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Jordan Ayew, un autre homme, une autre chance

Le cadet des frères Ayew a quitté son club de cœur, l’Olympique de Marseille, au bon moment pour retrouver du temps de jeu à Lorient. Il a été un acteur clé du maintien des Bretons avant de partir relever un nouveau défi à Aston Villa. Gros plan.

Il avait surpris tout le monde, au mercato d’hiver 2014, en faisant ses valises pour rejoindre, sous forme de prêt, Sochaux et son rêve presque impossible de maintien. Les Francs-Comtois n’avaient pas été loin d’atteindre leur objectif, grâce notamment à l’apport du Ghanéen. Voilà pourquoi une fois son prêt terminé, il plia à nouveau bagage, direction Lorient. Avec toujours la même mission en tête : le maintien. Et ç’a marché. <br /> Jordan Ayew, qui a traversé la Manche au cours de l’été, direction Aston Villa, vient sans doute de réaliser la meilleure saison de sa carrière. Vingt-neuf matches comme titulaire, douze buts, six passes décisives : il a fait tomber tous ses records. Le jeune attaquant ghanéen (24 ans le 11 septembre) a repris confiance en son jeu et en sa capacité à faire la différence sur le terrain. Quitter son club de toujours – Marseille – lui a sans doute permis d’enlever un peu de la pression qui pesait sur ses épaules et de jouer plus libéré. Le frère cadet d’André a été l’un des grands artisans du maintien lorientais en Ligue 1. Loin des strass, des paillettes, de la course aux Coupes d’Europe du haut du classement, Jordan a retrouvé lumière et sérénité.

Une grosse remise en question

Le joueur prétentieux et pas assez ambitieux que certains décrivaient semble loin. La remise en question a été énorme. Jordan a connu de vrais moments difficiles à Sochaux comme à Lorient, avec parfois un pied au bord du précipice. Mais il a finalement montré que les espoirs placés en lui à son arrivée en L1 n’étaient pas vains. Beaucoup ont remarqué ce changement et salué sa force de caractère. <span style= »font-style:italic »>« Je suis très content et fier de lui. Il a fait taire pas mal de critiques. Les gens qui ne le connaissaient pas le jugeaient pour ce qu’il était en dehors du terrain, pas sur le terrain. Il a marqué 13 buts</span> (ndlr : toutes compétitions confondues) <span style= »font-style:italic »>et distribué 6 passes décisives dans une saison très compliquée pour Lorient. Il a aussi progressé mentalement. Ça vient avec la confiance. Et comme il a obtenu celle de son entraîneur… Je suis très content et j’espère qu’il va montrer davantage »</span>, déclarait André Ayew au sujet de son jeune frère. <br /> Descendre pour mieux rebondir, voilà une idée que Jordan a bien comprise. Il a su prendre des risques et repartir de plus bas pour se relancer. Hervé Renard, le nouveau coach lillois, expliquait avoir noué une relation particulière avec lui durant leur séjour dans le Doubs. <span style= »font-style:italic »>« Jordan apporte un gros plus. Il a beaucoup de choses à démontrer. Sur l’homme et la qualité de ses performances, je ne me fais pas trop de soucis… »</span>

En sélection, l’attaquant a alterné le chaud et le froid. Le Ghana a échoué en finale de la dernière Coupe d’Afrique des Nations face à la Côte d’Ivoire (0-0, 9-8 aux tirs au but). Jordan a peiné à trouver sa place et à être aussi décisif qu’en championnat. Mais la concurrence fait rage au sein des Black Stars et il aura besoin de temps, à la fois pour s’installer et pour jouer avec son frère André, comme il avait pu le faire sur certains matches à l’OM. <br /> Après un exercice 2014-15 aussi plein, le cadet des Ayew intéressait forcément les recruteurs. Lille et Hervé Renard se sont positionnés sur le dossier. Le coach nordiste sait parfaitement de quoi il est capable. Mais Jordan s’est trouvé un point de chute en Angleterre. André a signé 4 ans à Swansea, lui a rejoint Aston Villa pour 5 ans. Son seul objectif est de continuer à progresser.

Camille LEDUN

Une étoile du centre de formation de l’OM

Jordan Ayew est arrivé très tôt chez les professionnels. Il avait disputé son premier match avec l’OM à seulement 18 ans. Cela, il le doit en grande partie à son passage par le centre de formation. L’OM n’a pas de formation éblouissante depuis le début des années 2000. Avec des générations 1988, 89 et 90 plutôt légères, incapables de s’installer sur le long terme au haut niveau, la direction avait décidé de regarder plus bas et notamment chez les 16 ans fédéraux de l’époque. La fameuse génération 1991 de Jordan. C’est ainsi que le cadet des Ayew a pu bénéficier d’un billet d’entrée dans le football professionnel après un passage par la réserve phocéenne.

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