Équipe de France

Giovanni Sio, la bonne pioche

L’arrivée du Franco-Ivoirien dans le Doubs a changé le visage offensif de Sochaux. Découverte.

Il y a ceux que la pression inhibe. Qu’elle rend impuissants. Les Oscars de la répet’ tétanisés les soirs de générale. Les maîtres du studio que le live paralyse. Les champions des matches amicaux. Il fut un temps, pré-1998, où l’équipe de France en était le plus bel exemple. Et puis il y a les autres. Ceux que la pression transcende et rend plus forts. Les shootés d’adrénaline, les Césars du grand soir. Giovanni Sio a débarqué à Sochaux le 31 janvier dernier. Aux dernières heures légales du mercato d’hiver. Un dernier pari pour Alexandre Lacombe, le président sochalien, qui s’apprêtait à rendre son tablier (remplacé par Laurent Pernet, auparavant directeur général de « PSA » en Autriche). Le Franco-Ivoirien n’a pas tardé à lui répondre. Il était pourtant parti sur les chemins de traverse.
A Nantes, Giovanni avait fait toutes les classes. Il fut sélectionné en équipe de France juniors avant de claquer la porte, faute de se mettre d’accord avec les dirigeants pour un premier contrat. Sio what ? « Je suis parti à l’étranger. Après avoir fait un essai à Reading (ndlr : en Angleterre, qu’il a manqué), j’ai signé pour 2 ans à la Real Sociedad. » Quelques bribes de Liga – deux bouts de match – plus tard, il se relance à Sion aux côtés de Pascal Feindouno. « Je me suis vraiment épanoui en Suisse. J’ai rencontré des coaches qui ont compris mon style de jeu et qui m’ont accordé leur confiance. Ils m’ont fait comprendre que j’avais une place importante au club. Et moi, je marche à l’affectif… »

« La L1, c’est un peu la Bundesliga avec moins d’espaces et plus de tactique »
Suivit un crochet par l’Allemagne. « Là-bas, je me suis retrouvé confronté à la barrière de la langue. Ce n’était pas évident. J’avais vraiment envie de tenter ma chance en Bundesliga, un championnat qui m’avait toujours attiré. Mais j’y ai vécu plus de moments difficiles qu’autre chose. Sochaux m’observait déjà à l’époque où je jouais à Sion. Quand Wolfsburg a proposé de me transférer, ce fut la seule équipe à se manifester. C’est important de se sentir désiré, de savoir qu’un club vous a suivi pendant plusieurs années. Ils connaissaient mon style, mon poste. J’ai tout de suite senti qu’on me voulait vraiment. »
Et d’un coup, les chemins de traverse sont devenus de grands boulevards. Premier match en Ligue 1, un soir de gala à Bonal, devant les caméras de Canal+. Le grand match, comme ils disent sur la chaîne cryptée. Face à Zlatan Ibrahimovic et consorts, Giovanni sort l’artillerie lourde. Un but, un soir de première, et une victoire autant de prestige que vitale pour les Doubistes dans la course au maintien. « J’avais quand même un peu d’appréhension, je découvrais la Ligue 1. J’étais heureux de jouer, alors marquer… Ce sont des débuts de rêve, ceux que l’on a toujours envie de réussir. Je vais m’en souvenir très longtemps. Quand on me demandera contre qui j’ai disputé mon premier match en L1, je pourrai dire que c’était Paris et que j’ai scoré ! »
Sio est sur un nuage. Et le rêve se prolonge. A Lyon fin mars, « Gio » sort encore le grand jeu. Une reprise de la tête magistrale sur un corner de Ryad Boudebouz puis une passe décisive pour Cédric Bakambu après avoir envoyé Dejan Lovren à l’hospice. Du grand art et trois nouveaux points le soir de ses 24 ans. « C’est une dédicace ! A Nantes, à toute la famille. Je suis super heureux de pouvoir montrer mon potentiel dans ce championnat très difficile. La Ligue 1, c’est un peu la Bundesliga avec moins d’espaces et plus de tactique. »
A Sochaux, c’était un peu Noël au printemps. Avec Sio devant, c’était un peu plus facile d’accrocher le wagon du maintien.

Profil
■ Né le 31 mars 1989 à Saint-Sébastien-sur-Loire
■ 1,80 m – 70 kg
■ Attaquant
■ Roadbook : Nantes, Real Sociedad (ESP, 2007-2009), Sion (SUI, 2009-jan. 2012), Wolfsburg (ALL, jan.-mai 2012), Augsbourg (ALL, 2012-jan.2013), Sochaux (depuis janvier 2013)

Un Eléphant, ça compte énormément
Appelé par Sabri Lamouchi, Giovanni a découvert les Eléphants de la Côte-d’Ivoire et cela ne l’a pas laissé de marbre. « Je me suis donné à fond. On était 28 joueurs et le coach en a pris 23. J’étais content d’en faire partie (ndlr : il est resté sur le banc lors de la victoire 3-0 des Ivoiriens sur la Gambie en éliminatoires de la Coupe du monde). Ça m’a boosté. Maintenant, je veux montrer au sélectionneur ce que je peux faire. » Présent à Gerland lors de la victoire sochalienne sur l’OL, Lamouchi a pris bonne note.

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