Équipe de France

Kylian Mbappé rentre à la maison (2)

180 millions de transfert, sans compter les bonus, à 18 ans, cela fait 10 patates (bien épluchées à ce tarif) par année sous les bougies du gâteau d’anniversaire. C’est évidemment le plus colossal transfert de l’histoire pour un joueur français. Dont voici les arcanes les plus secrètes.

Comment ils ont contourné le fair-play financier
Une fois que les Monégasques ont accepté ou plutôt se sont résignés, bien à contre-cœur mais à un tarif qui a quand même mis du baume audit cœur, à laisser filer leur joyau à Paris, encore fallait-il, pour entériner la transaction sans risque, que le PSG reste dans les clous du fair-play européen et ne se fasse pas rattraper par le gendarme financier, qui aurait eu la main lourde après avoir déjà sanctionné le club francilien pour ce motif il y a trois ans (le club avait écopé d’une forte amende, avait vu son nombre de joueurs inscrits en Ligue des champions limité à 21, au lieu de 25 normalement, et son enveloppe « Arrivées » plafonnée à 50 millions de dépenses). Encore plus après les 222 millions d’euros investis quelques jours plus tôt sur Neymar, qui avaient déjà beaucoup fait causer dans le Landerneau du foot. Et même provoqué un petit séisme de stupeur chez les grands de ce monde.
Bien sûr, comme pour le Brésilien, tout un bataillon d’avocats a été réquisitionné. L’idée première, pour rendre la pilule plus douce ou moins amère, c’est comme on veut, a été d’inclure un joueur parisien dans la transaction. Problème : dans les choix possibles, ceux susceptibles d’intéresser l’ASM n’étaient pas enclins à se poser sur la Riviera et ceux qui auraient volontiers pris la route de la Principauté n’avaient pas la cote auprès des gens de la Côte.
Devant l’urgence – il fallait régler l’affaire dans les délais impartis -, les partis ont finalement opté pour un prêt avec option d’achat non obligatoire (mais on peut imaginer, vu les sommes en jeu, que des documents ont été signés sous seing privé pour garantir le paiement des 180 millions l’été prochain). L’avantage pour Paris ? Simple : cette somme – les 180 millions – sera à son débit pour l’exercice 2018-19, et non dès cette saison, ce qui change beaucoup de choses. Quant à savoir si la manœuvre constituait vraiment la solution miracle, on le saura lorsque la brigade financière du foot européen aura rendu son verdict sur les cas Neymar et Mbappé.

Paris le pistait déjà il y a longtemps
On a souvent raillé le PSG pour sa propension à ne pas repérer et à laisser filer sous d’autres cieux les talents en herbe qui poussent dans son formidable vivier, dans cette extraordinaire pépinière qu’est l’Ile-de-France catégories jeunes. De Thierry Henry à Paul Pogba en passant par N’Golo Kanté et tant d’autres, c’est une hémorragie. Ce n’est pourtant pas vrai dans le cas de Kylian Mbappé. Les scouts parisiens, lui, l’ont remarqué très jeune, lorsqu’il évoluait à l’AS Bondy, dans le 9-3, à quelques encablures du périph’. Haut comme trois pommes mais toujours surclassé. Il n’avait même pas 10 ans. Trop bien dans le club de son enfance, il avait tranché : la proposition de rejoindre le club phare avait été poliment rejetée.
Plus tard, après que le gamin eut fait ses classes à l’INF Clairefontaine et alors que les grands d’Europe commençaient à lui tourner autour (et aussi, en France, Caen, Lens ou Monaco), Paris, avec de la suite dans les idées, a de nouveau tenté sa chance. Sans davantage de réussite. Après avoir longtemps flirté avec Caen, Kylian et sa famille optent finalement pour Monaco. Le troisième essai parisien, juste avant que le bébé star ne signe son premier contrat pro à l’ASM, sera tout aussi infructueux. Il aura donc fallu mettre 180 millions d’euros sur la table pour voir enfin le prodige rejoindre la région de son enfance dans le costume d’un footballeur professionnel.

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