Équipe de France

Hervé Dubuisson, Dub style

C’est l’un des meilleurs joueurs de l’histoire du basket français (records de points en championnat – 12 559 – et chez les Bleus – 3 821 -, record de sélections, 254). Hervé Dubuisson fut le premier Tricolore à revêtir un maillot NBA : celui des Nets, en 1984, pour une summer league. Sept ans plus tard, à 34 piges, « Dub » donnait l’une de ses dernières interviews à « Mondial » en tant que joueur en activité. Sa carrière, ses perfs, les critiques : le natif de Douai disait tout.

MONDIAL BASKET : Hervé, comment as-tu commencé le basket ?
Hervé DUBUISSON :
Par hasard. J’avais 8 ans. C’était un jeudi après-midi à Thumeries (Nord). Il pleuvait. Avec mes potes, on a vu de la lumière dans un hangar. On est entrés… En fait, c’était une salle de basket. On a joué et dès que j’ai pris la balle, j’ai marqué des paniers. Ça m’a plu.

MB : Huit ans après, à 15 piges et 9 mois – record de précocité -, tu débutais en équipe nationale…
H.D. :
J’étais hyper fier. Ce premier match contre l’Italie se déroulait à Coubertin. C’était en 1974. Je jouais à Denain. J’évoluais comme shooteur, ce qui ne voulait pas forcément dire marqueur… Je n’ai plus quitté l’équipe nationale jusqu’en 1989 et le championnat d’Europe à Zagreb.

MB : Le maillot de l’équipe de France te manque-t-il un peu ?
H.D. :
Oui. Je suis un peu déçu de ne plus être retenu. Porter les couleurs de la France fut un honneur. On a démoli ma génération par rapport à la suivante. Je ne suis peut-être plus un élément majeur mais on aurait pu m’utiliser comme role player. J’ai l’impression que ce n’est pas uniquement le sélectionneur national (ndlr : Francis Jordane) qui a fait les choix.

MB : Existe-t-il aujourd’hui un nouveau Hervé Dubuisson dans le basket français ?
H.D. :
Sincèrement, j’espère qu’il n’y en aura pas. Ce n’est pas facile à assumer. J’ai souvent été critiqué. Ma force, c’est le mental. Ma réponse, c’est ma carrière.

MB : N’as-tu pas l’impression, malgré ta formidable réussite individuelle, d’être passé à côté ? Tu as connu cinq clubs et la réussite collective n’a pas souvent été au rendez-vous…
H.D. :
Pas du tout. Je suis fier d’avoir réalisé ce que j’ai fait. J’ai toujours assumé. C’était sans doute écrit… Personne ne jouait au basket dans ma famille. J’y suis venu seul. J’étais doué. Sportivement, je suis né sous une bonne étoile.

MB : Ton meilleur souvenir ?
H.D. :
Le tournoi qualificatif pour les Jeux Olympiques de Los Angeles, en France. Je garde aussi un excellent souvenir de mon séjour au Mans, de 1975 à 80 (ndlr : champion de France en 1978 et 79, ses deux seuls titres).

MB : Ton plus mauvais ?
H.D. :
Les J.O. de Los Angeles (ndlr : la France avait perdu tous ses matches de poule contre l’Uruguay, la Chine, l’Espagne, les USA et le Canada avant de s’incliner contre le Brésil en match de classement ; elle avait battu l’Egypte 102-78 dans le match pour la 11e et avant-dernière place ; 12.5 pts de moyenne pour Dubuisson à 26 ans)

MB : Pourtant, juste après, tu as tenté ta chance en NBA…
H.D. :
Oui. Lors du tournoi pré-olympique, les Nets m’ont invité à leur camp d’été. Sitôt les Jeux finis, j’ai filé à New York. Mais à l’époque, j’avais un énorme handicap : le mental. Ça s’était tellement mal passé lors du tournoi olympique… Aux Nets, nous étions 40 candidats. J’ai été retenu dans les douze derniers. Après… Je suis heureux d’avoir essayé, même si j’ai été jalousé.

MB : Le mal français en quelque sorte ?
H.D. :
Regarde Luis Fernandez. Il était adulé au Paris SG. Il a signé au Matra Racing et l’argent a détruit son image. Belle hypocrisie… Aux USA, le processus est inverse. Un gars qui réussit et qui gagne bien sa vie est un modèle.

MB : Quel est le défenseur qui t’a le plus souvent gêné ?
H.D. :
Aucun ! Je suis souvent embêté face à une boîte mais je n’ai jamais peur. C’est peut-être simplement de l’inconscience.

MB : Quels sont tes hobbies ?
H.D. :
J’adore le cinéma, les films d’aventure, les comédies et surtout le fantastique. Dans un autre registre, j’étudie la guitare. J’aime tous les styles de musique.

MB : L’après-basket ?
H.D. :
Il faudrait créer un poste comparable à celui de Julius Erving qui est devenu le Monsieur Relations Publiques de la NBA. C’est un job super intéressant. Ce serait une belle récompense par rapport à ma carrière de joueur (ndlr : « Dub » est devenu entraîneur. Il a coaché Montpellier, Antibes et Nancy).

MB : La communication te passionne-t-elle toujours ?
H.D. :
J’ai monté une boîte de publicité par l’objet. Je l’ai baptisée Lay Up. Je commercialise des blousons, des pins et d’autres objets personnalisés. Un lay up ne se rate jamais. Je m’inspire de créations américaines. Il n’y a pas de honte à copier les meilleurs.

Carrière
Joueur
1973-75 : Denain
1975-80 : Le Mans
1980-82 : Antibes
1982-86 : Stade Français
1986-93 : RC Paris
1993-94 : Sceaux
1994-95 : Gravelines
1995-96 : Nancy
1996-97 et 1998-99 : Montpellier
Entraîneur
1996-97 : Montpellier
1997-99 : Antibes
1999-01 : Nancy

Palmarès
Champion de France 1978, 79
Huit fois meilleur marqueur français de Pro A
MVP de Pro A 1984
4 fois All-Star
MVP du All-Star Game en 1994
Record de points en Pro A (12 559)
Record de saisons en Pro A (26)
Record de points en équipe de France (3 821)
Record de sélections en équipe de France (254)
Record de points sur un match en équipe de France (51 contre la Grèce)
Record de points en Pro A : 55 contre Tours le 4.03.1989


Hervé Dubuisson par FFBB

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