Équipe de France

Kingsley Coman, le barbare

Barbare, oui, mais seulement pour son envie de monter toujours plus vite, toujours plus haut. En club comme en sélection. Attention, ça décoiffe !

Le ton a été donné dès sa première conférence de presse, à son premier stage en équipe de France, lors du rassemblement de novembre, avant les matches contre l’Allemagne et l’Angleterre. Kingsley Coman y a déboulé du haut de ses 19 ans. On aurait pu l’imaginer effarouché, ayant préparé un discours bien policé et appris par cœur, du style : « Je découvre. Tout cela me paraît incroyable. Je ne réclame surtout rien. Je veux juste voir, écouter, apprendre auprès de ces joueurs si talentueux. J’ai déjà tellement de chance de me trouver parmi eux… » Et patati, et patata.
Sauf que ça, ce n’est pas du tout lui. Kinsley, dans la vie comme dans sa tête, c’est un peu comme sur le terrain : une sorte d’ouragan prêt à tout emporter sur son passage. Extraits de la fameuse conf’ du débutant en bleu : « Je viens pour tout casser ! L’équipe de France, c’est tellement grand… Mais je ne suis pas plus impressionné que lorsque j’ai débarqué à la Juve ou au Bayern Munich. Je ne pense pas avoir plus de pression qu’en club. Je suis tellement heureux de disputer des gros matches ! Je travaille, je me bats pour ça depuis tout petit. Alors, au moment où j’ai la chance de toucher ce niveau, je ne vais pas commencer à avoir peur. De toute façon, je sais ce que je veux et où je veux aller. »
Il sait aussi ce qu’il ne veut pas. Pas du tout satisfait de son statut « de petit jeune » au PSG, il a claqué la porte, il y a deux ans. Direction la Juventus Turin. Une petite année seulement. « Mais en Italie, j’ai un peu joué et beaucoup appris, notamment au niveau de l’intensité des entraînements. Si j’ai choisi de partir, c’est parce que j’estimais que le style du Bayern Munich et le positionnement qu’on me proposait, à droite ou à gauche de l’attaque, convenait mieux à mes qualités. »
Tout juste, l’ami. Au milieu du parterre de stars bavaroises, le jeunot a tracé son sillon. A toute vapeur, comme d’hab’. Buteur, passeur décisif, le Parisien de naissance laisse s’exprimer, sous le fameux maillot rouge, sa technique, son art du dribble et des changements de direction, sa percussion, sa vitesse, évidemment, à laquelle il est encore capable d’apporter, lancé, une pointe d’accélération, pour achever le défenseur sur son paletot ainsi que le travail.
On a en mémoire ce fameux 8e de finale retour de Ligue des champions, en mars, face à la… Juve, où il a complètement renversé la tendance dans une rencontre vraiment mal embarquée (quand il est entré à l’heure de jeu, le Bayern était mené 2-0 sur sa pelouse et donc éliminé). Un but, une passe décisive, une avant-dernière passe et quelques raids de folie plus tard, les Pep Guardiola boys s’imposaient 4-2 après prolongation. L’artiste était passé par là, avec ses fulgurances, de manière ébouriffante.
Chez les Bleus, à l’Euro, on l’imagine plutôt dans ce rôle de joker, celui qu’on lance quand la situation paraît cadenassée, quand il s’agit de faire voler en éclats les verrous qui résistent à toutes les tentatives. Enfin, on l’attend dans ce rôle au début de la compétition, au moins. Parce qu’avec lui, tout va si vite…
« Il s’agit d’un talent hors norme », s’enthousiasme Didier Deschamps. Un garçon qui a été désigné « Meilleur joueur de moins de 20 ans » par le quotidien transalpin « La Gazzetta dello Sport ». Au fait, ses 20 ans, il les fêtera le 13 juin, trois jours après l’ouverture du tournoi contre la Roumanie. Qu’il ne souffle pas trop fort sur les bougies, sinon l’ouragan pourrait faire valdinguer le gâteau…

PROFIL
Ailier droit ou ailier gauche
Né le 13 juin 1996 à Paris
20 ans
1,78 m, 71 kg
Club : Bayern Munich (Allemagne)

VISA
3 sélections, 1 but
Première sélection : le 13 novembre 2015 à Saint-Denis, France-Allemagne 2-0 (amical)
Sélectionneur : Didier Deschamps
Expérience à l’Euro : 0 match
SA SAISON INTERNATIONALE 2015-16 : 3 matches, 111 minutes jouées, 1 but
SITUATION PERSONNELLE
Prêté pour deux ans par la Juventus au Bayern l’été dernier, Kingsley veut non seulement rester en Bavière mais aussi obtenir rapidement un transfert définitif. « Oui, c’est mon souhait. J’aimerais continuer longtemps ici », déclarait-il cet hiver. Appel probablement bien entendu et bien reçu par les dirigeants munichois. Pour qui il « suffit », maintenant, de lever l’option d’achat, fixée à 21 millions d’euros.

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