Équipe de France

Julien Féret, le trentenaire rugissant

Après un début de saison cauchemardesque, le meneur de jeu caennais Julien Féret a paru complètement transformé. Passeur décisif mais aussi buteur, il a encadré les jeunes sortis du centre de formation avec un objectif clair : maintenir le Stade parmi l’élite. Mission accomplie !

A Noël, le Stade Malherbe de Caen semblait avoir un pied en Ligue 2, prêt à refaire l’ascenseur. Deux mois plus tard, les Normands étaient revenus en milieu de classement avec un tout nouveau visage. Ils venaient surtout d’enchaîner plusieurs bons résultats face aux cadors de la Ligue 1 : match nul au Parc des Princes (2-2), victoire à Rennes (1-4), victoire face à Saint-Etienne (1-0), victoire – la plus étonnante – au Vélodrome après avoir été menés 0-2 (2-3).
Comment expliquer cette incroyable transformation ? Le meneur de jeu Julien Féret, arrivé tout droit de Rennes l’été dernier, n’y est pas étranger. Après quasiment quatre mois à chercher ses marques et surtout son positionnement dans l’équipe, Julien a enfin trouvé la clé. Patrice Garande, son entraîneur, l’avait d’abord beaucoup baladé sur le terrain (positionné derrière l’attaquant, aligné au poste de récupérateur). Avant de l’installer définitivement en meneur. Là, il a pu orienter et mettre en place le jeu du Stade Malherbe. Féret est alors revenu à son meilleur niveau. Ce n’était certainement pas une coïncidence.
Le déclic s’est aussi produit dans la tête pour les Caennais. « Il y a eu un changement d’état d’esprit et de stratégie. Quand on se retrouve avec quinze points à la trêve, il faut être réaliste et se dire qu’il y a des choses à revoir », expliquait le joueur. Dos au mur, cet hiver, dans ce qui était sûrement l’un des derniers défis de sa carrière (il fêtera ses 33 ans en juillet), Julien s’est remis en question. Et ç’a marché. Il a fait la différence dans le jeu, passeur et buteur, comme à Rennes fin janvier. Face à son ancien club, il avait débloqué le match à 1-1 grâce à deux passes décisives et un but.
A l’heure du premier bilan, le constat était implacable pour le Briochin. « Le coach m’avait enlevé du onze pour le match contre Bastia (ndlr : juste avant la trêve hivernale). Sur le coup, ça m’a frustré mais j’ai essayé de comprendre et de répondre. J’ai décidé de me mettre moins de pression, de moins réfléchir, de me lâcher davantage… Maintenant, le but est continuer à être performant. » Son retour à un certain état de grâce a été salué par l’UNFP puisque Féret a été sélectionné parmi les meilleurs joueurs du mois de janvier. Et même si l’épouvantail Alexandre Lacazette a raflé le trophée, le symbole était fort.
Julien ne s’exprime pas beaucoup dans les médias. Et surtout, il parle très peu de lui. Lorsqu’il doit le faire, c’est toujours avec sang-froid et maîtrise. « Je pense toujours à l’intérêt de l’équipe. Je ne suis pas un monstre physique, je ne vais pas à 2 000 à l’heure mais j’ai des qualités techniques et une vision du jeu qui permettent aux autres de s’exprimer. » Les autres, le collectif : les ingédients qui avaient tellement manqué à Caen sur les matches aller.
A bientôt 33 ans, le bonhomme ne peut plus vraiment rêver à une carrière internationale. En 2010, tout aurait pu basculer. Laurent Blanc, à la tête des Bleus à l’époque, l’avait pré-sélectionné à plusieurs reprises, sans suite. Juste récompense, malgré tout, pour un joueur qui avait signé deux saisons solides à Nancy.
Dorénavant, l’objectif est autre. Le Stade Malherbe et ses envies de maintien dans l’élite lui offraient un nouveau défi. Relevé. La communication ne passait plus avec Philippe Montanier à Rennes. La ligne est meilleure à Caen. Qui aurait pu imaginer pareille issue à la trêve hivernale ?

Camille LEDUN / PLANETE FOOT

Profil
■ Né le 5.07.1982 à Saint-Brieuc
■ Milieu
■ 1,87 m, 76 kg
■ Roadbook : Niort (2004-05), Reims (2005-08), Nancy (2008-11), Rennes (2011-14), Caen (depuis 2014)

Elégant revanchard
Julien Féret et le Stade Rennais, c’est un peu « Je t’aime, moi non plus ». Le milieu de terrain aurait pu sortir du centre de formation breton il y a plus de dix ans. A l’époque, Patrick Rampillon refuse de lui signer son premier contrat pro, décrivant un joueur qui manque « de caractère, de personnalité et de mental ». Féret retrouve le stade de la Route de Lorient quelques années plus tard avec Frédéric Antonetti avant de prendre à nouveau la porte à l’arrivée de Philippe Montanier. Il n’a pas célébré son but face à Rennes en janvier dernier… Elégant revanchard.

La date à retenir
14 février 2015. Mené 2-0 à Paris à quelques minutes de la fin, Caen arrache un incroyable match nul sur la pelouse du Parc (2-2) grâce, notamment, à une passe décisive de son capitaine Julien Féret.

Populaires

To Top