Étranger

Irlande du Nord : Petit Poucet et grand cœur (1)

Première à l’Euro pour les formidables combattants verts. Ce qui va suivre, maintenant, n’est que du bonus pour ces empêcheurs de jouer en rond au mental en acier inoxydable.

Presque dix ans pile-poil après sa mort, George Best, l’icône de tout un peuple bien au-delà du football – l’aéroport de Belfast a été rebaptisé à son nom -, a dû se lever dans sa tombe et boire un whisky puis une bière puis un autre whisky pour fêter ça : pour la première fois de son histoire, l’Irlande du Nord s’est qualifiée pour une phase finale de l’Euro. Une joie et un honneur que ce joueur aux inspirations géniales, qui a illuminé le foot des sixties et du début des seventies, « le cinquième Beatles », comme on l’a surnommé, n’aura donc, pour sa part, jamais connus.
Les hommes de Michael O’Neill y ont mis la manière, terminant premiers d’un groupe qui n’apparaissait pas comme le plus compliqué du plateau avec la Hongrie, la Grèce, la Roumanie, la Finlande et les Iles Féroé mais où ils étaient également loin, très loin d’être cités parmi les favoris, quand on a connu le programme des festivités. Car si la plupart des joueurs qui composent la sélection évoluent en Angleterre, c’est plus souvent dans les divisions inférieures qu’en Premier League.
C’est avec un sens du collectif sans faille, où chacun donne tout pour le petit copain et avec ce fameux fighting spirit so irish, qu’ils ont écrit la plus belle page de leur histoire sur la scène européenne (l’Irlande du Nord s’est qualifiée à trois reprises pour la Coupe du monde). « Nous n’avons peut-être pas la meilleure équipe, résume l’attaquant Josh Magennis, mais nous n’abandonnons jamais. Et avec cet état d’esprit, on peut réaliser des choses formidables. La preuve… »
Michael O’Neill, aux commandes de la troupe, loue les vertus et le courage de ses soldats. « Les joueurs ont été superbes ! Ils ont fait preuve d’un magnifique sens du collectif. C’est un privilège d’être parmi eux. Je suis fier de les entraîner. Car il est clair que tout le mérite de cette première leur revient. Ils ont été extraordinaires tout au long des éliminatoires. Cela montre le potentiel de cette équipe et du football dans notre pays. »
La suite, c’est-à-dire le tournoi final, n’est que du bonus pour ces joueurs durs au mal qui enfileront la tenue du petit poucet en France. Gare, tout de même, à ces empêcheurs de jouer en rond au mental en acier inoxydable.

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