Équipe de France

Kevin De Bruyne, d’aventures en aventures…

Découvert à Genk, adoré en Allemagne, blacklisté par José Mourinho à Chelsea, adoubé par Pep Guardiola à City et élément essentiel des Diables Rouges : voilà le parcours peu commun de notre Tintin en culottes courtes. Une histoire belge ? Pas seulement.

Regardez-le, hier comme aujourd’hui. Regardez-le. Il n’a pas changé. Dorénavant, sous le maillot bleu ciel de Manchester City, dans ses jeunes années au KRC Genk. Regardez-le. Il reste le même, avec ce visage de poupin. Kevin De Bruyne a toujours cette tronche de môme, un brin diaphane que l’on imagine facilement se mettre à rougir très fort à la moindre contrariété. Regardez-le, ce sacré garnement qu’il est resté. Regardez-le et voyez comment il a tracé son chemin.
Bon, avec lui, rien n’est jamais forcément facile. Il s’agit d’un caractère fort sous sa carapace rousse. Depuis l’enfance, il a montré son sacré carafon. Quand il a quitté le toit parental et son village de Tronchiennes, sur les bords apaisants de la Lys, à 14 ans, pour rejoindre le KRC Genk, la famille d’accueil qui l’a pris en charge en a bavé. Elle se souvient encore qu’il pouvait vite se mettre en pétard et partir au quart de tour. « Je n’étais qu’un adolescent, s’est depuis justifié le joueur, et c’est vrai que la première année a été très compliquée. Tu te sens un peu tout seul, désorienté, un peu perdu. Bien sûr, j’étais dans une famille d’accueil mais ce n’était pas vraiment ma famille. D’un autre côté, cette expérience loin des miens m’a endurci et rendu plus fort sur le plan mental. »

Duo de feu avec Thibaut Courtois
Eclosion ultra-rapide. Une fois le spleen surmonté, Kevin ne passe que trois saisons dans les équipes de jeunes, avant de signer, à seulement 17 ans, son premier contrat professionnel. A même pas vingt piges, il cueille ses premiers lauriers en remportant le championnat de Belgique en compagnie d’un certain Thibaut Courtois au poste de gardien de but. Et déjà, ses performances et ses stats attirent l’attention.
Cette saison-là, le jeune De Bruyne a disputé 32 rencontres de Jupiler Pro League, inscrit 5 buts et offert 7 passes décisives. Sa vitesse, sa technique, son culot et sa vision émoustillent l’œil des recruteurs, avec une exposition d’autant plus importante que depuis août 2010 – alors qu’il vient de souffler sur ses dix-neuf bougies -, il est devenu un Diable Rouge de la sélection alors drivée par Georges Leekens.
Dans la course à la poursuite de notre Tintin en culottes courtes (de Genk), ce sont les Blues de Chelsea qui se montrent les plus prompts. Ils dégainent leur liasse de billets au mercato d’hiver 2012. Pour huit millions d’euros et un contrat de 5 ans et demi, la jeune pépite belge passe en Angleterre. Enfin, pas tout de suite puisque le joueur est laissé, jusqu’à la fin de la saison, en prêt à son club formateur, qui termine le championnat en troisième position. Et pas l’été suivant, non plus, puisque José Mourinho, arrivé aux manettes de la formation londonienne, opte pour un nouveau prêt. Ce sera en Bundesliga et au Werder Brême.

Le « Mou » n’est pas fan…
Klaus Allofs, qui a fini sa carrière dans le club de Basse-Saxe, avant d’embrayer, un peu plus tard, sur un poste de directeur sportif au même endroit, en conserve un souvenir ému. « En fait, quand il a débarqué chez nous, on le suivait déjà depuis un certain temps. On avait envoyé nos scouts scruter le football belge et lui avait quelque chose de vraiment spécial. Tous les rapports le concernant étaient très positifs. Mais bon, on ne pouvait pas, à tous les niveaux, s’aligner sur la proposition de Chelsea. Maintenant, quand l’opportunité du prêt s’est présentée, on n’a pas hésité une seconde. De Bruyne, il a tout. Il cherche toujours à faire la différence. Il aime le jeu, il est ambitieux, il ose prendre des risques. Ce gars sait tout faire. » Il se met l’Allemagne in the pocket, le chenapan, avec ses 10 buts et 9 passes décisives en 33 matches de championnat et devient un Diable incontournable en équipe nationale.
Cela ne change pas fondamentalement son statut à Chelsea. Le « Mou » n’en est pas fan. Et à l’intersaison 2013, le manager portugais, qui ne rêve que d’André Schürlle, veut placer Kevin dans la transaction avec le Bayer Leverkusen. Là, on ne l’a pas vu mais on est sûr que le rouquin au visage diaphane est devenu tout rouge. Il refuse catégoriquement le deal. Etrangement – les voies du « Special One » sont parfois totalement impénétrables -, Mourinho fait débuter son banni lors de la 1ère journée de championnat contre Hull City. Le Belge – une passe décisive pour une victoire 2-0 – est désigné « Man of the match » avant d’être vite fait relégué sur le banc, quand ce n’est pas en tribunes.
Ça sent le sapin pour De Bruyne, qui voit avec inquiétude l’échéance de la Coupe du monde do Brazil se rapprocher, échéance qu’il ne veut sous aucun prétexte manquer. « Les choses auraient peut-être été différentes à Chelsea si le club m’avait payé 50 millions et pas 8. J’aurais pu avoir un autre statut et jouer davantage. De toute façon, José Mourinho ne m’a jamais fourni d’explications sur ma situation. On ne me disait rien. » Alors, tope-là, on bâche l’histoire et on ferme le livre. Il part sans regret : « Parce que cela m’a servi pour plus tard. Même si j’étais un peu frustré, j’ai appris de cette période. Je ne la renie pas. Je me suis même fait de très bons potes. »

