Équipe de France

Kylian Mbappé : « Je suis un affamé de titres »

Il déboule au milieu des stars parisiennes comme s’il y avait toujours gambadé. « Bienvenue chez toi », y est même allé Nasser Al-Khelaïfi, lors de sa présentation officielle. Le kid Kylian de Bondy allait régulièrement au Parc enfant. Aujourd’hui, il l’illumine aux côtés de Neymar. Et avec le sourire. La preuve !

PLANETE FOOT : Après ce transfert retentissant et ton arrivée tardive à Paris, tu as finalement disputé ton premier match au Parc des Princes contre Lyon (victoire 2-0 du PSG au soir de la 6e journée). Un choc de la Ligue 1. Comment s’est-il déroulé pour toi ?
Kylian MBAPPÉ :
Ce fut une belle première pour moi au Parc. Un match compliqué, parce que nous sommes tombés sur une bonne équipe. Mais je crois que nous avons montré qu’on pouvait faire de belles choses ensemble.

PF : Tu n’as pas marqué mais même quand tu ne marques pas, on retient ton sourire. C’est un tic ou quoi ?
K.M. :
Non mais je prends beaucoup de plaisir. J’apprends, je dois encore beaucoup progresser et si j’avais quelques appréhensions en arrivant dans un vestiaire de stars, j’ai découvert un groupe qui vivait vraiment bien. Il y a beaucoup de Brésiliens, des gens qui sont de bonne humeur au naturel. Ça aide !

PF : C’est à ce moment-là, quand tu as pénétré dans le vestiaire, que tu t’es dit : « Ça y est, je suis un joueur du PSG » ?
K.M. :
Non, c’est à ce moment-là que j’ai ressenti l’appréhension. (Il sourit) Mais ça n’a pas duré. C’est un tel plaisir pour moi de rejoindre le Paris SG !

PF : Pourquoi ?
K.M. :
Parce que c’est l’un des meilleurs clubs du monde et qu’il est extrêmement ambitieux. Paris souhaite devenir le meilleur et ne se contente pas de le vouloir. On sent bien qu’ici, on réunit tous les ingrédients pour aller au bout du projet. Au-delà de cet aspect sportif, ça me tenait à cœur de ne pas quitter la France après six mois au plus haut niveau. Là, je rentre chez moi, dans ma ville, là où je suis né, où j’ai grandi. J’en profite d’ailleurs pour remercier ma famille. Mon père, ma mère et tout mon entourage, qui ont su me guider jusqu’à présent. J’espère qu’ils resteront à mes côtés encore longtemps. Merci à mes avocats, aussi : je sais qu’ils ont eu un peu mal à la tête sur les dernières semaines du mois d’août mais c’était pour une bonne cause et je veux leur dire merci.

PF : En fin de saison dernière, quand tu fêtes le titre de champion avec Monaco, on a le sentiment que tu vas rester. On se trompe ?
K.M. :
Non. Pour être franc, quand j’ai fini la saison dernière, j’étais vraiment dans l’optique de rester à l’ASM. J’avais donné ma priorité à Monaco. Mais il y a eu certains événements qui m’ont fait changer d’avis. Des choses ont modifié ma position, sur lesquelles je n’ai pas envie de communiquer pour l’instant. J’ai alors beaucoup discuté avec ma famille et j’ai pris la décision de rejoindre le PSG. C’était le meilleur choix pour moi. C’était le projet qui allait me permettre de me développer. De pouvoir apprendre tout en gagnant. C’est bien beau d’apprendre mais il faut aussi gagner. Une carrière, ça passe vite. Je suis un affamé de titres, un compétiteur qui veut sans cesse gagner. Jour après jour. Et dès maintenant.

PF : La perspective de jouer avec Neymar a-t-elle fait pencher la balance ?
K.M. :
Non parce que le PSG était un club qui m’intéressait déjà avant qu’il ne signe. On avait entamé les discussions. Bien sûr, Neymar représente un avantage supplémentaire. C’est juste extraordinaire de pouvoir évoluer à côté d’un joueur de cette envergure. Mais il y a un projet, derrière tout ça, qui faisait que j’étais déjà séduit avant.

PF : As-tu eu, avant de signer, des entretiens avec le coach, Unaï Emery, des assurances ?
K.M. :
J’ai eu l’occasion d’échanger avec lui, bien sûr, mais ce n’était absolument pas pour obtenir des garanties. J’ai surtout découvert quelqu’un qui avait une philosophie de jeu très claire. Il a été hyper précis sur ce qu’il attendait, ce qu’il comptait faire de moi et comment il voulait m’utiliser. J’ai passé un super moment parce que c’est un coach qui parle football, qui maîtrise son sujet et qui transmet de la passion. Quand deux passionnés se rencontrent, il y a une connexion immédiate.

PF : Il t’a expliqué où il voulait te faire jouer ?
K.M. :
Il m’a dit que je pouvais évoluer à plusieurs postes en attaque. Donc, qu’il pouvait y avoir une certaine rotation, sans rien de définitif.

