Équipe de France

Hugo Lloris trace son chemin

Le gardien des Bleus et de Tottenham est en train de se construire une carrière hors normes. Jusqu’à atteindre les plus hauts sommets ? Il a, en tout cas, l’Euro en ligne de mire…

A 29 ans et du haut de ses 73 sélections, Hugo Lloris est déjà le deuxième gardien le plus capé de l’histoire des Bleus, à quatorze unités du recordman, Fabien Barthez. Autant dire, vu son âge et son niveau de jeu, qu’il pourrait bien déboulonner, à une échéance pas si lointaine, le « Divin Chauve » de son piédestal. Eh oui, parce que si les sélectionneurs passent, son statut ne change pas. De Raymond Domenech, qui l’a lancé dans le grand bain tricolore, à Didier Deschamps, l’actuel boss, en passant par Laurent Blanc, qui l’a élevé au grade de capitaine, pour tous, il était et reste le n°1 des n°1 en équipe de France.
Le Niçois de naissance est arrivé dans le paysage de la sélection un soir de novembre 2008, à l’occasion d’un match amical contre l’Uruguay (0-0), avec la discrétion qui le caractérise. Car à la différence du très démonstratif « Fabulous Fab’ », son dauphin au niveau des capes a toujours préféré la jouer en mode mineur, tout en retenue, en évitant soigneusement les éclats.

La décision qui a fait débat
C’est sans bruit qu’il s’est fondu dans le décor. C’est sans tapage qu’il a acquis ce statut d’indétrônable. Jusqu’à gagner, donc, le droit d’enrouler le brassard sur la manche de son maillot. Un choix de Laurent Blanc, le sélectionneur de l’époque, à l’origine plus enclin à confier la tâche à un joueur de champ. Une décision qui avait fait débat – trop lisse, plus leader de jeu que leader de vestiaire, Hugo – et que « le Président » avait ainsi justifiée : « Il a une maîtrise de soi et une lucidité qui me laissent à penser qu’il est celui qui présente le plus de garanties pour tenir ce rôle. »
Didier Deschamps, qui lui a succédé, devait en être tout aussi convaincu puisqu’il lui a maintenu sa confiance pour assurer le capitanat. Bien avant eux, Frédéric Antonetti, qui avait drivé le phénomène à ses débuts professionnels, de 2005 à 2008, dans son club de formation (l’OGC Nice), avait deviné sous l’écorce du portier timide, planqué derrière ses gants, l’étoffe d’un futur grand. « Celui-là, disait alors l’entraîneur corse, il a tout, outre ses aptitudes dans les buts. D’abord, une bonne analyse des situations. Et aussi une intelligence très au-dessus de la moyenne. Je suis convaincu qu’il deviendra un grand leader, en club comme en équipe de France. » Bien vu.

Plein d’envie et de passion
Avec les Bleus, Lloris pèse aujourd’hui deux phases finales de Coupe du monde – une en Afrique du Sud, qu’il préférerait, comme tout monde, oublier, et une autre au Brésil, où il a senti et participé à la renaissance de l’équipe de France. Et le voilà qui s’apprête à filer vers son deuxième Euro, après avoir atteint les quarts de finale avec le train bleu en 2012. Il déclare sa flamme, plein d’envie et de passion : « Oui, ça arrive très vite. On reste sur deux années de matches amicaux, donc c’est bien, on va pouvoir switcher et se concentrer vraiment sur la compétition, avec l’enjeu et la pression qui vont avec. J’en suis convaincu, on sera prêts. On commence à sentir tout l’engouement monter et le public derrière nous. Tous les joueurs sont concernés et tout le monde a envie d’y être. » Il s’agit des paroles d’un capitaine modèle qui souhaite découvrir de nouveaux espaces, espaces qu’il n’a encore jamais approchés, malgré quelques campagnes qui ne lui ont pas permis d’aller au bout de son rêve.
Déjà, juste après l’élimination contre l’Allemagne en quarts de finale de la dernière Coupe du monde, le gaillard se projetait sur le grand rendez-vous de 2016. « Nous avons quand même réalisé une belle performance au Brésil, estimait-il. Il y a de la déception puisqu’on espérait plus. Mais bon, il n’a pas manqué grand-chose pour créer l’exploit. Il faudra remettre ça dans deux ans pour l’Euro. »
L’Euro, c’est maintenant. Avec un Hugo Lloris de feu, qui réalise probablement sa meilleure saison sous le maillot de Tottenham et qui va, enfin, découvrir la Ligue des champions avec ses Spurs. En attendant, évidemment, le meilleur cet été. « L’Euro, affirme-t-il, c’est quelque chose qui nous tient tous à cœur. On a envie d’y donner le meilleur de nous-mêmes. Jusqu’au bout ? Oui, c’est notre souhait. » Just do it !

Profil
Gardien de but
Né le 26 décembre 1986 à Nice
29 ans
1,88 m, 78 kg
Club : Tottenham (ANG)

VISA
73 sélections
Première sélection : le 19 novembre 2008 à Saint-Denis, France-Uruguay 0-0 (amical)
Sélectionneur : Raymond Domenech
Expérience à l’Euro : 4 matches en 2012, 360 minutes jouées
SA SAISON INTERNATIONALE 2015-16 : 6 matches, 540 minutes jouées
SITUATION PERSONNELLE : Sous contrat avec les Spurs jusqu’en juin 2019.
Il a eu des envies de départ, ce n’est plus le cas aujourd’hui. « Oui, j’avais des doutes, je me posais quelques questions il y a deux ans, après les passages d’Andre Villas-Boas et Tim Sherwood, mais ma première rencontre avec Mauricio Pochettino a été déterminante. Je comprends complètement ce qu’il attend, j’adhère totalement à ce qu’il dit. Nous partageons la même vision du football. » Et ce n’est pas la perspective de disputer, enfin, la Ligue des champions avec Tottenham qui risque de le faire changer d’avis. Va rester fidèle au poste.

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