Enorme à Wolfsburg
Pour près de 22 millions d’euros, Kevin est transféré au VfL Wolfsburg en janvier 2014. Le teigneux roux, d’un coup complètement libéré, va s’y éclater comme un fou et tout éclater. Avec des statistiques effarantes et des matches de folie. Dans l’ambiance façon aphrodisiaque de la Bundesliga, il pulvérise tout sur son passage. Sa saison 2014-15 ? Elle est simplement gigantesque, énormissime ou tous les adjectifs que vous voudrez.
Avec 27 passes décisives, si joliment ciselées, il termine, dans un fauteuil, meilleur passeur européen, largement devant Lionel Messi (18), Dimitri Payet et Cristiano Ronaldo (16). Il a saupoudré le tout, avec délectation, de 16 buts. Pour satisfaire son appétit de loup chez les Loups de Wolfsburg, il a aussi été élu, repoussant très loin la concurrence, meilleur joueur d’Allemagne, avec, s’il vous plaît, 52,5% des suffrages. Son dauphin, Arjen Robben, a recueilli 23,5% des voix. Une Coupe et une Supercoupe d’Allemagne vont encore enrichir son panier, (bien) garni de délicieuses victuailles. Du sucré, du salé : il y a de tout avec lui. Et tout est goulûment bon. Miam, miam !
Et cette fois, c’est lui qui vaut cher. Juste avant la fermeture du mercato estival 2015, De Bruyne, dorénavant chassé par toute la planète foot, est transféré chez les Citizens de Manchester pour une somme avoisinant les 75 M€. Un nouveau record pour un joueur belge. C’est sous les ordres de Manuel Pellegrini qu’il débute sa carrière mancunienne. Première saison accomplie : 41 matches, 16 buts et 12 passes décisives s’inscrivent à son compteur (avec un apport cruellement décisif en quarts de finale de la Ligue des champions, face à Paris).

Pep le place tout en haut, derrière Lionel Messi
Avec Pep Guardiola, arrivé l’été dernier, à la tête de l’équipe, il n’a rien perdu de son aura. Au contraire. L’entraîneur catalan, qui l’a déplacé au fil de ses intuitions sur l’échiquier de son terrain de jeu (ailier, électron libre, relayeur…), déclarait à propos de son protégé, après un match totalement abouti contre Bournemouth : « Evidemment, là-haut, Lionel Messi est tout seul. Mais, lui mis à part, Kevin peut prétendre faire partie des meilleurs joueurs du monde. Il est incroyable. Il sait tout faire. Sans le ballon, il est le premier à se battre et quand il l’a, il se montre clairvoyant. Il voit absolument l’essentiel et prend, à chaque fois, la bonne décision. C’est pour cela qu’il s’agit d’un joueur d’un autre niveau. » Qui, lui-même, ne se fixe pas de limites parce que, avance-t-il, il ne les connaît pas. Nous non plus.

Diable Rouge de plaisir
Il n’a que 25 ans (26 fin juin), a déjà atteint les 50 sélections et assure qu’il espère doubler son capital capes d’ici la fin de sa carrière. C’est-à-dire devenir un centenaire des Diables Rouges. Parce que Kevin De Bruyne, cette équipe, il l’a dans la peau. Marqué au fer… rouge ! « Le club, bien sûr, c’est très important, mais porter les couleurs de ton pays est toujours quelque chose de très particulier. C’est différent. Vraiment spécial. » Et « KDB » de fixer un rendez-vous : « D’abord, il faut qu’on se qualifie pour la Coupe du monde en Russie. Si c’est le cas, comme je le souhaite, j’espère que nous pourrons mettre tout bout à bout pour aller loin. » Jusqu’au bout ? Il nous semble que cette idée doit diablement lui trotter dans un coin de la tête…

Palmarès
• 1 Supercoupe de Belgique avec Genk en 2011
• 1 Championnat de Belgique avec Genk en 2011
• 1 Supercoupe d’Allemagne avec Wolfsburg en 2015
• 1 Coupe d’Allemagne avec Wolfsburg en 2015
• 1 Coupe de la Ligue anglaise avec Manchester City en 2016

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