PF : Et toi, tu préfères jouer où ?
K.M. :
C’est dur de répondre à cette question parce que mes formateurs ne m’ont jamais laissé deux années consécutives au même poste… Dès le départ, ils voulaient que je sois le plus complet possible. Donc, j’ai cette habitude de changer, de ne pas me fixer. J’ai fini dans l’axe à Monaco la saison dernière, donc je serais tenté de dire dans l’axe. Mais je répondrai peut-être autre chose à la fin de cette saison…

PF : Tu as changé de galaxie cet été. Comment le vis-tu ?
K.M. :
Je pense que ma famille et mes formateurs, encore eux, m’ont préparé à toutes les éventualités. La carrière d’un footballeur n’est pas lisse. Aujourd’hui, bien sûr, tout se passe bien mais il y a eu des moments difficiles aussi pour en arriver là. On peut penser à mon été mouvementé. Mais lorsque tu te prépares, ce n’est pas que pour les bons moments. Etre moins bien, critiqué, ça fait aussi partie du métier. Il faut s’adapter. C’est le football.

PF : 180 millions d’euros, n’est-ce pas trop lourd à porter ?
K.M. :
La question revient souvent et je fournis toujours la même réponse. Ce n’est pas moi qui gère tout ça. Ce n’est pas mon métier, ce n’est pas quelque chose qui me regarde. Le prix, pour moi, est anecdotique. Ça ne va pas changer ma manière de vivre, de penser et encore moins de jouer. L’argent n’est pas sorti de ma poche, il ne va pas dans ma poche… Ce n’est pas quelque chose qui va me tracasser. Au contraire, jouer avec des joueurs comme ça, ça va me libérer davantage.

PF : Quelles sont tes ambitions cette saison ?
K.M. :
Je suis un joueur qui veut sans cesse s’améliorer. Donc, je veux faire mieux que la saison dernière mais l’objectif va bien au-delà. Mes défis individuels doivent se fondre dans l’objectif collectif et l’objectif collectif, c’est de tout gagner. Remporter des titres, c’est ce qui m’anime et qui me fait avancer. Je suis convaincu qu’avec beaucoup de travail, de respect et d’humilité, on pourra atteindre nos objectifs et réaliser le rêve de remporter la Ligue des champions.

PF : Tu es l’un des plus jeunes joueurs de l’équipe et un titulaire. Comment le vis-tu ?
K.M. :
J’arrive… Peut-être avec un statut particulier mais j’arrive dans un vestiaire où j’ai le palmarès le plus maigre. Donc, il faut se faire tout petit et commencer par apprendre. J’ai beaucoup à apprendre des joueurs qui sont là. Ils ont tout gagné aux niveaux national et international. Il s’agit d’une expérience enrichissante pour moi.

PF : Ta mère t’amenait à l’entraînement à Monaco. Des nouvelles de ton permis de conduire ?
K.M. :
Euh… Là, il y a eu des complications. J’ai mis ça en stand-by. Mais je vais reprendre très rapidement. Pour l’instant, le club m’a mis un chauffeur à disposition, c’est bon.

PF : Dernière question, Kylian. Pour toi, l’enfant de Paris, que représente le Parc des Princes ?
K.M. :
C’est quelque chose de particulier parce que j’y allais régulièrement tout petit. J’étais un amateur de foot. Et à Paris, il y a deux stades : le Stade de France et le Parc des Princes. La particularité du PSG, c’est qu’il n’y a qu’un seul club dans la ville, ce n’est pas comme dans les autres grandes cités européennes. Un Parisien de naissance qui grandit ici se dirige tout naturellement vers le PSG. Pour moi, le Parc, c’était le stade de la ville, là où j’allais quand j’avais assez d’argent de poche. En plus, mon frère jouait contre le PSG. J’y allais dès que je pouvais, en fait.

Kylian, c’est Donatello à Paris
A peine arrivé, déjà adopté ! Le vestiaire parisien – enfin, surtout Presnel Kimpembe – n’a pas tardé à trouver un surnom au numéro 29 et à le faire savoir. Kylian Mbappé a donc été rebaptisé « Donatello » en référence aux célèbres Tortues Ninja. Donatello, c’est l’intello dans la bande. « On lui a donné ce surnom parce qu’il ressemble un peu à une tortue », a argumenté Adrien Rabiot. Et à Henri Salvador, aussi…

On a frôlé le pire à Glasgow…
Pour son baptême en C1 avec Paris, à Glasgow, Kylian a failli perdre le sourire. Alors que le PSG dominait outrageusement le Celtic et menait déjà 3-0 au tableau d’affichage (5-0 au final), un « fan » écossais a traversé tout le terrain en direction du Parisien et a tenté de l’atteindre à coups de pied. Peine perdue. Essai raté et immobilisation directe par le personnel de sécurité. Mais ça aurait pu moins rigoler…

180 millions pour un retour aux sources
Kylian était aux côtés du président Nasser Al-Khelaïfi lors de sa présentation officielle. Derrière, une photo d’archives. Les explications du patron : « Il était impossible qu’il ne reste pas en France. Il n’a que 18 ans mais il est déjà connu dans le monde entier. Sur la photo derrière nous, il était là, sur la même chaise, ici en 1999. Paris, c’est sa ville et le PSG, c’est son club de cœur. Kylian, bienvenue chez toi ! » Les présentations étaient faites.

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