Étranger

Jackson Martinez, la nouvelle bombe de Porto

Comme à chaque fois à Porto, un saphir chasse un diamant. Le dernier en date se nomme Martinez, prénom Jackson. Et il n’a pas fini de scintiller. Découverte.

« Je suis très content de cette première moitié de saison à Porto. Je ne pouvais pas rêver mieux. » Porto non plus. Mais le Dragon, lui, a l’habitude des contes et autres songes magiques de footeux. Chaque fois, c’est pareil. Le géant portugais se fait piller ses pépites les unes après les autres mais en sort toujours une nouvelle du chapeau. Chaque fois, l’Europe du foot se demande comment Porto s’y prend. Et chaque fois, Porto donne la leçon. Et c’est vrai que ça fait rêver. On se souvient encore de l’exode massif post-Ligue des champions 2004, quand la bande à José (Mourinho, Deco, Carvalho, Maniche, Paulo Ferreira), toute fraîche championne d’Europe, migra. Oui, mais…
Dans le cercle très fermé des monstres sacrés, Porto ne trouve pas de créature à sa taille. Le Dragon a un flair hors du commun. A chaque fois donc, le même refrain. Recruter un jeune à moindre coût puis le revendre au prix fort. Parlons chiffres. Lisandro Lopez fut engagé en 2005 pour un peu moins de 7 millions d’euros. Puis cédé à l’Olympique Lyonnais 24 millions, en 2009. Pareil pour Lucho, « el Comandante ». Arraché à River Plate pour un chèque compris entre 6 et 7 millions en 2005 puis revendu à l’OM pour plus de 20 en 2009. En 2008, Hulk débarque pour 19 millions, un record pour le FCP. Il a été cédé l’été dernier au Zénith Saint-Pétersbourg pour 50 patates. Et Falcao, recruté 5,5 millions à River Plate ? Revendu 40 millions à l’Atletico Madrid.

Huit buts au cours de ses dix premiers matches
C’est pour dénicher le successeur de Falcao que les Portugais sont retournés en Amérique du Sud. Leur trouvaille : Jackson Martinez. Un nom qui fait plus penser à un DJ star un soir de rave party sur les plages surchauffées qu’à un renard des surfaces pour le commun des clubs européens. Il possède une dégaine plus proche de celle du Prince de Bel-Air que de celle de Didier Drogba et Radamel Falcao réunis. Qu’importe. Quand il s’agit de mettre le grappin sur une pépite, Porto sait s’y prendre. La direction fonce tête baissée. L’été dernier, à l’heure d’officialiser la nouvelle du recrutement de Jackson Martinez – quelques jours avant de céder Hulk au Zénith -, le Dragon communiqua ainsi : « L’international colombien Jackson Martinez, 25 ans, quitte le Mexique et les Jaguares de Chiapas contre un chèque de 8,8 millions d’euros. Il rejoint le club pour une durée de 4 ans et le montant de sa clause de cession est de 40 millions d’euros. » Vite dit, bien fait.
Encore fallait-il que l’inconnu se fasse sa place au soleil du Douro. Après 35 apparitions sous le maillot des Jaguares (30 buts inscrits toutes compétitions confondues, 25 en 26 matches de championnat), c’est fait. Le Colombien n’a pas laissé longtemps la place au doute. Il a planté à chaque coup ou presque. Au cours de ses 10 premiers matches sous le maillot bleu et blanc, il a marqué à 8 reprises ! Championnat, Supercoupe du Portugal, Ligue des champions : tout y passe. Son humilité, elle, reste. « Merci au FC Porto de m’avoir donné cette chance », lance-t-il aux médias lusitaniens. Son premier doublé en Ligue des champions, face au Dynamo Kiev, finit d’éveiller la curiosité de l’Europe. Et d’asseoir la réputation des Portugais à dénicher les perles rares.

