Équipe de France

Hugo Bonneval, le choix gagnant

Mis au placard sous l’ère Michael Cheika, le jeune arrière du Stade Français Hugo Bonneval s’est accroché. Il a ignoré les sollicitations et choisi de rester dans la capitale. Sa convocation dans le groupe France et son excellent début de saison lui ont donné raison.

Pour nombre d’amoureux du rugby, le nom de Bonneval évoque les grandes heures du « french flair ». Celles où l’équipe de France enflammait les publics du monde entier par son jeu inimitable. Celles où Erik Bonneval côtoyait sous le maillot bleu Serge Blanco, Philippe Sella et Franck Mesnel. Celles où les Tricolores atteignirent la finale de la première Coupe du monde, en Nouvelle-Zélande.
Erik a raccroché les crampons depuis longtemps mais son nom résonne de nouveau dans les stades. Aujourd’hui, c’est Hugo, arrière au Stade Français, qui perpétue la tradition familiale en évoluant au plus haut niveau. « Naturellement doué dans tous les sports » selon Erik, le fiston a commencé le rugby à 12 ans et progressé rapidement. Pourtant, il passa au travers des filets de la formation tricolore. « C’est Philippe Sella qui l’a repéré et sélectionné avec les U20 pour la Coupe du monde il y a trois saisons », rappelle le papa, commentateur sur beIN Sport.

Le départ de Michael Cheika change tout
Déçu de ne pas avoir sa chance à l’issue de la saison 2011-12, Hugo Bonneval avait signé un pré-contrat avec le SU Agen, le club de celui qui l’avait lancé en bleu, Philippe Sella. Mais le départ du coach australien Michael Cheika l’a poussé à demeurer dans sa ville. « Je n’ai pas de doute sur son talent, explique Sella. J’aurais préféré qu’il vienne à Agen mais je lui souhaite une grande réussite sportive. »
A Paris, Hugo s’éclate. Titulaire à 11 reprises l’an dernier, il a définitivement gagné sa place au Stade Français. Et séduit Philippe Saint-André qui l’a convoqué dans un groupe de 33 joueurs pour le Tournoi des VI Nations. Après la blessure de Vincent Clerc, c’est Patrice Lagisquet qui lui a annoncé la grande nouvelle. Cette sélection, son frère Arthur, appelé chez les U18, l’avait pressentie. Le joueur du centre de formation du Stade Toulousain avait envoyé un texto à son père : « Clerc est blessé. Tu vas voir, Hugo va partir ! » Cette sélection fait évidemment la fierté du papa : « J’ai le plaisir de ressentir ce qu’a ressenti mon père (ndlr : pilier du TOEC, Toulouse Olympique Employés Club) lorsque j’ai été interna­tional. Belote et rebelote ! »

L’adjectif qui le caractérise le mieux ? « Beau »
Avec son pote Jules Plisson, notamment, Hugo fait partie de la jeune garde parisienne. « Au premier abord, je peux paraître un peu nonchalant, voire arrogant », admet-il. Son ami nuance le trait de caractère : « C’est quelqu’un sur qui on peut compter. Il peut paraître un peu froid comme ça mais il répond toujours présent. » Et lorsqu’on demande à Jules de trouver l’adjectif qui correspond le mieux à Hugo, il n’hésite pas longtemps. « L’adjectif qui le caractérise le mieux, c’est « Beau ». Il est beau à voir jouer et il aime bien plaire. Il fait attention à ce qu’il dégage. Bon, après, il a un gros nez… On l’appelle « Bozo le clown » ! », plaisante le jeune ouvreur.
S’il est capable d’évoluer à l’aile, Bonneval Fils est principa­lement utilisé à l’arrière par le staff parisien. Un poste où il a pris l’avantage sur Jérôme Porical cette saison. Pour son père, ce positionnement correspond davantage à ses qualités. « On a une vision plus large du jeu et davantage d’espace. A l’aile, quoi qu’on dise, on subit un placement excentré et on reste tribu­taire de l’acheminement des ballons. » Rapide, doté de bons appuis et d’un pied relativement sûr, Hugo Bonneval sent parfaitement le jeu. Il franchit régulièrement la ligne d’avantage. Enfin, sa pointe de vitesse et sa lecture du jeu font de gros dégâts dans les défenses adverses.
Pour Erik, cette explosion au plus haut niveau n’est pas une surprise, lui qui se souvient d’un match de tennis perdu 6-0, 6-1. Hugo n’avait que 14 ans. « Au rugby, il a la chance d’aller vite. Il a des « pattes » et il sait s’en servir. Il a une bonne perception des situations et possède une réactivité intéressante. Je l’ai toujours encouragé à ne pas suivre la mode des joueurs bodybuildés. Avec son 1,85 m et ses 87 kg, Hugo est quand même suffisamment outillé. Cela ne l’empêche pas de conserver de l’explosivité et de la fluidité. Je suis heureux qu’il ne se contente pas du défi physique en faisant du rentre-dedans dans des murs défensifs hyper renforcés. S’il y a une petite porte à côté, il tentera de passer par là… »

Paul PERIE

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