Étranger

Italie 2016-17 : La Juve comme de bien entendu

Finaliste malheureux en Ligue des champions, la Juve a une nouvelle fois confirmé sa mainmise sur le football italien et décroché son sixième titre consécutif, assorti d’un doublé Coupe-championnat. Cette « Vieille Dame » n’a jamais paru aussi fringante.

Et de six ! Sixième titre consécutif pour la Juventus qui avait amorcé son retour au premier plan national puis international sous le règne d’Antonio Conte (2011-14). L’homme de la reconquête, adepte d’un 3-4-3 plutôt audacieux, est parti mais rien n’a changé. La transition s’est passée en douceur avec son successeur, Massimiliano Allegri (il vient de prolonger son contrat jusqu’en 2020), qui varie sans doute davantage les plaisirs au niveau tactique mais en connaissant la même réussite que son prédécesseur.
Il faut dire que le club piémontais avait mis le paquet au niveau recrutement avec l’arrivée du goleador en or Gonzalo Higuain – meilleur buteur de l’histoire du Calcio avec 36 buts en 2015-16 et encore 24 pions cette saison, sous ses nouvelles couleurs -, arraché au Napoli l’été dernier pour un transfert record de 90 millions d’euros, mais aussi celle d’un latéral très offensif et très en jambe, Daniel Alves. Sans oublier l’apport incontestable au milieu du précieux et toujours très juste Miralem Pjanic. Pour le reste, avec une colonne défensive Gianluigi Buffon-Leonardo Bonucci-Giorgio Chiellini toujours aussi performante, malgré les années qui passent, un Mario Mandzukic attaquant de pointe reconverti avec réussite ailier gauche par Allegri et le phénomène Paulo Dybala, que pouvait-il bien arriver à cette « Vieille Dame » qui n’a jamais paru aussi pimpante ? Pas grand-chose, en vérité. La Roma et le Napoli ont bien essayé de venir chatouiller les crampons des Turinois, sans jamais vraiment parvenir à les inquiéter sérieusement.
Beaucoup plus loin au total des points mais à la 4e place, l’Atalanta Bergame a réalisé la plus belle performance de son histoire, à égalité avec sa saison 1987-88, et cela mérite un coup de chapeau. D’autres (voir « Carton rouge ») ont été moins à la noce. Et puis il y a eu ceux carrément à la traîne qui traînent aujourd’hui leur spleen. Les grands perdants de la saison se nomment Pescara, le promu, Palerme et Empoli, conviés à faire un tour à l’étage inférieur.
Sinon, au niveau du gratin, il n’y a vraiment pas eu photo. La Juve n’a même pas laissé de miettes à ses concurrents en réalisant le doublé – victoire 2-0 en finale de la Coupe face à la Lazio, sans frémir -, ce qui constitue le troisième doublé en six ans pour ces insatiables voraces (un pour Conte, deux pour Allegri). Quelque chose à ajouter ?

Le chiffre : 2
Un petit tour et puis s’en va. Le promu Pescara aura effectué un passage éclair en Serie A. Et surtout, établi un record dont le défenseur argentin Hugo Campagnaro et ses partenaires se seraient bien passé. Parmi les 98 formations qui participaient aux cinq grands championnats – Premier League, Liga, Bundesliga, Ligue 1 et Serie A -, il s’agit de l’équipe qui a remporté le plus petit nombre de victoires avec seulement deux succès en championnat. Le club des Abruzzes n’a pas lâché son bonnet d’âne du foot européen en ce qui concerne le total de points avec seulement 15 petits pions récoltés en trente-huit journées de compétition. Une année totalement galère du début à la fin.

Le podium des buteurs
1. Edin Dzeko (AS Rome), 29 buts
2. Dries Mertens (Naples), 28 buts
3. Andrea Belotti (Torino), 26 buts

Le podium des passeurs
1. José Callejon (Naples), 12 passes décisives
2. Mohamed Salah (AS Rome), 11 passes décisives
2. Alejandro Gomez (Atalanta Bergame), 11 passes décisives

Carton rouge : Inter Milan
En rachetant l’Inter l’été dernier, le groupe chinois Suning, géant de la distribution de produits électroniques et d’électroménager, avait décidé de frapper un grand coup sur le marché des transferts estival pour redorer le blason d’un club en perte de vitesse depuis quelques années. Plus de 100 millions dépensés pour s’attacher les services du meneur portugais Joao Mario, de l’international italien Antonio Candreva et de l’espoir brésilien Gabriel Barbosa. Mais rien n’a marché comme voulu. Frank de Boer, intronisé au coaching en août, a été viré moins de quatre mois plus tard. S’en est suivi un cours intérim de Stefano Vecchi avant que Stefano Pioli ne prenne les commandes de la maison lombarde pour la suite de la saison. Sans beaucoup plus de réussite. Septièmes du championnat, les Intéristes ont terminé loin des objectifs affichés puisqu’il était question de Ligue des champions. Ils ne se sont même pas qualifiés pour la Ligue Europa ! Cela ne décourage pas Suning, qui vient de nommer Luciano Spalletti comme entraîneur (contrat de 2 ans) et entend encore frapper fort lors du mercato estival 2017.

Carton bleu : Davide Nicola
Vous allez dire : « Qui c’est, celui-là ? » Sûr que ce n’est pas une star du banc. Davide Nicola, ancien défenseur de Genoa et du Torino, entre autres, et qui avait entraîné, après la fin de sa carrière, Livourne puis Bari a débarqué l’été dernier pour prendre en main les destinées du promu Crotone. Pour lui comme pour son équipe, la saison a longtemps ressemblé à un calvaire. A la mi-mars, le club était carrément au fond du trou. Totalement largué en championnat et promis à la relégation. C’est à ce moment que Coach Nicola a lancé son grand pari. Il a annoncé que si sa formation se maintenait, il s’offrirait un Giro à vélo. Depuis Crotone, en Calabre, tout en bas de la Botte, jusqu’à Turin, soit pas loin de 1 300 kilomètres. On ne sait pas si cette perspective a motivé ses troupes. En tout cas, l’équipe a sauvé sa place au cours de l’ultime journée de la Serie A, au bout d’un final époustouflant. Ni une, ni deux : après cet incroyable exploit (compte tenu du retard que le club avait accumulé), Davide Nicola ne s’est pas défilé. Dès le 9 juin, il a enfourché sa bicyclette. Il n’a pas annoncé la date de son arrivée mais l’histoire est définitivement belle quand on sait que son périple a permis de soulever des fonds pour les accidentés de la route. Une petite précision qui s’impose : le fils de Davide Nicola est décédé à l’âge de 14 ans, en 2014, à la suite d’un accident de vélo. Un beau, un grand, un vrai carton bleu pour le Mister.

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