« Un compétiteur-né, gagneur absolu »
A peine quelques mois et voilà que la nouvelle star crée l’affolement. Un bouillonnement savamment entretenu par son ancien coach au Mexique, José Cruz. « Je ne suis absolument pas surpris par son adaptation réussie et rapide à Porto. Jackson, j’ai eu la chance de l’entraîner pendant deux saisons et je connais son potentiel. C’est un joueur sûr de ses qualités. Il pèse sur les défenses, il a une mentalité exceptionnelle. Il s’agit d’un compétiteur-né, d’un gagneur absolu. J’ai entraîné de très bons joueurs mais jamais un aussi complet que lui. Je suis sûr qu’il peut marcher dans les pas de Falcao. »
C’est le tube de l’année au Portugal. Un vrai carnage en Liga Sagres (11 buts et 2 passes décisives au cours des 12 premiers matches) avec des stats proches de celles d’un Zlatan Ibrahimovic à Paris ou d’un Lionel Messi à Barcelone ! Le Barça qui serait venu se renseigner à son sujet. « Chelsea, Barcelone ? Franchement, je n’ai parlé avec personne, il n’y a rien, tempère Jackson. Mais c’est toujours flatteur de savoir que son nom est cité dans des clubs aussi prestigieux que ceux-là. C’est un bon signal, cela signifie que mes performances dans le championnat portugais ne passent pas inaperçues. Je travaille bien, je marque des buts mais je reste calme par rapport à tout ça. Que les journaux parlent de certains bruits ne me perturbe pas. Je suis à fond dans mon travail à Porto. »

A 8,8 millions la pépite, c’est presque cadeau
José Cruz, le mentor mexicain, ose les comparaisons avec son illustre prédécesseur sur les bords du Douro. « Falcao et lui sont totalement différents mais ils partagent cette même facilité à se projeter vers le but, quelle que soit la position dans laquelle ils reçoivent le ballon. Jackson peut être plus efficace, il peut encore s’améliorer. Je ne m’inquiète pas. Avec Porto et la Ligue des champions, il n’a pas fini de grandir. » A 8,8 millions la pépite, c’est presque cadeau.
Martinez parle plus naturellement avec ses pieds mais il finit par avouer : « Je veux être le meilleur buteur du championnat. » C’est fait avec 6 réalisations de plus que Lima (Benfica). « C’est un honneur de succéder à Falcao. II a réalisé de superbes choses, marqué l’histoire de Porto. En plus, il s’agit d’un compatriote. Moi, je veux faire de mon mieux et essayer de bien représenter la Colombie. J’aimerais réaliser autant de bonnes choses que lui. » C’est pour bientôt sans doute. « Depuis tout petit, j’ai rêvé de disputer la Ligue des champions. Maintenant, je ne veux pas seulement en être un acteur, je veux y connaître d’importantes victoires. J’aime le challenge et Porto est un grand club, respecté à travers le monde. »
Depuis des lustres et, à ce rythme-là, pour longtemps encore.

Vu par Vitor Pereira (son coach chez les Dragons)
« Jackson Martinez, c’est l’exemple de notre travail. On le suit depuis trois ans. S’il est venu, c’est qu’on avait besoin d’un joueur avec ses qualités. On peut se tromper dans nos décisions mais on a démontré que cela arrive rarement. »

Porto, le plus titré d’Europe
Le Dragon est un monstre européen mais le FC Porto de Pinto Da Costa, son l’omnipotent président depuis 30 ans, c’est un peu plus que ça. Depuis le début du XXIe siècle, les Dragons cumulent 27 titres. Ne cherchez pas, personne ne rivalise. Même le FC Barcelone, la référence suprême, n’en a amassé « que » 20 dans le même laps de temps. Un grand écart.

Profil
Jackson Arley Martinez Valencia
■ Né le 3 octobre 1986 à Quidbo (Colombie)
■ 1,86 m, 75 kg
■ Attaquant
■ Roadbook : Independiente Medellin (COL, 2004-2009), Jaguares Chiapas (MEX, 2010-12), FC Porto (POR, depuis 2012)
■ International A (Colombie). Première sélection : le 5 septembre 2009, Colombie-Equateur (2-0)
■ Palmarès : Champion de Colombie en 2009 avec l’Independiente Medellin, vainqueur de la Supercoupe du Portugal 2012 avec le FC Porto, champion du Portugal 2013

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