Étranger

Jean-Michaël Seri, attention, série limitée

Petit bolide – 1,68 m – doté d’un gros moteur avec toutes les options high-tech, le milieu ivoirien Jean-Michaël Seri a enclenché la vitesse supérieure au cours d’une saison hors normes avec Nice. De quoi affoler l’Europe du foot. Même si l’OGCN souhaite garder le bijou rutilant au sein de son écurie, l’été s’annonce chaud !

C’est indéniable, Jean-Michaël Seri fait figure de grosse cylindrée de la Ligue 1. Arrivé à Nice à l’été 2015 en provenance du club de D1 portugaise de Paços de Ferreira, le jeune international ivoirien (13 sélections), âgé de tout juste 26 ans, a connu une progression spectaculaire. Côté statistiques, Jean-Michaël a marqué 7 buts et délivré la bagatelle de 10 passes décisives au cours de la dernière édition du championnat. Pas mal pour un milieu axial.
C’est d’ailleurs à Paços de Ferreira qu’il avait été repositionné un peu plus bas sur le pré, lui qui évoluait plutôt en 10. Choix gagnant puisque depuis, il multiplie les fulgurances. A son compteur pour la saison 2016-17, 2 542 passes réussies (89% de ses passes arrivent à un coéquipier), soit le 2e meilleur total des cinq grands championnats (derrière le Napolitain Marek Hamsik). Avec 3 362 ballons touchés au cours de la saison, il obtient également le 2e meilleur total des cinq grands championnats derrière le même Hamsik.
Côté records, celui qui a débuté sa carrière professionnelle dans le club ivoirien de l’ASEC Mimosas a touché, le 14 mai dernier face à Angers, 184 ballons. Soit le taux le plus élevé sur les dix dernières saisons de L1 ! Beaucoup finissent par se demander si jouer avec Seri ne serait quand même pas un peu tricher, tant sa palette technique est fournie.

Une qualité de passe rare
Que dire de cette frappe en pleine lucarne depuis l’entrée de la surface face aux Canaris (Nantes-Nice, 30e journée) ou encore de ce match face à Lyon où c’est bien l’Ivoirien qui a rugi à la 76e minute en étant à la conclusion, grâce à une frappe à l’entrée de la surface, d’une action qu’il avait lui-même initiée (9e journée) ? Mais c’est surtout dans la qualité de ses passes que le milieu de poche au caractère discret s’affirme comme un maestro. Les Messins se souviennent certainement de celle qui a perforé toute leur défense pour arriver jusqu’à Alassane Pléa, qui n’avait plus qu’à transformer l’offrande (Metz-Nice, 10e journée).
Que ce soit sur coups de pied arrêtés ou dans le jeu, la qualité de ses transmissions est bluffante. Seri joue juste, avec une vista supérieure à la moyenne. Avec sang-froid, aussi, tout en prenant parfois des risques. « Quand on est dans une situation compliquée, on attend de lui qu’il trouve une bonne passe », explique Dante, son coéquipier.
Ajoutez à cela une bonne dose de transversales millimétrées, qu’il se plaît à réaliser depuis son propre camp, ainsi qu’un zeste de une-deux bien sentis et de dribbles déroutants. Pour couronner le tout, il ne faut pas oublier sa rigueur défensive avec des tacles glissés maîtrisés et un replacement défensif intelligent. Vous obtiendrez alors Seri, l’un des tout meilleurs milieux de terrain de L1, récompensé par le trophée de meilleur joueur africain de l’année en France et présent dans l’équipe type de l’UNFP (Union Nationale des Footballeurs Professionnels). La crème de la crème. « On ne fait pas des passes pour le plaisir de faire des passes mais pour trouver la faille, pour faire mal à l’adversaire », rappelle le milieu de terrain. Une déclaration qu’il matérialise sur les pelouses chaque week-end.

La tentation Barcelone
La recette allèche les babines des plus grands gourmets européens. Alors on se prendrait à rêver d’un binôme barcelonais avec Sergio Busquets, sorte de lien quasi parfait entre la défense et le milieu de terrain. Seri pourrait distiller à souhait ses balles providentielles à la « MSN » (Lionel Messi, Luis Suarez, Neymar). Pas si utopique puisque le club catalan s’est positionné sur le joueur niçois.
« Je suis supporter du Barça depuis ma plus tendre enfance. Si Barcelone vient te chercher, il est impossible de dire non », commente l’intéressé, fan de Xavi depuis toujours. Mais les Espagnols ne sont pas les seuls à avoir succombés au charme du prodige de la Côte. L’AS Rome se montrerait insistante alors qu’Arsenal, Tottenham, le Paris SG et Monaco se seraient également positionnés. « Notre souhait est de le conserver », affirme à toutes fins utiles Jean-Michel Rivère, le président de l’OGCN.
Les Azuréens détiennent un Aiglon rare, pour qui ils entendent se battre bec et ongles. Il est question d’obtenir un chèque de 40 millions d’euros, soit 40 fois le montant auquel Nice l’a récupéré à Paços de Ferreira. De quoi rebuter quelques prétendants mais probablement pas tous. Quoi qu’il en soit, avec le dossier Seri, l’été s’annonce plus chaud que jamais.

Jonathan Nenich / PLANETE FOOT

Fan de Bolt
Jean-Michaël Seri est un grand fan d’athlétisme. Son idole ? Usain Bolt évidemment. Un sportif qu’il considère comme « exceptionnel ». S’il est loin des temps de son idole au 100 mètres, le milieu ivoirien dispose d’une excellente endurance, parmi les meilleures de l’effectif niçois cette saison. Particulièrement amateur du 100 mètres et aussi du 1 500, il dit puiser son inspiration chez les coureurs.

Profil
• Né le 19 juillet 1991 à Grand-Béréby (Côte d’Ivoire)
• 1,68 m, 65 kg
• Roadbook : ASEC Mimosas (Côte d’Ivoire, 2010-12), FC Porto B (Portugal, 2012-13), Paços de Ferreira (Portugal, 2013-15), Nice (depuis 2015)
• Palmarès : Champion de Côte d’Ivoire en 2010 avec l’ASEC Mimosas
• International A (Côte d’Ivoire). Première sélection : le 6 septembre 2015, Sierra Leone-Côte d’Ivoire 0-0
(qualifications Coupe d’Afrique des Nations)

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