Équipe de France

Jérôme Roussillon en terrain connu

Il est l’une des révélations de la saison à un poste où le football français n’a jamais été le plus riche. Ça donne forcément des idées.

C’était au lendemain de la victoire éclatante face à l’OL en Coupe de la Ligue (4-1) et Michel Der Zakarian n’avait pas aimé, c’est peu de le dire, les commentaires fleuris de la presse au réveil. « Je ne suis pas venu pour pleurer mais j’ai vraiment l’impression que c’est toujours la même chose : quand on gagne, quel que soit le match, c’est soit parce que l’adversaire n’a pas été bon, soit parce qu’il n’y avait personne en face. Mais nous aussi, nous avons de jeunes joueurs. J’aimerais qu’on les valorise un peu plus. Oui, valoriser la qualité de leurs prestations, parce qu’ils bousculent beaucoup d’équipes. »
« MDZ » n’a pas tort : Montpellier est la seule formation qui n’a pas perdu contre les quatre premiers du championnat. Ni contre Lyon (0-0), ni contre l’OM (1-1), ni face à Monaco, contre lequel il a joué deux fois déjà. Après un nul (1-1) à Louis II, c’est un nouveau score de parité (0-0) qui a sanctionné la deuxième manche à la Mosson. Costauds, les p’tits gars de l’Hérault ! Même les ténors parisiens sont venus se casser les dents sur la butte (0-0), lors de la phase aller.
Alors qu’ils sont bien calés dans la première moitié du classement, le coach pousse ses jeunes à regarder vers le haut. La 5e place n’est pas une illusion pour lui. C’est une ambition. Le MHSC, toujours aussi vert malgré les années de l’inoxydable Vitorino Hilton, fidèle au poste (!), s’appuie aussi sur des forces nouvelles en défense. Parmi elles, Jérôme Roussillon enflamme le couloir gauche depuis le début de la saison. Arrivé dans l’anonymat de la Ligue 2 (Sochaux), en 2015, il casse la baraque. Juste retour des choses pour ce titi de Sarcelles qui a fait ses classes à l’INF Clairefontaine.
« J’ai commencé le foot à 6 ans avant de rejoindre l’INF, narre-t-il. Trois années formidables que j’ai partagées avec Alphonse Areola et Raphaël Guerreiro, notamment, avant de rejoindre le centre de formation de Sochaux, que j’ai choisi parce qu’on m’avait dit que c’était un club qui donnait sa chance aux jeunes. Je ne l’ai pas regretté. » Et pour cause : il est sacré champion de France U17 et se hisse en finale de la Coupe Gambardella en 2010.
Le début de la vie en rose avant la grosse tuile : une fracture du péroné. Un an de galères. « Quand je suis revenu, je me suis fait une fracture du cinquième métatarse à l’entraînement et à la fin de ma convalescence, j’ai repris un coup sur le péroné. Il a fallu réopérer ! » Une saison de poisse qui l’empêchera de connaître la fièvre de la Coupe du monde U20 en 2013. Celle que ses potes des sélections de jeunes, Florian Thauvin, Paul Pogba, Lucas Digne ou Areola, bien sûr, ont remportée en Turquie. « Ce fut une période très compliquée pour moi. J’étais ravi pour eux, bien sûr, mais j’en avais gros sur le cœur de ne pas me trouver à leurs côtés… »
Recruté en janvier 2015 par le MHSC, il finit la saison dans le Doubs avant de rejoindre le Sud pour un nouveau départ. Le vrai. A 24 ans, il figure aujourd’hui parmi les meilleurs spécialistes du poste en Ligue 1. Ça se voit et ça se sait, au point qu’il figure déjà sur les tablettes de l’AS Monaco et de l’OM, qui auraient coché son nom à la craie grasse. Surtout du côté marseillais, où Andoni Zubizarreta a flashé sur lui. Sachant que le départ précipité de Patrice Evra n’a pas été compensé.
Conscients qu’ils ne pourront pas le retenir ad vitam, les dirigeants montpelliérains ont recruté Ambroise Oyongo en provenance des New York Red Bulls. Un transfert futé car gratuit : le joueur était libre de tout contrat. Un transfert bonne pioche ? Si le Camerounais progresse au même rythme que lui, la réponse sera oui. Le nouveau taulier du poste est prêt à l’accueillir comme il se doit, en tout cas. « Montpellier, c’est une belle famille. Un très bon club de Ligue 1 mais vraiment une famille. Tout le monde m’a super bien accueilli quand je suis arrivé et on sent une réelle union entre nous. »
Des mots qui iront droit au cœur de Laurent Nicollin, orphelin depuis la fin de saison dernière et le départ de son père, le jour de son 74e anniversaire, des suites d’un malaise cardiaque. « Loulou » est peut-être parti sans prévenir mais la famille MHSC tient la route. Un peu comme Roussillon tient son couloir. Sérieux à l’impact, derrière comme devant : deux buts et trois passes décisives ont coloré sa première moitié de saison. « Je m’éclate ici. » S’il maintient la cadence, il pourrait vite s’éclater ailleurs. Peut-être pas si loin que ça mais ailleurs.

Profil
• Né le 6 janvier 1993 à Sarcelles
• 1,75 m, 80 kg
• Défenseur latéral
• Roadbook : Sochaux (2012-15), Montpellier (depuis 2015)

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