Équipe de France

Jérémy Aliadière, the same player shoot again

L’ex-surdoué avait quitté l’INF Clairefontaine pour Arsenal à l’adolescence, dans le bruit et la fureur. Jérémy Aliadière a mis 12 ans pour découvrir la Ligue 1. Et une année de plus pour ressusciter…

Plus qu’une renaissance, c’est une résurrection. Le trentenaire – depuis le 30 mars – Jérémy Aliadière est enfin à la hauteur des promesses et du talent qu’on lui prêtait à l’adolescence. A son crédit, 15 buts et 9 passes décisives pour le FC Lorient la saison passée. Oui, il faut parler de résurrection quand on connaît les chemins de traverse empruntés par sa carrière, toute en lignes brisées. Sans pic mais avec des bas très bas.
L’histoire commence dans le tohu-bohu. A 16 ans, celui que l’on présente comme le surdoué de sa génération, le petit prodige, plus beau fleuron de l’INF Clairefontaine, prend la poudre d’escampette et fait la Manche pour signer chez les Anglais d’Arsenal. « Je n’imaginais pas que mon départ ferait un tel boucan. Je comprends que cela ait pu gêner. La France avait payé ma formation et moi, je partais à l’étranger. Mais à cet âge, je n’y allais pas pour le fric ou je ne sais quoi. Mes parents ne m’ont pas vendu. Je rejoignais le grand Arsenal, le top du top à l’époque, et Arsène Wenger. C’était, à mes yeux, une chance incroyable. »
Avec le recul et les années, il assume complètement ce choix. Entre les blessures à répétition qui empoisonnent sa vie, la concurrence féroce et une succession de prêts (deux mois au Celtic Glasgow, six à West Ham, quatre à Wolverhampton), Jérem’ disputera à peine 30 matches de Premier League sous le maillot des Canonniers. « J’aurais, bien sûr, pu faire mieux mais je ne regrette rien. Pendant ces huit ans chez les Gunners, je me suis éclaté. J’ai remporté le championnat, côtoyé des joueurs comme Thierry Henry, Patrick Vieira, Dennis Bergkamp… » Les trois saisons suivantes à Middlesbrough, le Français gagne du temps de jeu. Mais, toujours enquiquiné par des pépins physiques, il ne s’impose pas franchement. « Surtout, j’ai perdu le plaisir… »

« J’ai failli envoyer tout bazarder et arrêter ma carrière »
Il ne le sait pas encore mais le pire est à venir. En fin de contrat à l’été 2010, le natif des Yvelines part effectuer un essai à West Ham au cours duquel il est victime d’une rupture des ligaments croisés du genou. Tout espoir de contrat s’envole. Les mois qui vont suivre seront particulièrement douloureux. Il a le moral dans les chaussettes et les chaussettes loin des crampons. « A un moment, j’ai failli envoyer tout bazarder et arrêter ma carrière. Je n’avais pas de club, je devais me débrouiller tout seul pour ma rééducation, sans savoir si j’allais retrouver une équipe. Quand tu vis de tels moments, tu envisages les choses autrement après. » En mars 2011, Arsène Wenger lui tend la main en lui proposant de venir s’entraîner avec Arsenal. Quatre mois plus tard, Christian Gourcuff lui ouvre les bras en lui proposant un contrat à Lorient.
Sa première année chez les Merlus ? Encore contrariée par des blessures récurrentes. Elles lui coûtent une moitié de saison (18 matches, 2 buts). Et puis il y a cette incroyable résurrection dont on a parlé. Incroyable ? L’intéressé a son avis sur la question. « D’abord, c’était pratiquement la première fois que je parvenais à effectuer une préparation complète, sans le moindre problème. Ensuite, le coach m’a fait confiance et le système de jeu me convenait parfaitement. J’ai retrouvé l’envie et les sensations oubliées depuis Arsenal. »
Il y a aussi son nouveau positionnement sur le terrain, non ? « Effectivement. Le hasard a bien fait les choses. Avec l’arrivée d’Alain Traoré, l’entraîneur m’a demandé d’évoluer plus haut, en véritable pointe. Chercher la profondeur, je connaissais en équipe de jeunes mais je l’avais perdu depuis mes débuts pros. Je pensais plutôt à offrir des passes décisives. Aujourd’hui, je retrouve un peu de ma jeunesse et j’y prends goût. »
De nouveau dans la peau d’un chasseur. Et heureux comme un Merlu dans l’eau. Même s’il ne serait pas contre une petite dernière expérience outre-Manche… « J’y ai connu ma femme et j’aime la mentalité des Anglais. Dans mon esprit, je me sens anglais, c’est mon pays et il me manque. » Alors, pour la suite de ses aventures, wait and see ! En attendant, the same player shoot again. Et c’est tant mieux…

Tout tatoué partout !
Jérémy figure parmi les joueurs de Ligue 1 les plus tatoués. Son corps est une véritablement fresque. « Certains ont une signification. Par exemple, le 78, c’est mon département de naissance. J’ai aussi un ange avec des ailes en mémoire de ma belle-mère, décédée il y a deux ans. Et puis la photo de ma femme avec des cartes et le drapeau de l’Algérie, parce que j’ai des attaches là-bas. D’autres, je les ai simplement choisis parce que j’aimais bien. Comme une tête de poker à deux faces ou des têtes de mort. »

Jérémy Aliadière en short
■ Né le 30 mars 1983 à Rambouillet
■ 1,83 m, 70 kg
■ Attaquant
■ Roadbook : Arsenal (ANG, 2001-2005), Celtic Glasgow (ECO, juil. 2005-août 2005), West Ham (ANG, sep. 2005-jan. 2006), Wolverhampton (ANG, fév. 2006-juin 2006), Arsenal (ANG, 2006-07), Middlesbrough (ANG, 2007-10), Lorient (depuis 2011)
■ Palmarès : Champion d’Angleterre en 2004 avec Arsenal, vainqueur du Community Shield en 2004 avec Arsenal

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