Étranger

Iran : En habits d’habitués

Brillamment qualifiés pour leur cinquième phase finale de Coupe du monde, les Iraniens se rêvent un destin au-delà de la phase de poules.

Arrivé à la surprise générale à la tête de l’Iran en 2011, le Portugais Carlos Queiroz (deux fois champion du monde U20 avec le Portugal, ancien adjoint d’Alex Ferguson à MU et coach du Real Madrid notamment, avant de prendre en main le Portugal lors de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud) prolonge le plaisir chez les Perses.
Devenue plus qu’un poids lourd du continent asiatique, la sélection iranienne a une nouvelle fois survolé la phase éliminatoire avec un savant mélange de jeunesse et d’expérience. Il y a d’un côté les vieux briscards, comme Javad Nekounam ou Reza Ghoochannejhad, et de l’autre une flopée de nouveaux visages, comme celui de Sardar Azmoun dont on reparle plus loin, mais aussi Milad Mohammadi, un arrière gauche qui monte, ou Saeid Ezatolahi, le poumon de l’équipe, au cœur même du jeu.
C’est une équipe qui grandit en s’appuyant sur ses « expats » (en plus des rares habitués du championnat russe, Carlos Queiroz compte sur plusieurs joueurs évoluant en Eredivisie, aux Pays-Bas, et plusieurs autres en Grèce, à Panionios ou à l’Olympiakos). Une sélection comme un club, le coach portugais ayant trouvé les mots et le bon dosage entre les exigences et les standards du niveau international et la fierté de porter le maillot de la mère patrie. C’est une équipe qui veut enfin, après quatre participations, entrevoir autre chose que le 1er tour. En douze matches, les Perses ont connu la victoire à une seule reprise (voir par ailleurs) et accroché trois fois le match nul. Ça fait peu mais c’est déjà plus que certains autres sur la ligne de départ.
Alors, avec un coach de la trempe de Queiros, capable d’insuffler un état d’esprit et même de la confiance dans les têtes, l’Iran n’a peut-être jamais paru aussi près d’atteindre les huitièmes de finale de la Coupe du monde. Ce serait une grosse surprise, une grande première, mais le Costa Rica a bien montré le chemin des quarts, au Brésil, il y a quatre ans. Avec Queiroz aux manettes, ça vaut une pièce. Une pièce perse.

L’homme à suivre : Sardar Azmoun
Il n’a que 22 ans mais fait déjà figure d’étalon au royaume persan. Sardar Azmoun, depuis plusieurs saisons exilé en Russie, fait ses classes au Rubin Kazan, aux côtés notamment de Yann M’Vila. Il n’est pas titulaire, pas toujours à la fête mais il rigole plus facilement lorsqu’il endosse le maillot de la sélection. Avec l’Iran, il a marqué quasiment la moitié des buts (4 sur 10) lors du troisième et dernier tour préliminaire. La marche risque d’être un peu haute en juin prochain mais en plus de constituer l’une des curiosités du tournoi, il a le mérite de connaître les lieux. Ça peut compter.

1er tour
Le 15 juin à 17h, Stade de Saint-Pétersbourg : Iran-Maroc
Le 20 juin à 20h, Stade de Kazan : Iran-Espagne
Le 25 juin à 20h, Stade de Mordovie à Saransk : Iran-Portugal

Visa mondial
• Superficie : 1 648 000 km2
• 82 millions d’habitants
• Capitale : Téhéran
• Fédération : Islamic Republic Iran Football Federation
• Année de fondation : 1920
• Affiliation FIFA : 1948
• Couleurs : maillot, short et bas blancs
• Equipementier : Adidas

Le chiffre : 1
Comme la seule et unique victoire des Iraniens en phase finale de la Coupe du monde, en quatre participations. C’était en France, contre les Etats-Unis (2-1), en 1998.

Comment ils jouent
Coach Queiroz s’appuie sur une ligne de quatre défenseurs où Milad Mohammadi (à gauche) et Ramin Rezaeian (à droite) sont les deux préposés aux couloirs. Seyed Jalal Hosseini, l’un des joueurs les plus expérimentés du groupe, mène l’arrière-garde aux côtés de Morteza Pouraliganji, tandis que Saeid Ezatolahi est la plupart du temps posté en sentinelle devant la défense. Avec l’équilibre collectif et le respect des consignes individuelles en priorité ainsi que quelques joueurs rapides et Sardar Azmoun en leader d’attaque, Queiroz a trouvé une vraie ossature en 4-3-3.

Leurs éliminatoires
Zone Asie
Tour final, 1er du groupe A
22 pts, 6 v, 4 n, 10 bp-2 bc
1.09.2016 : Iran-Qatar 2-0 (Reza Ghoochannejhad, Alireza Jahanbakhsh)
6.09.2016 : Chine-Iran 0-0
6.10.2016 : Ouzbékistan-Iran 0-1 (Jalal Hosseini)
11.10.2016 : Iran-Corée du Sud 1-0 (Sardar Azmoun)
15.11.2016 : Syrie-Iran 0-0
23.03.2017 : Qatar-Iran 0-1 (Mehdi Taremi)
28.03.2017 : Iran-Chine 1-0 (Mehdi Taremi)
12.06.2017 : Iran-Ouzbékistan 2-0 (Sardar Azmoun, Mehdi Taremi)
31.08.2017 : Corée du Sud-Iran 0-0
5.09.2017 : Iran-Syrie 2-2 (Sardar Azmoun 2)

Le coach
Carlos Queiroz
64 ans
Portugais
En poste depuis avril 2011
« Nos trois adversaires, dans ce groupe, sont redoutables. C’est forcément spécial pour moi de retrouver l’Espagne et le Portugal que je connais très bien. Beaucoup aimeraient être à notre place, donc savourons. »

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