Équipe de France

Jeu et spectacle

Un petit tour d’Europe, ça vous dit ?

ALLEMAGNE : TRES BIEN
Le foot à l’abordage !
C’est une surprise, presque, de ne pas voir la Bundesliga en tête du classement des moyennes de buts marqués (voir encadré). Vu de chez nous, on a cette impression constante de matches ouverts et de frappes venues d’ailleurs, enfin surtout de l’extérieur de la surface de réparation. Pourtant les chiffres du CIES sont formels : cette saison, les lourdes frappes allemandes sont derrière l’Espagne, l’Angleterre et même l’Italie ! Il reste, quand même, au-delà de ces stades et de ces ambiances si chaudes et fraternelles, des matches comme nulle part ailleurs : un goût des duels et du un contre un, une volonté de tout retourner et une certaine idée du refus de la défaite. Hambourg, qui lutte depuis des années pour ne pas descendre, c’est un spectacle. Le Hertha Berlin, dans ce stade olympique gigantesque, cela reste également un spectacle. Même les promus sont toujours des spectacles. Rappelez-vous Hoffenheim, rappelez-vous Ingolstadt, regardez le RB Leipzig et son génial suédois Emil Forsberg. C’est un jeu à la fois décousu et équilibré. Et c’est ce paradoxe qui rend la Bundesliga unique.

ANGLETERRE : TRES BIEN
Le foot en all inclusive
Les joueurs le disent dans leur grande majorité et dans leur globalité, dès qu’il s’agit de ceux qui y jouent ou y ont joué : la Premier League est le meilleur championnat du monde. Pour son intensité, son rythme et son côté vintage, old school (le Boxing Day, l’absence de trêve hivernale, les matches à 12h sans mise au vert…), ce championnat reste à la fois atypique et irremplaçable. Mais c’est surtout sur le terrain que les choses prennent leurs sens. Et le sens est toujours le même : vers le but adverse. En Angleterre, que l’on s’appelle Chelsea ou Bournemouth, on entre sur le terrain pour gagner. Le parcours de Leicester, la saison dernière, en est sûrement le meilleur exemple. La Premier League, c’est le championnat de tous les possibles. Des gardiens qui n’en sont pas, des supporters qui chantent mieux que certains concurrents de « The Voice », des latéraux buteurs, des avant-centres qui défendent comme des chiens. Ce n’est pas toujours très académique, même si l’influence des coaches étrangers l’a quelque peu aseptisé, en même temps qu’il le fait progresser. Mais cela reste la compétition où tout peut se passer, toujours. Même un gros câlin entre Eden Hazard et Adam Forshaw, de Middlesbrough.

ESPAGNE : AU TOP !
Le foot en mode technique
Si la Liga détrône dans cette double page la Premier League anglaise, c’est en raison de sa prime à la technique. Certes, le championnat est dominé, parfois outrageusement, par les deux monstres Barça et Real et l’ogre Atlético. OK, la lumière ne se répand pas toujours aussi bien quand il s’agit d’éclairer Eibar, Vigo ou Leganés. Mais ce n’est pas Antoine Griezmann qui dira le contraire, lui le recalé des clubs français qui est allé grandir à San Sebastien, juste de l’autre côté de la frontière, où on parlait mieux, sans doute, la langue du football. En Espagne, le critère de sélection numéro un ne se situe jamais très loin du ballon. Un contrôle, une passe. La technique d’abord. Et même si le Camp Nou et le Bernabeu regroupent tous les meilleurs ou presque sous deux mêmes toits, la qualité technique moyenne des joueurs espagnols se situe bien au-dessus des autres. Séville a remporté trois Ligues Europa d’affilée, les voisins de Madrid étrillent tout le monde en Ligue des champions, jusqu’à s’éliminer eux-mêmes. Les résultats traduisent la domination des clubs espagnols sur l’Europe. En termes de jeu et de spectacle, c’est la même donne, comme le confirme la moyenne de buts marqués cette saison (voir encadré). Et puis rien que pour le contrôle, il faudrait être fou pour ne pas apprécier l’extérieur d’Andres Iniesta à sa juste valeur.

FRANCE : TRES BIEN
Le foot à papa
On parle de cette saison ? Exceptionnelle à plus d’un titre : un championnat à trois assez dingue devant, avec Monaco, Paris et Nice et une lutte jusqu’à la dernière minute pour l’attribution des places européennes et la relégation. La Ligue 1 nous avait surtout habitués aux deux dernières parties de la phrase. Mais avouons-le, concernant le haut du tableau, le titre était joué très tôt, par la domination outrancière d’un Paris SG trop seul, par exemple (de 2013 à 2016). Il y avait trop d’écart entre Paris, qui essayait de se faire une place dans le salon VIP de l’Europe, et le reste de la troupe made in France. Pas cette saison. Paris n’a pas failli tant que cela. Mais il faut saluer le parcours exceptionnel de Nice et profiter de ce Monaco-là, champion : meilleure attaque d’Europe avec le Barça, nos amis Kylian Mbappé et Falcao. On n’a pas tous les jours pareils ambassadeurs. Sinon ? On marque plus de buts, on a l’impression que certaines équipes jouent un peu plus pour gagner et un peu moins pour ne pas encaisser de buts. C’est déjà ça. Mais il reste du chemin… C’est le spectacle qui peut, parfois, en pâtir car des matches fermés peuvent aussi être de sacrés bons matches. Mais le niveau moyen reste un peu en-dessous quand même.

ITALIE : TRES BIEN
Le foot en mutation
Avec une moyenne de buts marqués très proche de la Premier League, la Série A tord le cou à sa réputation de championnat fermé à double tour, avec des surfaces de réparation infranchissables. On savait le catenaccio dépassé et disparu. Mais le constat est encore ailleurs. Les clubs italiens ont changé la clé USB. Si les défenseurs savent toujours aussi bien défendre, ce qui est une litote, le niveau technique des milieux de terrain et des attaquants ne cesse de monter. On avait eu les prémisses à Naples, il y a bientôt dix ans, avec le duo Edinson Cavani-Eduardo Lavezzi. Aujourd’hui, tous les clubs fondent leurs bases sur des attaquants véloces, mobiles et techniques ! En Italie, le classement des buteurs affiche six joueurs au-delà des 20 pions marqués : Edin Dzeko (Roma), Dries Mertens (Naples), Andrea Belotti (Torino), Mauro Icardi (Inter), Gonzalo Higuain (Juventus) et Ciro Immobile (Lazio) mais au-delà de cette densité, c’est aussi leur profil qui interpelle. Si Dzeko et Higuain peuvent être catégorisés neuf à l’ancienne, les autres sont des attaquants de rupture, qui aiment la profondeur. En Italie, c’est toute la carte mère qui a changé ses codes. Dries Mertens à Naples joue même attaquant de pointe depuis octobre et la rupture des ligaments croisés d’Arkadiusz Milik !

Moyenne de buts marqués par match cette saison dans les cinq grands championnats
1 – Liga : 2,90
2 – Premier League : 2,84
3 – Serie A : 2,80
4 – Bundesliga : 2,71
5 – Ligue 1 : 2,60

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