de Didier Deschamps, de Bayonne, et cette idée du sens de l’obstination : « DD » l’opiniâtre, on connaît. « DD » le monstre de compétition, on connaît. « DD » droit dans ses bottes aussi. Mais là, quand même… L’idée que le sélectionneur ait surfé sur la vague et succombé à l’effet de mode n’est pas loin, dans l’écume du jour.
Alors bien sûr, le moment s’y prêtait. Les Bleus ont passé l’hiver au chaud, bien calés en tête de leur groupe de qualif’, et le seul match important de mars, le déplacement au Luxembourg, avant une réception de prestige mais sans conséquence sur l’après, contre l’Espagne, était un rendez-vous idéal pour voir de nouveaux visages, revivifier le groupe et faire bouger les lignes. Mais là, quand même…
Deschamps a cassé les lignes. Cinq Monégasques + cinq Parisiens, passe encore. L’hégémonie de ces deux-là sur la scène de la Ligue 1 est bien réelle et ils sont craints, dorénavant, en Europe – même si on ne pensait pas s’étouffer un jour et à ce point avec une bonne crème catalane et que l’on ne tirera jamais assez les oreilles parisiennes. Mais quand même… Pour sa première liste de 2017, Didier Deschamps a aussi convoqué treize joueurs de moins de 25 ans et quinze de Ligue 1. Ça s’appelle un sacré coup de polish’ !
Et tout ça à un an de la Coupe du monde en Russie. Pour peu qu’ils valident leur billet, les Bleus seront parmi les favoris. Là, c’est un grand coup de serpe. Un grand chambardement. OK, les jeunes pousses donnent envie et l’arrivée de Tiémoué Bakayoko coïncide avec le forfait de Paul Pogba. Deschamps répète à l’envi qu’il manque de temps, que le football international, c’est l’échéance brute, la pression du résultat en plus de la manière, et voilà qu’il cisaille tout à quinze mois de la Coupe du monde.
Les Bleus surfaient, depuis l’Euro, sur une feuille de route pleine de cohérence et d’homogénéité. Ils avaient trouvé un certain sens de l’équilibre entre la défense en bloc et l’animation offensive. Et voilà tous les repères de l’automne qui s’envolent aux premières rafales de pollen…
Le groupe était jeune au Brésil en 2014. La carapace s’est épaissie avec une deuxième phase finale, l’an passé, vécue à l’Euro. On imaginait bien une équipe de France dans la force de l’âge en Russie, dans un an. On imaginait un groupe épanoui et rendu plus fort par une notion qui ne s’achète pas : l’expérience. Il faut de tout pour partir à l’aventure, il faut de l’expérience pour aller loin. Rappelez-vous France-Allemagne. Non, pas celui de Marseille 2016, celui de Rio 2014.
Une faute inutile du jeune Pogba à trente mètres des buts et le jeune Raphaël Varane qui se fait prendre à l’expérience par Mats Hummels. 1-0, fermez les valises, retour à la maison. Ouvrir le groupe, oui, mais dans de telles proportions, à un an de l’échéance suprême… On sait que « DD » préfère le padel. Mais la vague interpelle quand même. Gare à la baïne.

Mathieu Delattre / PLANETE FOOT

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