Équipe de France

Grégory Pujol, un héros très discret

L’attaquant de VA a joué un rôle déterminant dans le maintien de son équipe l’an passé. Grégory Pujol a réalisé une saison 2010-11 de rêve. Découverte d’un garçon attachant.

Ce n’est pas un renard des surfaces, le serial buteur de Valenciennes. A 31 ans, le natif de Champagnole (Jura) n’est pas non plus le perdreau de l’année. Qu’importe, Greg Pujol croque dans son métier comme on croque dans la vie, à pleines dents. Il reste sur la meilleure saison de sa carrière. « Oui, Tout le monde m’a dit ça, oui… Mon entourage, mes coéquipiers. Moi aussi, d’ailleurs. Au niveau des statistiques déjà, regardez mon nombre de buts et mes passes décisives… Et puis aussi les matches joués. Je me suis senti performant sur le terrain, en tout point : dans le jeu, physiquement et mentalement. C’est un tout. »
Un tout qui le plaçait en haut du classement des buteurs (3e derrière Moussa Sow et Kevin Gameiro, 17 réalisations). Une performance plus forte encore quand on joue à VA ? « Ça fait plaisir, c’est flatteur mais il ne faut pas s’arrêter là-dessus. D’ailleurs, je ne me considère pas comme un buteur-type. J’en ai l’instinct, oui, mais je ne suis pas hyper doué devant les cages. Il ne s’agit pas de ma qualité principale. Je dois encore progresser dans l’efficacité, faire le bon choix dans la dernière passe, m’appliquer dans le dernier appel. J’essaie aussi de faire jouer les autres, à travers mes déplacements, quand je suis sur le côté ou en tant qu’attaquant de pointe, joueur de pivot, dans l’axe. »
Vous l’avez compris : Greg, qui a fait ses classes à Nantes (« Je me suis construit là-bas. J’y suis arrivé à 17 ans et j’y suis resté 8 ans. J’y ai tout appris »), n’est pas un Robocop des surfaces, type Didier Drogba ou Zlatan Ibrahimovic. Avec lui, le foot s’écrit différemment, même si la langue demeure universelle. « Je m’exprime mieux dans un 4-4-2. J’ai toujours joué dans ce système, sauf à Anderlecht. »
Et à Valenciennes, à partir de la saison 2009-10, avec l’arrivée de Philippe Montanier. « Je me suis adapté avec le temps. Cela a été un peu difficile à mettre en place mais on a fini par trouver notre rythme. »
Douzième avec 4 points d’avance sur le premier relégable, Monaco (48 contre 44), VA s’est sauvé in extremis dans un championnat estampillé 200% suspense. « Beaucoup d’équipes étaient concernées par la lutte pour le maintien, ça s’est joué au mental. On a lâché beaucoup de points en fin de match, sur des erreurs d’inattention, des fautes de concentration que l’on paie cash à ce niveau-là. Mais ce groupe avait du cœur et du corps. Quand nous étions dos au mur, nous avons toujours réagi. »
Cette année encore, la partie s’annonce compliquée. Après 14 journées, l’équipe de Daniel Sanchez est tout juste au-dessus de la zone rouge. Les deux buts de Nicolas Isimat-Mirien et Mamadou Samassa contre Auxerre ont fait énormément de bien (VA était mené 1-0). Touché aux adducteurs, Grégory n’était pas de la partie. Même s’il n’a disputé que 7 matches (2 buts) cette saison, les supporters nordistes peuvent compter sur « Puj’ » pour tout donner quand on refera appel à lui. « J’ai eu la chance, entre Nantes, Sedan et Valenciennes, de toujours évoluer dans des clubs familiaux et des villes où le foot compte beaucoup », souligne l’intéressé.
Le garçon attache une grande importance aussi à l’environnement. Parce qu’il n’y a pas que le foot dans la vie. « Je fonctionne à l’affectif, confirme-t-il. Pour moi, il est important que mon épouse et que mes enfants se sentent bien. A Bruxelles, nous avons souffert. Je ne jouais pas beaucoup et je tirais la gueule à la maison… Tout est lié. Là, je sais que nous sommes très heureux et ça compte. »
Le n°28 valenciennois est désormais sous contrat jusqu’en 2014. Ne lui demandez pas de parler d’avenir, il a un maintien à aller chercher.

Plutôt Giggs que Cristiano Ronaldo
Pour Grégory, le foot ne s’écrit pas qu’au présent. Sa priorité à lui se résume en cinq lettres et deux syllabes : durer. « A Nantes, Loïc Amisse m’avait dit : « Un bon joueur, c’est celui qui joue tout le temps, pas celui qui est à l’infirmerie. C’est celui qui réussit de grosses saisons les unes après les autres, pas une énorme saison puis trois autres vides ensuite. » C’est une réflexion qui m’a marqué, je l’ai toujours en tête. J’ai plus de respect pour un mec comme Ryan Giggs que pour Cristiano Ronaldo. Bien sûr, Ronaldo est parti pour durer aussi. Mais Giggs, quand on voit ses statistiques globales et ce qu’il fait encore aujourd’hui… Comme Raul, d’ailleurs. »

PROFIL
■ Né le 25 janvier 1980 à Champagnole
■ 1,83 m, 70 kg
■ Attaquant
■ Roadbook : Nantes (2001-août 2005), Anderlecht (août 2005-2006), Sedan (2006-07), Valenciennes (depuis 2007)
■ Palmarès : champion de Belgique 2006, finaliste de la Coupe de France 2004

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