Équipe de France

Italie, les bons comptes de Conte (1)

En quelques mois, l’ancien mentor de la Juventus Turin Antonio Conte a imposé sa griffe sur la Squadra et l’Italie est redevenue une machine sinon à gagner, du moins à ne plus perdre. Alors, gare !

Il gagnait tout avec la Juve depuis trois ans. Trois Scudetti qui ont ressemblé à trois cavaliers seuls sur la scène nationale, accompagnés de trois campagnes ratées en Ligue des champions. Il voulait un recrutement ambitieux et il s’est fâché. Il a dit non, dans un premier temps, à une prolongation de contrat pourtant difficile à refuser puis a carrément claqué la porte en plein cœur de l’été.
Avait-il la sélection dans un coin de la tête ? Toujours est-il que depuis qu’il a succédé à Cesare Prandelli, qui avait révolutionné le jeu de la Squadra en la menant jusqu’en finale de l’Euro 2012 mais n’avait pas su enchaîner lors d’une pitoyable Coupe du monde au Brésil (élimination dès le 1er tour), Antonio Conte a rafraîchi, lui aussi, les peintures de fond en comble au sein de la Nazionale. D’abord parce qu’on ne peut pas faire les choses à moitié quand un monument comme Andrea Pirlo dit stop.
Quarterback, passeur, régulateur, l’ancien mentor de… la Juventus de Conte s’offre aujourd’hui quelques joyeux week-ends dans les Hamptons, les jours de relâche de la MLS. Lors de la phase de qualification, Pirlo a joué 73 minutes contre l’Azerbaïdjan en octobre 2014 puis deux fois 90 minutes en juin et en septembre, contre la Croatie et Malte. Mais Conte, qui installe progressivement Marco Verratti dans son plan de jeu de départ, travaille depuis sa prise de fonctions à la transition. Régulièrement ignoré par Cesare Prandelli, « Petit Hibou » est appelé à prendre le relais, ce qu’il a d’ailleurs très bien fait en Azerbaïdjan en octobre dernier.
La page Andrea tournée, il faut aussi souligner l’impact de Conte dans les résultats. Ne pas oublier qu’il a pris les rênes au retour de la catastrophique escapade brésilienne, où la Squadra avait quitté, pour la seconde fois consécutive, la Coupe du monde au 1er tour, ce qui fait un peu tache quand même quand on a gagné celle d’avant (en 2006).  « Pas grave », l’ancien lieutenant des Bianconeri est fidèle à sa ligne de conduite. Comme toujours, il regarde devant, il emmène et il faut suivre, sous peine de sortir de la route très vite.
Et la Squadra, qui n’a perdu qu’un seul match depuis qu’Antonio a posé ses fesses sur le trône (en amical, contre le Portugal au mois de juin, un match de fin de saison, quoi), est une équipe qui ne perd quasiment plus. « Les garçons ont compris l’idée de jeu et l’ont épousée. Un entraîneur peut avoir des centaines d’idées, ce sont les joueurs qui font leur fortune ou leur ruine (des entraîneurs). Je veux juste qu’ils comprennent les priorités de la sélection et comment chacun doit se comporter en fonction de ces priorités. »
Fini, les passe-droits et surtout, pas de langue de bois. Après le premier match de son mandat (victoire contre les Pays-Bas en septembre 2014) et les titularistions de Simone Zaza et Ciro Immobile, Conte ne justifie pas l’absence de Mario Balotelli, il explique : « Ils (Zaza et Immobile) ont parcouru, au cours de ce match, plus de kilomètres que Balotelli dans sa carrière. » Un peu plus d’un an plus tard, on n’a pas revu « Super Mario » sous le maillot bleu et la Squadra s’avance vers l’Euro en ordre non dispersé. C’est une méthode comme une autre mais elle fait apparemment toujours ses preuves. Méfiance, donc, pour tous ceux qui vont croiser sa route.

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