Équipe de France

Kylian Mbappé rentre à la maison (1)

180 millions de transfert, sans compter les bonus, à 18 ans, cela fait 10 patates (bien épluchées à ce tarif) par année sous les bougies du gâteau d’anniversaire. C’est évidemment le plus colossal transfert de l’histoire pour un joueur français. Dont voici les arcanes les plus secrètes.

Comment Paris a grillé la concurrence
Cela paraissait clair et net, aussi précis que concis : quand le board monégasque a entériné, au printemps dernier, le départ de Bernardo Silva vers Manchester City, il s’est empressé d’affirmer qu’il était hors de question de laisser aussi filer Kylian Mbappé. Niet ! Mieux, il plaçait sa pépite de 18 ans au cœur du projet monégasque, dans le rôle de la tête de gondole, en compagnie de Radamel Falcao. Et comme geste fort, surtout au niveau du symbole, le gamin de Bondy troquait son maillot n°29 pour le prestigieux n°10. Une manière de le valoriser et aussi de tenter de calmer les ardeurs des cadors européens, très actifs sur le dossier, à commencer par le Real Madrid et Paris, certainement les plus incisifs et les plus déterminés dans le recrutement du jeune prodige.
Un été en pente douce ? Cela n’a pas duré longtemps. Les premières brumes matinales sont apparues quand il a été question de la revalorisation salariale du contrat de l’attaquant funambule. Le clan Mbappé a tapé très fort et exigé que les émoluments de son protégé soient alignés sur la grille la plus haute des salaires en vigueur à l’ASM (c’est-à-dire Falcao). Là, les dirigeants monégasques, au bord de l’apoplexie, ont d’abord laissé traîné les choses avant, peu à peu, de se résoudre à l’idée d’un départ anticipé. Mais comme il n’était pas question de renforcer la concurrence directe – le PSG –, ce serait la Maison Blanche madrilène, prête à investir 160 M€ plus 20 millions de bonus dans la transaction, qui tirerait les marrons du feu.
Cette perspective a d’abord eu les faveurs de Kylian, fan du club quand il était gamin et qui avait visité ses installations à 14 ans. Avant un revirement de position, à 180 degrés. Finalement, non, ce ne serait pas le Real mais le PSG à tout prix (sans mauvais jeu de mots). Une volte-face probablement motivée par trois facteurs. Primo, la crainte de voir sa progression freinée et son horizon barré par la fameuse « BBC » (le trio Christian Bale-Karim Benzema-Cristiano Ronaldo) en Espagne, sans assurance de pouvoir en déloger un des trois (Bale) à courte échéance.
Deuxio, le fait que Paris ait mis des arguments chocs et sonnants dans la balance, comme son nouveau salaire négocié, dit-on, autour des 18 M€ brut par an ! De quoi, effectivement, étourdir et faire tourner la tête. Enfin, tertio et là, on revient aux choses du terrain, l’arrivée de Neymar dans la capitale valorise à 200% aux yeux de tous, à commencer par Mbappé, le projet parisien et crédibilise l’objectif ultime des dirigeants : remporter la Ligue des champions.
La décision du joueur étant irrévocable et malgré le niet initial de l’ASM à la piste parisienne, l’affaire – après un bras de fer pour la forme – était entendue. En fait, la dernière question était de savoir comment Paris allait pouvoir rester dans les clous du fair-play financier après ce nouveau transfert à des altitudes jamais atteintes. La solution miracle a été trouvée et Kylian revient donc dans la région de son enfance. En grandes pompes.

Comment il peut jouer au PSG
Avant d’entamer le débat, il y a deux facteurs à prendre en compte. D’abord, savoir que Kylian Mbappé a comme position préférentielle le poste de deuxième attaquant qu’il occupait, la saison dernière à l’ASM, dans un 4-4-2, auprès de Falcao, après avoir repoussé Valère Germain vers le banc. Ensuite, se souvenir que depuis le début de la saison, Unai Emery n’a jamais dérogé à son 4-3-3 devenu fétiche. Incompatible ? Non, tout est question d’adaptabilité. Voyons ça dans le détail.
Première hypothèse : l’entraîneur parisien persiste en 4-3-3. Au milieu, on garde les mêmes, avec Thiago Motta en pointe basse, entouré de Marco Verratti et Adrien Rabiot. Devant, idem, sauf pour Mbappé qui se substitue, dans ce schéma, côté droit, à Angel Di Maria. Les trois de devant ont bien sûr le droit de permuter, ce qu’il ne manqueront pas de faire, avec un petit bémol. Si Neymar, comme Mbappé, aime se recentrer, Edinson Cavani, pour sa part, a une préférence naturelle, dans ce cas : se déporter sur l’aile gauche. Il s’agit d’ailleurs d’un poste qu’il a souvent occupé lorsque Zlatan Ibrahimovic squattait la pointe de l’attaque parisienne.
Deuxième option. On passe en 4-4-2 avec l’ancien Monégasque en pointe aux côtés de Cavani, Neymar à gauche et Di Maria, qui conserve sa place de titulaire, son pendant à droite. A la récup’, Verratti et Rabiot (plutôt que Thiago Motta) partent avec les faveurs du pronostic. Même si cela briderait probablement le jeune international français dans ses élans offensifs, où il est susceptible d’énormément apporter. Pas en Ligue 1, où Paris dispose d’une grosse marge de manœuvre, mais sans doute lors des matches de gala de Ligue des champions.
Dernière possibilité, pas la plus plausible, à ne pas négliger. Toujours en 4-4-2, seul changement, Neymar et Mbappé intervertissent leurs rôles.

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